Fête du Trône 2004

L'Asie-Pacifique s'unit sur le climat, met la sourdine sur la Birmanie

Seize pays d'Asie-Pacifique se sont engagés à lutter contre le réchauffement climatique, mercredi à Singapour, où se sont achevées leurs rencontres annuelles empoisonnées par la Birmanie.

Aung San Suu Kyi rencontre avec le ministre de Liaison Aung Kyi à la State Guesthouse à Yangon. Photos : AFP

21 Novembre 2007 À 13:50

Le Pacte a été signé par les géants chinois et indien dotés des économies les plus performantes au monde mais accusés de polluer la planète.

Le texte appelle à développer des sources alternatives d'énergie et des technologies d'énergie fossile plus propres ainsi qu'à une meilleure maîtrise énergétique.

Les seize joindront leurs efforts pour le "développement et l'utilisation de l'énergie nucléaire civile", stipule le document.

Ils travailleront aussi à réduire l'intensité énergétique -une mesure de l'efficacité énergétique d'une économie- même s'ils ont abandonné le projet d'aboutir à une baisse de 25% d'ici 2030.

Peu avant la signature, le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda avait annoncé une enveloppe de deux milliards de dollars pour aider la région à lutter contre la pollution et le réchauffement.

La Chine, qui n'est pas soumise à une réduction contraignante de ses émissions de gaz à effet de serre au titre du protocole de Kyoto, a réaffirmé sa bonne volonté en la matière.

"Au cours des cinq prochaines années, la Chine est déterminée à réduire la consommation d'énergie de 20% (ndlr : par unité de produit intérieur brut) afin de faire baisser les émissions de carbone, et nous nous efforcerons de maintenir les émissions de carbone au niveau de 2005", a promis le Premier ministre Wen Jiabao.

Cible récurrente des critiques en raison de l'effervescence de son économie, le géant asiatique doit ravir dès cette année la place du premier pollueur mondial aux Etats-Unis, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Unis sur le climat, les dix pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-est (Asean) et leurs six partenaires de dialogue (Chine, Japon, Corée du Sud, Inde, Australie et Nouvelle-Zélande) sont en revanche restés discrets sur la Birmanie.

Alors que beaucoup s'attendaient à voir les généraux faire profil bas après leur brutale répression d'un mouvement populaire fin septembre, la junte a pris l'initiative et empoisonné le climat des rencontres.

Elle a notamment obtenu lundi soir que l'Asean, dont elle est membre depuis 1997, annule in extremis un compte-rendu que devait présenter l'émissaire des Nations unies en Birmanie, Ibrahim Gambari, sur ses récentes médiations.

Seules les Philippines sont montées au créneau depuis ce camouflet diplomatique en réclamant la libération immédiate de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi.

"Nous déplorons en particulier le traitement réservé à Aung San Suu Kyi. Elle doit être relâchée immédiatement", a déclaré à des journaliste Mme Arroyo en dénoncant les "forces de l'autoritarisme".

L'opposante birmane, âgée de 62 ans et lauréate du Prix Nobel de la Paix, est assignée à résidence depuis 2003. Au total, elle a été privée de liberté pendant la majeure partie des 18 dernières années.

Plus en retrait, le chef de la diplomatie australienne Alexander Downer a plaidé pour un soutien des efforts entrepris par M. Gambari pour favoriser un véritable dialogue dans un pays gouverné par des juntes successives depuis 1962.

"J'espère que les pays d'Asie -tous les pays, ceux de l'Asean mais aussi la très importante Chine et les autres- trouveront les moyens de soutenir le travail du professeur Gambari", a-t-il espéré.
Copyright Groupe le Matin © 2026