Hommage à Rabat à la marocaine Hourya Benis Sinaceur
Un hommage a été rendu, vendredi à Rabat, à Mme Hourya Benis Sinaceur, philosophe et épistémologue marocaine à l'occasion de la journée mondiale de la philosophie célébrée dans le cadre d'un colloque sous le thème "Cheminements philosophiques : les femmes philosophes et leurs œuvres".
MAP
17 Novembre 2007
À 07:00
"C'est pour moi une joie considérable et infinie", a déclaré Mme Hourya Benis Sinaceur à la MAP, ajoutant que malgré avoir passé une bonne partie de sa vie à l'étranger : en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, elle n'a jamais oublié ses racines marocaines.
"Ce que j'ai appris à l'étranger, je ne l'ai pas reçu des étrangers. Je l'ai reçu de mon éducation marocaine. Si je n'avais pas été éduquée de cette façon au Maroc je n'aurais pas été capable d'accueillir le savoir des étrangers", a-t-elle ajouté.
Spécialiste d'histoire et de philosophie des mathématiques et de la logique moderne et contemporaine, Mme Benis Sinaceur a travaillé sur l'école allemande de mathématique structurale. Parallèlement, elle a notamment mené des travaux sur les œuvres des tenants de l'épistémologie française.
Native de Casablanca, elle est lauréate du Concours général en composition française et en philosophie et docteur d'Etat. Elève à l'école Normale supérieure de Sèvres-Ulm, elle a par la suite enseigné à l'université Paris I-Sorbonne avant de poursuivre sa carrière au CNRS, tout en étant professeur chercheur à l'IURS de Rabat. Actuellement, Mme Benis Sinaceur dirige une collection d'histoire et de philosophie des Sciences à la libraire philosophique Vrin. Elle est également membre du comité national d'histoire et philosophie des sciences de l'académie internationale d'histoire des sciences et ancienne Vice-présidente de l'Institut international de philosophie.
La philosophe marocaine a énormément enrichi la recherche et la réflexion féminine marocaine a indiqué, en marge du colloque, la secrétaire générale de la commission marocaine pour l'Unesco, Mina El Maghri, qualifiant ses recherches scientifiques et philosophes de "pointues" et "organisées".
Cette initiative est un hommage à toutes les femmes marocaines philosophes, a-t-elle dit, précisant que le nombre des femmes exerçant dans le domaine de l'enseignement philosophique ne cesse de croître atteignant ainsi 500 enseignantes au secondaire.
D'autre part, Mme Maghri a indiqué que la journée de la philosophie 2007 au Maroc, instaurée par la conférence générale de l'Unesco en 2005 sur proposition du gouvernement marocain, est l'occasion de valoriser la diversité des origines et des parcours des philosophes marocaines.
Le thème retenu par le Maroc coïncide avec le lancement du réseau internationale de femmes philosophes, a relevé, de son côté, Philippe Quéau, représentant de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) au Maghreb. Partant de l'observation des contraintes qui se sont imposées aux femmes philosophes, pour diverses raisons et dans des contextes socioculturels très différents, ce réseau international de femmes philosophes entend être un outil permettant aux femmes philosophes de faire part de leurs points de vue sur une vaste gamme thématique, sans aucunement se limiter aux thèmes liés au genre, a-t-il ajouté.
Il convient de rappeler que le Maroc avait accueilli, en novembre 2006 à Skhirat, une importante rencontre philosophique avec la participation de plus d'une centaine de philosophes et plus de 1.500 participants venus des cinq continents.