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Étudier au Canada : de nouvelles exigences financières pour les étudiants marocains

Le Canada renforce les conditions financières imposées aux candidats à un permis d’études. Une évolution qui oblige désormais les étudiants marocains à préparer plus rigoureusement leur dossier et les justificatifs liés au financement de leur cursus.

08 Août 2026 À 12:26

Les étudiants marocains qui demandent ou renouvellent un permis d’études au Canada sont désormais soumis à un contrôle plus approfondi de leurs ressources financières. Depuis le 24 juillet 2026, les nouvelles instructions d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) prévoient notamment des relevés bancaires couvrant six mois, contre quatre auparavant. Les agents peuvent également vérifier l’origine des fonds et demander des justificatifs supplémentaires avant d’accorder ou de renouveler un permis d’études.

Cette mise à jour s’applique aussi bien aux premières demandes qu’aux renouvellements, précisent les autorités canadiennes. Au-delà du montant disponible sur le compte, l’administration canadienne cherche à déterminer si les ressources présentées sont réellement accessibles à l’étudiant et suffisantes pour financer son séjour. L’examen peut ainsi porter sur l’historique du compte, les mouvements de fonds et les ressources de la personne qui prend en charge les études.

Un versement important effectué peu avant le dépôt de la demande peut nécessiter des explications et des documents permettant d’en établir l’origine. Lorsqu’un étudiant est financé par ses parents, les agents peuvent notamment demander des informations sur leurs revenus, leur emploi et leur situation financière afin de vérifier leur capacité à prendre en charge les dépenses annoncées.

IRCC permet de présenter différents justificatifs pour démontrer cette capacité financière. Il peut s’agir de relevés bancaires, de la preuve du paiement des frais de scolarité et de logement, d’un compte bancaire canadien au nom de l’étudiant, d’un certificat de placement garanti, d’un prêt étudiant accordé par une banque ou encore d’une lettre de la personne ou de l’organisme qui finance les études, accompagnée de preuves de ressources. Des revenus locatifs ou une pension peuvent également être documentés.

Pour un cursus de plusieurs années, le candidat n’est pas tenu de disposer dès le départ de la totalité de la somme nécessaire pour financer l’ensemble de ses études. Il doit en revanche démontrer qu’il dispose des ressources nécessaires pour la première année et expliquer comment il prévoit de financer les suivantes. Les revenus réguliers des parents, une bourse couvrant plusieurs années ou d’autres sources de financement documentées peuvent notamment être pris en compte.

22.895 dollars, hors frais de scolarité et de transport

Pour une personne seule qui dépose actuellement une demande afin d’étudier dans une province ou un territoire autre que le Québec, le minimum à justifier pour les frais de subsistance est fixé à 22.895 dollars canadiens pour une année. Ce montant est en vigueur depuis le 1er septembre 2025.

Il ne représente pas la totalité du budget nécessaire. L’étudiant doit pouvoir financer séparément les frais de scolarité de sa première année et son transport vers et depuis le Canada. Le montant total à démontrer varie donc selon les droits d’inscription de l’établissement choisi.

À titre d’exemple, si les frais de scolarité s’élèvent à 20.000 dollars canadiens pour la première année, le candidat doit pouvoir couvrir ces 20.000 dollars, auxquels s’ajoutent les 22.895 dollars nécessaires à ses dépenses courantes et le coût du voyage.

Le montant consacré aux frais de subsistance augmente lorsque l’étudiant est accompagné. Il atteint 28.502 dollars canadiens pour deux personnes, 35.040 dollars pour trois, 42.543 dollars pour quatre, 48.252 dollars pour cinq, 54.420 dollars pour six et 60.589 dollars pour sept. Au-delà, 6.170 dollars supplémentaires sont exigés par personne.

Ces seuils ne concernent pas le Québec, qui applique son propre barème financier aux étudiants étrangers.

Un dossier insuffisamment justifié peut conduire au refus

La mise à jour du 24 juillet maintient le seuil financier à 22.895 dollars canadiens, tout en renforçant le contrôle des justificatifs fournis par les candidats. Un solde bancaire atteignant le minimum demandé ne garantit donc pas, à lui seul, que la capacité financière sera considérée comme établie.

Les agents doivent être convaincus que l’argent présenté est disponible pour les études et les dépenses de l’étudiant. Lorsque les documents fournis ne permettent pas de le vérifier, ils peuvent demander des renseignements financiers supplémentaires avant de statuer sur le dossier.

Cette vérification concerne également la continuité du financement. Pour une formation de plusieurs années, l’agent doit pouvoir considérer comme crédible la manière dont le candidat prévoit de financer la suite de son cursus, même si l’intégralité de cette somme n’est pas disponible au moment de la demande.

Si le candidat ne parvient pas à démontrer qu’il dispose de ressources suffisantes et disponibles pour payer ses études, assurer ses dépenses courantes et financer son transport, sa demande de permis d’études peut être refusée pour des motifs financiers.

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