L'ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Mohamed Benaïssa a prôné une approche multidimensionnelle dans le traitement de la question de non-prolifération des Armes de destruction massive (ADM).
Mohamed Benaïssa, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. (Photo : Saouri Aissa)
MAP
23 Juin 2008
À 12:48
Intervenant lors d'un séminaire sur la sécurité au Moyen-Orient, le désarmement et la non-prolifération des ADM, organisé les 19 et 20 juin à Paris par l'Institut d'études de sécurité (IES) de l'Union européenne, M. Benaïssa a affirmé que la création d'une zone exempte d'armes de destruction massive, qui concerne tous les pays de cette aire géographique, demeure essentielle et réalisable, mais tributaire d'une volonté politique réelle qui tient en compte l'intérêt de pays de la région.
Le traitement de cette question, a-t-il estimé, requiert notamment le développement de l'adhésion de tous les pays concernés aux instruments juridiques de non-prolifération et de désarmement, le renforcement du rôle et des capacités des agences de contrôle et de vérification, en particulier l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'engagement d'une réflexion sur le désarmement nucléaire et les systèmes de sécurité collectifs et de prévention des conflits.
A cet égard, M. Benaïssa a appelé les grandes puissances, notamment nucléaires, à jouer pleinement leur rôle en s'engageant à faciliter la création de la zone exempte d'ADM en vertu des obligations qu'elles ont contractées lors de l'examen du Traité de non-prolifération (TNP), en particulier l'article 6.
Toutes ces mesures demeurent, toutefois, insuffisantes, en ce sens que les menaces se font de plus en plus insistantes, notamment celle du terrorisme nucléaire, a-t-il indiqué.
Il a, dans ce sens, rappelé, l'initiative globale de lutte contre le terrorisme nucléaire, lancée en 2007 au Maroc, "et qui connaît depuis, a-t-il souligné, un succès réel en termes de coopération et d'échanges de mesures de confiance entre les divers partenaires".
"La question de non-prolifération des ADM dans le contexte du Moyen-Orient et euro-méditerranéen prend une dimension politique cruciale due à l'instabilité et aux problèmes de sécurité qui persistent, particulièrement au MO", a-t-il poursuivi, faisant observer que cette problématique est étroitement liée aux besoins croissants des pays du Moyen-Orient et du pourtour sud de la Méditerranée dans le domaine énergétique.
"En effet, pour satisfaire leur besoin et répondre aux nécessités de la croissance économique, certains pays du Golfe, mais également l'Egypte, la Jordanie, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc font de plus en plus référence à la possibilité de construire prochainement des centrales nucléaires destinées à produire l'électricité", a-t-il dit.
Les besoins énergétiques, les contraintes de croissance économique et la persistance de conflits concourent vers le développement du nucléaire à une échelle importante dans la région, a souligné M. Benaïssa qui a appelé "à assurer pour tous les pays qui le désirent, un accès sans réserve au combustible nucléaire à des fins pacifiques, dès lors que l'AIEA aura certifié le caractère civil des programmes engagés".