Andalousie : les cours d'arabe et de culture marocaine supprimés à partir de 2027
À partir de la rentrée 2027-2028, les écoles publiques d’Andalousie en Espagne ne proposeront plus le programme d’enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine. Inscrite dans l’accord du nouveau gouvernement régional signé le 2 juillet, cette décision concernera directement des milliers de familles marocaines établies dans la région.
Saloua Islah
08 Juillet 2026
À 12:37
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La région espagnole d’Andalousie tournera la page du Programme de langue arabe et de culture marocaine (PLACM) à partir de l’année scolaire 2027-2028. Cette décision figure au point 64 de l’accord de gouvernement conclu entre le Parti populaire, principale formation de droite en Espagne, et Vox, parti d’extrême droite connu pour son discours dur sur l’immigration et l’identité nationale.
Dans les faits, les cours d’arabe et de culture marocaine, aujourd’hui proposés dans plusieurs écoles publiques andalouses, disparaîtront à cette échéance. Dispensés en dehors du programme scolaire officiel, ils s’adressent principalement aux enfants d’origine marocaine, tout en restant accessibles aux autres élèves intéressés.
Un programme financé par le Maroc
Le PLACM existe en Espagne depuis 1985, dans le cadre d’un accord de coopération culturelle signé entre Rabat et Madrid en 1980. Son objectif est de permettre aux enfants issus de familles marocaines installées en Espagne de garder un lien avec la langue arabe, l’histoire, la géographie et les traditions du Maroc.
Le fonctionnement du programme repose sur une coopération entre les deux pays. Les enseignants sont sélectionnés, détachés et rémunérés par le ministère marocain de l’Éducation nationale, tandis que les établissements espagnols mettent leurs salles de classe à disposition pour accueillir les cours.
L’Andalousie est d’autant plus concernée par cette décision qu’elle reste, dans l’histoire espagnole, l’un des territoires les plus profondément marqués par l’héritage arabo-musulman et maghrébin, en plus de sa proximité directe avec le Maroc et de l’importance de sa communauté marocaine actuelle.
Le programme est actuellement présent dans 95 établissements publics andalous, notamment dans les provinces d’Almería, de Grenade et de Cadix, où vivent de nombreuses familles marocaines. Selon les données citées par les autorités régionales, environ 1.810 élèves suivaient ces cours durant l’année scolaire 2024-2025, contre plus de 3.400 en 2018, ce qui montre un recul progressif du nombre de bénéficiaires.
Le nouveau gouvernement régional présente cette suppression comme une mesure destinée à préserver la « coexistence » dans les écoles, les « traditions espagnoles » et l’identité nationale. Le document va toutefois plus loin en associant le programme à une forme d’« ingérence étrangère », en évoquant un risque d’« endoctrinement » et en dénonçant une possible « dilution » de l’identité espagnole.
Pour les familles marocaines installées dans la région, ce choix pourrait être vécu comme un véritable choc. Ce programme leur permettait de transmettre à leurs enfants la langue arabe, leur héritage culturel et un lien avec leur pays d’origine, dans un cadre facultatif organisé en dehors des heures de classe.
L’Andalousie rejoint ainsi Madrid, Murcie et l’Estrémadure, qui ont déjà tourné la page du même programme. Le choix est d’autant plus lourd que la région compte plus de 150.000 ressortissants marocains, l’une des communautés étrangères les plus présentes sur son territoire.