26 Octobre 2026 À 17:20
Ce lundi, lors de sa première séance de questions orales à la Chambre des représentants depuis la formation du nouveau gouvernement, Azzedine El Midaoui a dressé un constat préoccupant sur le rendement de l’université. Le ministre de l’Enseignement supérieur a indiqué que près de la moitié des étudiants quitte l’université dès la première année et que le chômage dépasse 20 % parmi les diplômés de certaines filières de licence. Il a également évalué à 400 millions de dirhams le coût de la formation lorsque les études se prolongent de deux ans, contre 128 millions lorsque les étudiants obtiennent leur diplôme dans les délais normaux.
À ces difficultés s’ajoute la hausse attendue des effectifs, qui pourraient augmenter de 35 % d’ici à 2030, selon le ministre. Sans les réformes nécessaires, certaines universités pourraient alors accueillir jusqu’à 200.000 étudiants, a-t-il averti. Pour anticiper cette évolution et réduire la pression sur les établissements, El Midaoui défend une nouvelle carte universitaire qui prévoit d’étendre la couverture des universités à des territoires qui en sont dépourvus.
Pour corriger les déséquilibres territoriaux, la nouvelle carte universitaire devrait compter 27 universités publiques au lieu de 12 avec l'objectif de limiter leurs effectifs à moins de 40.000 étudiants par établissement. El Midaoui a justifié cette réorganisation par la concentration de la moitié des établissements universitaires dans huit provinces, tandis que plus de 37 provinces n’en comptent aucun. Le projet prévoit notamment de renforcer l’offre à Dakhla, Laâyoune, Guelmim et Errachidia, où une université autonome serait créée. Ouarzazate deviendrait un pôle universitaire rattaché à celle-ci, auquel seraient liés Zagora et Tinghir. Le budget prévisionnel annoncé pour cette étape s’élève à 200 millions de dirhams.
Le ministre a toutefois défendu une carte universitaire fondée sur des critères scientifiques et des indicateurs précis, et non sur les seules demandes locales. Pour illustrer son propos, il a interrogé les députés : « Va-t-on choisir une province pour un étudiant et y créer un établissement universitaire afin qu’il y vive et s’y marie ? Cette province dispose-t-elle des moyens nécessaires pour répondre à ses besoins ? » El Midaoui a également mis en garde contre une organisation qui confinerait les étudiants dans leur région et entraverait leur mobilité.
Selon lui, l’équité territoriale suppose de rapprocher les établissements des citoyens tout en encourageant la mobilité nationale et internationale des étudiants et les échanges de compétences entre les régions. Il s’est enfin dit prêt à présenter les critères retenus devant la commission parlementaire compétente.
En parallèle de cette réorganisation, le ministre a mis en avant les effets de l’horaire aménagé dans les grands établissements. Selon lui, ce dispositif a réduit l’encombrement de 25 à 30 %, dans des structures où les étudiants salariés et les fonctionnaires représentent jusqu’à 40 % des effectifs. L’organisation des cours à des horaires adaptés à leurs contraintes a ainsi réduit la pression sur les salles et les équipes pédagogiques, affirme-t-il.
La séance a également été l’occasion pour les députés de mettre en lumière plusieurs difficultés qui pèsent sur la vie étudiante, notamment le faible montant des bourses, les retards de versement, le manque de places en résidence universitaire et les frais liés aux formations à horaire aménagé.
Au nom du groupe haraki, le député Khalid El Ajli a demandé une revalorisation de la bourse universitaire, dont le montant n’a pas augmenté depuis 2019 et ne dépasse pas 17 dirhams par jour, selon lui. Il a également dénoncé les retards de versement, alors que les bourses sont réparties en trois tranches et que les examens approchent. Il a enfin évoqué des familles qui perdraient l’aide sociale lorsque leur enfant obtient une bourse, ainsi que le manque de places en résidence universitaire à Fès et à Meknès. Dans le cadre du projet de loi de finances 2027, il a appelé à revoir le montant de la bourse et ses modalités de versement.
Les frais liés aux formations à horaire aménagé ont également été contestés par la députée du Rassemblement national des indépendants Iitimad Zahidi, qui a défendu la gratuité de l’enseignement pour les salariés et demandé le maintien du projet de création de 26 établissements universitaires. El Midaoui lui a répondu que les parlementaires avaient eux-mêmes voté la loi autorisant ces frais, tout en se disant prêt à discuter du dispositif devant la commission de l’enseignement et de la culture.