Enseignement

Études supérieures : quelles solutions pour financer son parcours ?

Bourses publiques, aides accordées par certains établissements privés, soutien familial, facilités de paiement ou crédit bancaire : les étudiants marocains disposent aujourd’hui de plusieurs solutions pour financer leurs études supérieures. Si toutes ne répondent pas aux mêmes besoins, elles peuvent être mobilisées seules ou de manière complémentaire selon le projet de formation et les capacités financières des familles.

21 Juillet 2026 À 18:42

Au Maroc, le coût des études supérieures varie fortement selon les établissements et les filières, avec des écarts particulièrement marqués entre le public et le privé. Au-delà des frais de scolarité, les dépenses liées au transport, au logement ou à la vie étudiante peuvent également peser sur le budget des ménages. Dans ce contexte, les solutions de financement se sont progressivement diversifiées afin d’accompagner les étudiants tout au long de leur parcours.

Les bourses, premier levier de financement

Pour de nombreux étudiants, la bourse constitue la première source de soutien financier. Dans l’enseignement supérieur public, ces aides sont attribuées sur la base de critères sociaux via la plateforme Minhaty. Depuis l’année universitaire 2025-2026, l’éligibilité s’appuie notamment sur les données du Registre Social Unifié (RSU), afin de mieux cibler les ménages les plus modestes. En 2025, près de 174.000 demandes de bourse ont été satisfaites sur environ 187.000 déposées, soit un taux de satisfaction de 93%, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. À ces aides publiques s’ajoutent les dispositifs développés par certains établissements privés. Plusieurs écoles et universités proposent des bourses au mérite ou à caractère social afin de favoriser l’accès à leurs formations. Des structures comme la Fondation Marocaine de l’Étudiant (FME) ou les fondations créées par certaines institutions d’enseignement supérieur accompagnent également des étudiants dont les résultats académiques sont prometteurs mais dont les ressources financières demeurent limitées.

Le financement familial reste prédominant

Malgré l’existence de ces dispositifs, le financement des études repose encore largement sur les ménages. Épargne constituée au fil des années, soutien direct des parents ou encore paiement échelonné proposé par certains établissements demeurent les solutions les plus couramment utilisées. Elles permettent souvent de couvrir une partie des frais liés aux études, sans pour autant répondre à l’ensemble des besoins lorsque les formations sont longues ou plus coûteuses.

Le crédit étudiant gagne du terrain

Lorsque les ressources familiales et les aides disponibles ne suffisent plus, le recours au crédit bancaire devient une solution complémentaire. Son développement accompagne l’essor de l’enseignement supérieur privé, notamment dans les filières de management, d’ingénierie, de santé ou de communication.

Afin d’en faciliter l’accès, un dispositif public structurant a été mis en place dès 2013. Désormais géré par Tamwilcom, le mécanisme «Enseignement Plus» couvre une partie du risque supporté par les banques et facilite ainsi l’octroi de prêts aux étudiants inscrits dans des établissements reconnus par l’État. Dans la pratique, ces crédits sont généralement contractés par un parent ou un tuteur légal, dont la situation financière demeure un élément déterminant dans l’acceptation du dossier. Au fil des années, les principales banques ont développé des offres dédiées, souvent complétées par des partenariats conclus avec certaines écoles et universités. Cette dynamique s’est poursuivie en 2025 avec la signature d’un partenariat entre Tamwilcom et Al Barid Bank destiné à renforcer l’accès au dispositif «Enseignement Plus».

Un levier d’accès, mais un engagement sur le long terme

Le développement du crédit étudiant répond à une évolution du paysage de l’enseignement supérieur. Il accompagne la diversification des parcours et les attentes croissantes des étudiants en matière d’employabilité et d’ouverture professionnelle. Mais cette solution n’est pas sans contrepartie. Une fois le diplôme obtenu, le remboursement du prêt devient une réalité dont la soutenabilité dépend directement de l’insertion professionnelle, du niveau de rémunération et de la stabilité de l’emploi. Dans les filières les plus porteuses, cette transition peut se faire relativement rapidement. Dans d’autres cas, le poids du crédit peut peser sur les premières années de carrière.

Un choix à anticiper

Pour les étudiants comme pour leurs familles, le choix du financement ne peut être dissocié de celui de la formation. Évaluer les débouchés, la qualité du diplôme, la durée des études et les perspectives d’insertion professionnelle devient indispensable avant de s’engager.

Car si les solutions de financement se sont progressivement diversifiées, elles répondent à des logiques différentes et impliquent des niveaux d’engagement variables. Plus qu’une simple question budgétaire, financer ses études relève aujourd’hui d’un véritable choix stratégique pour préparer son avenir.

Enseignement Plus : le crédit étudiant garanti par l’État

Le dispositif «Enseignement Plus», géré par Tamwilcom, a été conçu pour faciliter l’accès au financement des études supérieures dans les établissements privés reconnus par l’État.

Le mécanisme repose sur une garantie publique qui couvre une partie du risque supporté par les banques, permettant ainsi aux familles d’obtenir plus facilement un prêt destiné à financer les frais de scolarité.

Le crédit est généralement souscrit par un parent ou un tuteur légal et peut couvrir jusqu’à 50.000 DH par an, dans la limite de 250.000 DH pour l’ensemble du cursus. Le remboursement peut s’étaler sur plusieurs années et inclure une période de différé correspondant à la durée des études.

Aujourd’hui, plusieurs banques de la place commercialisent ce produit, directement ou à travers des partenariats conclus avec des établissements d’enseignement supérieur.
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