Plus de 861.000 étudiants marocains déjà formés aux langues et au numérique (Banque mondiale)
Le Maroc a déjà dépassé l'un des principaux objectifs fixés pour 2029 dans le cadre du programme de transformation de l'enseignement supérieur soutenu par la Banque mondiale. Selon le dernier rapport de suivi de l'institution, plus de 861.000 étudiants ont suivi des modules obligatoires en langues, compétences numériques, entrepreneuriat ou « soft skills », soit près d'un tiers de plus que la cible initialement prévue pour la fin du programme.
Saloua Islah
21 Juillet 2026
À 10:20
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Pendant longtemps, les universités marocaines ont été régulièrement critiquées pour le décalage entre les formations dispensées et les compétences recherchées sur le marché de l'emploi. Les recruteurs pointaient notamment des lacunes en langues étrangères, en outils numériques ou encore en compétences transversales comme la communication, le travail en équipe ou la gestion de projet.
La réforme de l'enseignement supérieur engagée depuis 2024 cherche précisément à combler ce fossé. Plutôt que de se limiter aux enseignements académiques, les universités publiques intègrent progressivement des modules consacrés aux langues, au numérique, à l'entrepreneuriat et aux compétences comportementales. Selon le dernier rapport de suivi de la Banque mondiale, cette transformation avance plus rapidement que prévu : 861.490 étudiants ont déjà bénéficié de ces formations, soit près de 33 % de plus que l'objectif fixé pour 2029.
Ces indicateurs traduisent les premiers effets des réformes longtemps attendues dans l'enseignement supérieur marocain. Les compétences transversales, autrefois considérées comme complémentaires, deviennent progressivement une composante des parcours de formation afin de mieux préparer les étudiants aux exigences d'un marché du travail en constante évolution.
La réforme ne repose pas uniquement sur ces nouveaux modules, mais s'accompagne d'une refonte du parcours étudiant, depuis l'orientation jusqu'à l'insertion professionnelle. Dans ce cadre, la plateforme nationale CursusSup a été mise en place pour centraliser l'orientation et la préinscription universitaire, tandis qu'une stratégie nationale de suivi des diplômés doit permettre, à terme, de mieux évaluer leur insertion sur le marché du travail et de disposer de données pour adapter les formations aux besoins des différents secteurs économiques.
Les premiers effets de cette réorganisation apparaissent également dans les filières considérées comme prioritaires. Le nombre de diplômés dans les domaines de l'éducation et du numérique est passé de 2.400 au lancement du programme à 17.000, avec une cible de 55.000 à l'horizon 2029.
Le rapport montre néanmoins que plusieurs étapes restent à franchir. Les certifications officielles en langues et en compétences numériques n'avaient pas encore été délivrées au moment de l'évaluation et plusieurs dispositifs, notamment le suivi effectif de l'employabilité des diplômés, demeurent en cours de mise en œuvre. D'autres volets de la réforme avancent en parallèle, comme la modernisation des programmes doctoraux, le renforcement de la gouvernance des universités, l'instauration d'un ciblage des bourses fondé sur le Registre social unifié ou encore le développement de nouveaux instituts de recherche.
Si plusieurs objectifs restent encore à atteindre d'ici 2029, les premiers résultats témoignent d'une dynamique encourageante. Ils laissent entrevoir une université qui évolue progressivement pour mieux répondre aux mutations économiques et technologiques, estime la Banque mondiale.