Mesures pour la lutte contre le dépérissement de la cédraie
Le Haut commissaire aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification, Abdeladhim Lhafi a souligné, lundi à Ifrane, les mesures prises pour la lutte contre le phénomène du dépérissement de la cédraie du Moyen Atlas, qui a pour conséquence une réduction de la vitalité et de la vigueur des arbres.
Appel à œuvrer pour sauver la cédraie, arbre emblématique du Moyen Atlas, qui est menacée par le dépérissement. (Photo : azrou.anciens.free.fr)
MAP
21 Mai 2008
À 06:00
Intervenant lors d'un atelier consacré à la présentation des résultats des dispositifs de diagnostics et de surveillance de la santé des forêts (cas pilote du Moyen Atlas), M. Lhafi a affirmé que ces actions entrent dans le sillage de la politique du Haut Commissariat visant à préserver le patrimoine sylvestre national.
A cet égard, il a rappelé que ces efforts portent sur l'adoption d'une approche pluridisciplinaire intégrée pour l'analyse des facteurs causaux des dépérissements, tout en cernant la part des effets des facteurs probables, notamment la sécheresse, le surpâturage, les actions humaines et les maladies.
Parmi les actions menées figurent aussi la création d'un instrument de gestion à court et moyen termes à mettre à la disposition des gestionnaires de la cédraie, l'instauration d'une veille sanitaire et un suivi régulier permettant de disposer de repères épidémiologiques prédictifs pour la gestion des risques, ainsi que la création d'un réseau spécifique de suivi de l'évolution du dépérissement de cèdre et l'adoption par étape d'une stratégie de surveillance continue de la santé des forêts.
Il a, par ailleurs, mis en garde contre l'exploitation massive et irrationnelle de la forêt qui fait face à des contraintes inhérentes aux changements climatiques, à la sécheresse et à la désertification.
Après avoir mis l'accent sur l'importance des études et recherches sur la santé de la forêt, notamment au Moyen Atlas et qui permettent de "mieux comprendre cet écosystème de plus en plus fragile", il a relevé l'importance du guide de sylviculture qui permettra de perfectionner le système actuel de suivi et d'assurer la gestion des dépérissements forestiers.
Pour sa part, le représentant de la FAO au Maroc, Habib Halila a souligné le rôle de la forêt dans le développement social et économique du pays, appelant à œuvrer pour sauver la cédraie, arbre emblématique du Moyen Atlas, qui est menacée par le dépérissement.
Il s'est félicité de la coopération "fructueuse et solide" entre le Maroc et la FAO dans le domaine sylvestre et qui porte essentiellement sur le renforcement des capacités institutionnelles et la lutte contre les incendies.
Tout en saluant l'apport de la coopération bilatérale dans l'enrichissement des recherches scientifiques sur la forêt, il a exprimé la disponibilité de l'organisation onusienne à soutenir les démarches du Haut Commissariat en matière de préservation des forêts, plaidant pour une approche de partenariat et de participation dans le domaine.
De son côté, le wali de la région Meknès-Tafilalet, gouverneur de la préfecture de Meknès, Hassan Aourid a magnifié les efforts déployés pour la préservation de la cédraie et sa régénération.
Il a, dans ce sens, souligné l'impératif de concilier entre le souci de préservation de la forêt et les exigences de faire de ce patrimoine national et universel un levier de développement durable.
Cette rencontre, à laquelle ont pris part les gouverneurs des provinces d'Ifrane, d'El Hajeb et de Khénifra, a été l'occasion pour présenter les résultats de diagnostics réalisés par le Haut commissariat en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le département français de la santé des forêts, sur le dépérissement de la forêt.