Le Maroc absent du Top 20 africain des meilleures universités (Webometrics)
La nouvelle édition de juillet 2026 du classement mondial Webometrics met en évidence les difficultés des universités marocaines à se hisser parmi les meilleures d'Afrique. Première au niveau national, l'Université Cadi Ayyad n'occupe que le 29e rang continental, tandis qu'aucun établissement marocain ne figure parmi les 20 premiers. Le haut du classement reste largement dominé par les universités sud-africaines.
Saloua Islah
06 Août 2026
À 16:33
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Le classement mondial Webometrics, dont l'édition de juillet 2026 vient d'être publiée, évalue plus de 32.000 établissements d'enseignement supérieur à travers le monde, dont plus de 5.500 universités classées. Il repose sur plusieurs indicateurs liés au rayonnement scientifique des établissements, notamment la production de recherche, l'impact des publications, les citations des chercheurs, la transparence et la visibilité numérique.
Au Maroc, l'Université Cadi Ayyad de Marrakech conserve sa première place au niveau national. Elle est suivie par l'Université Mohammed V de Rabat et l'Université Mohammed VI Polytechnique. Les universités Ibn Zohr d'Agadir, Ibn Tofaïl de Kénitra, Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, Hassan II de Casablanca, Sultan Moulay Slimane de Béni Mellal, Chouaïb Doukkali d'El Jadida, Mohammed Premier d'Oujda et Moulay Ismaïl de Meknès complètent le Top 10 national.
Le Maroc reste distancé par les leaders africains
À l'échelle africaine, l'Université Cadi Ayyad occupe la 29e place et se classe 1.505e au niveau mondial. L'Université Mohammed V arrive 39e en Afrique (1.850e mondiale) et l'Université Mohammed VI Polytechnique 43e (1.974e mondiale). Au total, dix universités marocaines figurent parmi les 100 meilleures d'Afrique, mais aucune ne parvient à intégrer le Top 20 continental.
Le haut du classement reste dominé par l'Afrique du Sud, qui place six universités parmi les dix premières. L'University of Cape Town conserve la première place du continent, devant l'University of the Witwatersrand, l'University of Pretoria, Stellenbosch University, l'University of Johannesburg et l'University of KwaZulu-Natal. L'Université du Caire, en Égypte, ainsi que l'University of Ghana et l'University of Gondar complètent le Top 10 africain.
À l'échelle mondiale, Harvard University conserve la première place devant Stanford University et l'Université d'Oxford. Suivent l'Université du Michigan, Cornell University, Johns Hopkins University, l'Université de Cambridge, l'Université de Pennsylvanie, l'Université de Washington et Yale University.
Cet écart met en évidence une réalité souvent moins visible que les performances économiques ou industrielles du Royaume. Si le Maroc s'est imposé ces dernières années comme un acteur majeur en Afrique dans l'industrie automobile, les énergies renouvelables, les infrastructures, les services financiers ou encore le sport, ses universités peinent encore à acquérir le même niveau de rayonnement scientifique.
Les critères retenus par Webometrics illustrent ce défi. Le classement ne mesure pas la qualité des enseignements dispensés en amphithéâtre ni la réputation historique d'un établissement. Il évalue avant tout la capacité des universités à produire de la recherche, à publier dans les revues scientifiques internationales, à être citées par la communauté académique et à diffuser leurs travaux à l'échelle mondiale.
Les résultats de cette édition 2026 montrent ainsi que la présence de dix universités marocaines parmi les cent meilleures d'Afrique ne suffit pas à faire émerger un établissement capable de rivaliser avec les principaux pôles universitaires du continent. Alors que le Royaume affiche l'ambition de renforcer son économie de la connaissance, de développer l'innovation et d'accroître sa compétitivité technologique, le renforcement de la recherche scientifique, de la production académique et de la visibilité internationale des universités apparaît comme l'un des principaux défis de l'enseignement supérieur marocain.