Fête du Trône 2004

A 71 ans, Berlusconi entend rester seul maître à bord à droite

Création d'un nouveau parti, volte-face sur la loi électorale : le leader de la droite italienne Silvio Berlusconi est passé à l'offensive pour demeurer le seul maître à bord de la droite italienne, dans l'espoir d'élections anticipées qui le ramènerait rapidement au pouvoir.

Le leader de l'opposition, Silvio Berlusconi a demandé à l'Italie de réformes des lois électorales avant les nouvelles élections. Photos : AFP

21 Novembre 2007 À 14:28

"Le personnage est ce qu'il est mais on ne peut pas nier qu'il a du courage et sait abattre ses atouts, surtout quand il est dans les cordes", soulignait mardi dans un éditorial le quotidien économique Il Sole-24 Ore.

Sous le feu des critiques après son échec à faire tomber le gouvernement de Romano Prodi jeudi dernier, le Cavaliere (71 ans) a multiplié les annonces.

Il a ouvert le feu dimanche avec la dissolution de son parti Forza Italia et l'annonce de la naissance le 2 décembre d'une nouvelle formation qui prendra le nom de "Parti de la liberté" ou de "Peuple des libertés".

Lundi, contre toute attente, il a accepté un changement de la loi électorale dont il est prêt à discuter avec le nouveau leader du centre-gauche, le maire de Rome, Walter Veltroni, 52 ans.

Il a admis que la loi actuelle, pourtant voté dans les derniers mois de son gouvernement, fin 2005, ne "correspondait plus à l'intérêt du pays". Cette loi, qui a institué une proportionnelle quasi-intégrale, a entraîné une grande fragmentation politique et des majorités ingouvernables.

"Avec le nouveau parti, Berlusconi entend montrer qu'il reste au centre de la scène politique, c'est du pur marketing politique. Il accepte aussi de discuter d'un changement du mode de scrutin pour montrer à ses alliés qu'il peut se passer d'eux s'ils ne se soumettent pas", souligne Marco Tarchi professeur de sciences politiques à l'Université de Florence.

Selon une simulation d'Il Sole-24 Ore, c'est Berlusconi qui aurait le plus à gagner de l'adoption d'un mode de scrutin à l'allemande, actuellement au centre des discussions.

En annonçant être prêt à discuter avec Veltroni, Berlusconi marginalise ses deux principaux alliés, le centriste de droite Pier Fernandino Casini (52 ans) et le conservateur Gianfranco Fini (55 ans), dont les partis ont respectivement remporté 6,8 % et 12 % des voix aux législatives de 2006 contre 23,7 % à Forza Italia.

"Il y a seulement deux hommes aux commandes. Veltroni et Berlusconi. Veltroni a déjà exclu de se présenter aux prochaines élection avec la gauche radicale (comme l'avait fait Romano Prodi, ndlr). Cette fois c'est le tour de Berlusconi de liquider la coalition de droite", souligne le Corriere della Sera.

Bien qu'appartenant à des camps différents, les deux hommes dont les partis sont au coude à coude dans les sondages poursuivent un même objectif : faire le ménage parmi les petits partis dans un pays qui compte plus de 30 formations représentées au Parlement et concentrer les voix des Italiens sur deux formations majoritaires.

Les éditorialistes restent toutefois prudents sur les suites du coup de tonnerre de Berlusconi dans le paysage politique italien, certains imaginant déjà une grand coalition à l'allemande entre centre-gauche et centre-droit, une perspective que d'autres refusent.

La seule certitude est que dans l'esprit de Berlusconi un accord avec Veltroni, qui ne devrait pas prendre plus de 3/4 mois, devra être aussitôt suivi de nouvelles élections, avant qu'il ne soit trop tard pour le Cavaliere de retrouver le pouvoir, le temps jouant contre lui et ses 71 ans.
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