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[LE MATIN PARTNER] Enquête RBS - Jeunes diplômés marocains : une génération lucide, engagée… et en quête de repères

Contenu de marque - Réalisé par Rabat Business School de l’Université Internationale de Rabat (UIR), le premier Baromètre national sur le marché de l’emploi, le management et le bien-être au travail dresse le portrait d’une jeunesse marocaine à la fois exigeante, réaliste et profondément attachée à la qualité de son environnement professionnel. Menée auprès de 807 jeunes diplômés actifs de moins de 30 ans à travers le Maroc, l’enquête révèle une génération qui croit encore dans le travail, mais attend davantage de reconnaissance, de lisibilité et d’accompagnement.

03 Juin 2026 À 11:40

Une insertion rapide... mais un sentiment de préparation mitigé



Les jeunes diplômés marocains ne manquent ni d’ambition, ni d’engagement. Mais ils évoluent désormais dans un marché du travail qu’ils jugent de plus en plus complexe, tendu et parfois difficile à lire. C’est l’un des principaux enseignements du premier Baromètre national sur le marché de l’emploi, le management et le bien-être au travail dévoilé par Rabat Business School (RBS), rattachée à l’Université Internationale de Rabat (UIR)

Réalisée auprès de 807 jeunes actifs marocains âgés de 25 à 30 ans et diplômés au minimum d’un Bac+4 (toutes filières confondues, privé et public), l’étude dessine le portrait d’une génération souvent critique, mais loin d’être désengagée. Au contraire. Derrière les inquiétudes exprimées apparaît une jeunesse qui cherche avant tout du sens, de la stabilité et un environnement de travail structurant.

Premier constat : les jeunes diplômés affichent une insertion relativement rapide. Plus de 71 % trouvent un emploi en moins d’un an et 78 % estiment que leur premier poste correspond à leur formation initiale. Pourtant, le sentiment de préparation au monde professionnel demeure mitigé. Si 58,5 % considèrent avoir été bien préparés à l’emploi, la note moyenne attribuée à cette préparation plafonne à 6 sur 10.



Ce paradoxe illustre une attente forte vis-à-vis des établissements d’enseignement supérieur. Les répondants attribuent d’ailleurs 83 % de la responsabilité de leur préparation à l’emploi aux universités et écoles. Bien au-delà des connaissances académiques, les jeunes attendent davantage de professionnalisation, d’accompagnement, de stages et de lisibilité sur les débouchés réels du marché.

Une génération satisfaite de son travail... mais inquiète pour le marché

L’étude met également en lumière une perception plutôt mesurée du contexte économique et professionnel. Près de 69 % des répondants jugent les opportunités d’emploi rares, tandis que 62 % estiment que le marché stagne, voire se dégrade. Pourtant, dans le même temps, plus de 80 % se disent satisfaits de leur emploi actuel.

Cette apparente contradiction s’explique par l’importance accordée à la qualité de l’expérience humaine au travail. Contrairement aux idées reçues, le salaire n’apparaît pas comme le principal moteur de satisfaction. Les jeunes interrogés valorisent avant tout la qualité du management, la reconnaissance, l’ambiance de travail et l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Le management, nouveau facteur clé de fidélisation

L’enquête de RBS révèle d’ailleurs un phénomène marquant : les jeunes les plus satisfaits évoluent majoritairement dans de grandes structures, bénéficiant d’un management structuré. À l’inverse, les organisations où l’autonomie est peu encadrée génèrent davantage d’insatisfaction et d’intentions de départ. Plus de 61 % des répondants disent avoir déjà envisagé de quitter leur entreprise.

Pour cette génération, l’autonomie sans cadre peut rapidement devenir une source d’insécurité. Les jeunes diplômés semblent rechercher des environnements capables d’offrir à la fois écoute, accompagnement et perspectives d’évolution claires.

L’étude souligne également plusieurs fractures persistantes. Les femmes affichent des niveaux de satisfaction inférieurs à ceux des hommes sur plusieurs dimensions : reconnaissance, rémunération, perspectives d’évolution ou encore qualité du management. De même, les diplômés issus des grandes métropoles apparaissent globalement moins satisfaits que ceux vivant hors des grands centres urbains, notamment en raison du coût de la vie et de la pression concurrentielle.

Des trajectoires très différentes selon les disciplines

Enfin, l’analyse disciplinaire met en évidence une insertion plus fluide pour les diplômés des sciences dures, qui bénéficient de débouchés plus lisibles et d’environnements de travail jugés plus structurés. Les diplômés en sciences de gestion, eux, portent un regard plus critique sur leur expérience professionnelle, mais affichent aussi un niveau d’exigence plus élevé vis-à-vis du management et des perspectives de carrière.

Une jeunesse en quête de repères... mais toujours prête à s’engager

Au fond, cette enquête raconte moins une génération désabusée qu’une génération exigeante, lucide sur les réalités du marché, mais toujours prête à s’investir lorsque les conditions de travail, le management et la reconnaissance sont au rendez-vous. Pour l’Etat et les entreprises, comme pour les établissements d’enseignement supérieur, le défi consiste désormais à mieux accompagner cette jeunesse en quête de sens, de visibilité et de perspectives durables.

« Les jeunes diplômés marocains ne rejettent pas le travail. Ils attendent surtout des organisations plus lisibles, plus humaines et capables de leur offrir un véritable cadre de progression. Cette étude montre qu’au-delà de l’emploi, c’est désormais la qualité de l’expérience professionnelle qui devient déterminante », analyse Nicolas Arnaud, doyen du College of Management et directeur général de Rabat Business School.
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