S.Ba.
06 Avril 2026
À 14:57
Et si la réussite éducative ne se mesurait plus uniquement à l’aune des diplômes ? C’est la question que pose, en filigrane, l’initiative portée par la
Fondation Impact Education, présentée vendredi 3 avril à Casablanca. En s’associant à l’
Université Al Akhawayn, les promoteurs du projet entendent amorcer une réflexion de fond sur les finalités de l’
enseignement, dans un contexte de mutations accélérées des systèmes éducatifs. Au cœur de cette démarche, le concept «
Impact Education » propose de replacer l’apprenant au centre du processus éducatif, en s’intéressant non seulement à ses acquis académiques, mais aussi à son développement personnel, à son insertion sociale et à sa trajectoire professionnelle. Une approche qui ambitionne de dépasser les indicateurs classiques de performance. Comme l’a souligné Abderrahmane Lahlou, président de la fondation et directeur de
Madina Schools, « cette initiative vise à ancrer des valeurs et à développer les compétences comportementales chez les apprenants », ajoutant qu’elle « dépasse l’approche traditionnelle fondée sur les diplômes, dont les résultats ne reflètent pas toujours l’impact réel de la formation sur les élèves ».
Une approche fondée sur les sciences de l’éducation
Le projet s’appuie sur une vision intégrée, nourrie par les apports de la psychologie de l’enfant, de la psychosociologie et de l’économie de l’éducation. L’objectif est de doter les acteurs éducatifs d’outils permettant de mesurer et d’optimiser l’impact des parcours éducatifs sur la vie des apprenants. « Il s’agit de permettre aux acteurs éducatifs de mesurer et de renforcer l’impact des parcours éducatifs sur la vie des apprenants », expliquent les initiateurs du projet, insistant sur la nécessité de dépasser une logique centrée exclusivement sur l’accumulation de connaissances.
La signature de la convention avec l’Université Al Akhawayn traduit une proximité de vision. L’institution, qui repose sur le modèle des Liberal Arts, met déjà en avant une formation centrée sur la pensée critique, l’interdisciplinarité et l’épanouissement de l’étudiant. Son président, Amine Bensaid, a salué une initiative « en cohérence avec le modèle des arts libéraux adopté par l’université », estimant que ce type de formation « renforce les chances de réussite académique et professionnelle des étudiants, notamment dans un contexte marqué par les transformations liées à l’intelligence artificielle ».
Une première mise en œuvre concrète
L’événement a également été marqué par l’attribution du label « Impact Education » à Madina Schools, premier établissement marocain à obtenir cette accréditation. Une reconnaissance qui vient consacrer l’expérimentation de cette approche au sein de l’établissement depuis plusieurs années. Selon ses responsables, cette démarche repose sur des critères précis et un système d’évaluation avancé, visant à mesurer l’effet réel des pratiques pédagogiques sur les parcours des élèves.
Au-delà de cette première étape, la Fondation Impact Education affiche une ambition plus large : structurer un modèle éducatif exportable, capable de s’adapter à différents contextes, au Maroc comme à l’international.
Lors de la cérémonie, les intervenants ont insisté sur la nécessité de concevoir un impact « concret, durable et mesurable », rappelant que l’éducation ne peut plus être pensée indépendamment de ses effets à long terme sur les individus et la société.
À travers ce partenariat, les initiateurs du projet entendent ainsi ouvrir un chantier de réflexion qui dépasse le cadre académique, pour interroger, plus largement, le rôle de l’éducation dans la formation de citoyens capables de s’adapter à un monde en mutation rapide.