Né à Los Angeles et supporteur des Lakers dans sa jeunesse, Paul Pierce ne veut qu'un chose aujourd'hui qu'il évolue à Boston : la défaite des Lakers dans cette finale NBA.
Paul Pierce des Boston Celtics lutte pour la possession de Lamar Odom et Pau Gasol de Los Angeles Lakers lors des Finales NBA, au Staples Center de Los Angeles. (Photo : AFP)
AFP
16 Juin 2008
À 14:06
Enfant à Inglewood, une banlieue très populaire au sud du centre-ville de la mégapole californienne, Pierce n'avait qu'une obsession dans les années 80: "entrer au Forum", la salle de son quartier où évoluait alors son équipe favorite.
Par le tunnel ou par une fenêtre, chaque ouverture représentait un espoir de pénétrer dans l'antre et voir ses héros : Magic Johnson, James Worthy et consorts.
"J'étais un fan... J'ai aussi un enfant qui faisait comme tous les enfants. Et parfois, nous avions des soucis en faisant cela, mais avec le recul, je crois que cela a eu une grande influence dans ma vie", dit aujourd'hui Pierce, leader des Celtics.
Et quand l'accès lui était refusé, l'enfant né en 1977 courrait "chez (son) oncle pour s'installer par terre devant le petit poste de télévision". "C'était bien, car les Lakers gagnaient souvent à l'époque", se souvient-il.
Dans les années 80, les finales NBA résonnaient régulièrement du duel Lakers-Celtics, les deux formations trustant 13 des 20 places en finale au cours de la décennie.
Logiquement quand vous étiez un fan des Lakers, vous deviez détester les Celtics et vice versa.
"Ces batailles marquent le début de mon histoire avec le basket. La naissance du basket pour moi. J'avais 7-8 ans", raconte le N.34 des "Verts".
La salle à 6h du matin La suite est une "success story", comme disent les gens d'Hollywood, non loin d'Inglewood.
"Scott Collins, un officier de police de L.A, m'a pris sous son aile. Il m'a fait connaître le sport, le basket. Il venait pour moi à la salle de sport à 6h du matin pour m'aider. Je me levais à 5h30, j'allais faire du sport et ensuite je filais à l'école, raconte Pierce, sans doute sauvé d'un tout autre vie par cette attitude. J'avoue que j'étais en sueur en arrivant en classe et que ce devait être plutôt désagréable pour les autres."
"L'avantage est que je ne voyais pas trop de membres de gang à cette heure là. Cela m'a aidé à m'éloigner de mauvaises choses. Et puis cela m'a enseigné l'effort. Et pour en arriver là où j'en suis, il n'y a pas d'autres choix", ajoute l'ailier et le "capitaine de parquet" des Celtics.
Après le lycée à Inglewood et l'université au Kansas, l'arrière est retenu par Boston en 1998, équipe qu'il ne va jamais quitter, malgré l'absence de résultat.
L'été dernier, il évoque sa frustration face à la faiblesse de sa formation, avant-dernière de la NBA. Ses dirigeants l'entendent et lui apportent sur un plateau de quoi le satisfaire: Kevin Garnett et Ray Allen. On connait la suite...
Et si jamais Pierce a des états d'âmes à préférer Boston aux Lakers aujourd'hui, il pourra toujours en discuter avec son vis-à vis des Lakers Luke Walton.
Son père Bill était l'un des meilleurs joueurs de la glorieuse équipe des Celtics dans les années 70-80 et Luke est resté un Celtic de coeur malgré sa vie de Laker.