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Spécialiste ès mathématiques et consensus

Marocain d'origine, installé dans le sud de la France, le nouveau président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohamed Moussaoui a pourtant un point commun avec son prédécesseur Dalil Boubakeur, parisien, lié à l'Algérie : le goût du consensus.

Mohamed Moussaoui, vice-président du RCC dans une mosquée, à Avignon. (Photo : AFP)

23 Juin 2008 À 14:00

Cet homme de 44 ans au sourire discret mais chaleureux, polyglotte - il parle français, arabe, berbère et anglais - est agrégé en mathématiques.

Maître de conférences à l'Université d'Avignon (sud), il siège au Conseil d'administration du CFCM depuis sa création en 2003.

Vice-président du Rassemblement des musulmans de France (RMF), créé en 2006 et vainqueur des élections au CFCM, il n'était "pas partant" pour prendre la tête de cette instance.

"Ma fonction d'enseignant-chercheur ne me permet pas de dégager beaucoup de temps et je suis loin de Paris", explique-t-il. "De nature je suis plus à l'aise pour travailler dans la discrétion qu'exposé"".

Mais en avril, après discussions avec les autres fédérations de mosquées, il ressort comme "le candidat qui saurait suffisamment s'ouvrir sur les autres composantes". Il se lance après avoir obtenu la garantie de pouvoir déléguer et être aidé. Il continuera ses cours, la fonction n'étant pourvue d'aucun traitement.

Marié à une assistante maternelle et père de trois enfants, Mohammed Moussaoui est né le 1er avril 1964 à Figuig dans l'est du Maroc, d'où "la nuit on voit les lumières de la ville algérienne toute proche". Son père est instituteur.

Il commence l'école dès 5 ans en accompagnant son grand frère puis entame au Maroc ses études universitaires en mathématiques avant de les poursuivre à Montpellier (sud). Fort de l'expérience acquise avec son père, artisan en bâtiment à ses heures perdues, il travaille sur des chantiers pour s'assurer un revenu. "En termes de dépenses, c'était serré", se souvient-il.

Ce Marocain en cours de naturalisation française se remémore ces années avec amusement: ""je suis arrivé à 22 ans en France. Je viens de passer le cap d'avoir vécu plus en France qu'au Maroc!"".

"J'étais pratiquant dès l'âge de 13 ans", raconte-t-il, "à 17 ou 18 ans je faisais déjà des interventions dans des mosquées". A Montpellier, il prêche le vendredi dans un foyer Sonacotra puis à Avignon, où il arrive en 1992, dans une petite mosquée installée dans un préfabriqué.

Aujourd'hui, il prêche toujours mais la mosquée Al-Boukhari d'Avignon a déménagé et s'est agrandie, de nouveaux travaux sont en cours.

Entre 1999 et 2003, il s'intéresse de près à la consultation qui prépare le lancement du CFCM même si c'est la mosquée Al-Islah à Marseille qui représente la région. En 2001, il s'attelle à la préparation d'une liste "avec tous ceux qui ne dépendaient ni de la Grande Mosquée de Paris, ni de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France), ni d'Al Islah".

La plupart se trouvent être des Marocains, "ce n'était pas voulu", assure-t-il soulignant que "taxer l'islam d'être dépendant des pays d'origine me paraît une ignorance ou une déformation de la réalité : la mondialisation a traversé tous les domaines y compris le cultuel. Et pourquoi se focaliser sur les musulmans et oublier les liens du Vatican avec l'Eglise catholique ou d'Israël avec le Consistoire ?".
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