Clôture de la 4e édition
La 4e édition des rencontres cinématographiques d'Immouzer s'est achevée, dimanche soir avec la projection de "Yol" et "Tableau noir", deux longs métrages turc et iranien.
MAP
13 Novembre 2007
À 07:22
La projection de ces deux longs métrages a offert l'occasion au public de découvrir la vie de certaines populations autochtones, particulièrement à travers le célèbre film "Yol" de Serif Goren et Yilmaz Guney. Arrêté dans les années 1970, Yilmaz Guney a écrit le scénario de "Yol" en prison et a dirigé le tournage de ce film en correspondant avec son assistant Serif Go ren auquel il donnait des indications depuis sa détention.
Les rushes du film ont manqué d'être détruits par la censure. Yilmaz Guney s'est évadé et parvenu à gagner la France où son film l'a rejoint clandestinement et où il en a achevé le montage. Ce film, interdit en Turquie pendant près de 15 ans, avait remporté en 1982 la Palme d'or lors du Festival international de Cannes.
Le second film projeté lors de cette soirée est "Tableau noir", de l'Iranienne Samira Makhmalbaf, qui a choisi de prendre des personnages inhabituels, des instituteurs portant leur tableau noir sur le dos, pour dépeindre la situation sur la frontière Irano-irakienne, alors que les deux pays étaient en pleine guerre.
Organisée par le ciné-club d'Immouzer, en collaboration notamment avec le club Reggab pour le cinéma et la culture, le Centre cinématographique marocain (CCM) et l'institut français de Fès, ce festival a été marqué aussi par la projection de films marocains, introduisant une conception particulière du septième art, mettant en valeur la culture et la langue amazighes, à l'instar de "Tilila" et "Les poupées en roseau", des réalisateurs marocains Mohamed Mernich et Ahmed Baidou.
Ces Rencontres cinématographiques, organisées chaque année dans la petite localité d'Immouzer, est une occasion propice pour promouvoir la diversité culturelle aussi bien au Maroc qu'à l'étranger et relancer de nouveau l'animation artistique et socio-économique de la ville, a indiqué à la MAP, le critique Ahmed Sijlmassi.
L'objectif de ces manifestations est notamment de renforcer les relations entre les cinéphiles, les acteurs et les critiques, a-t-il ajouté.