Elles sont neuf femmes marocaines, triées sur le volet par le Département d'Etat pour suivre le processus électoral aux Etats-Unis en prélude à l'élection présidentielle du 4 Novembre.
Latifa Jbabdi est l'une des 9 femmes marocaines choisies par le département d'État américain pour suivre le processus électoral de ce pays. (Photo : www.elpais.com)
MAP
27 Octobre 2008
À 11:17
Le choix porté sur elles s'explique, selon ce département, par leur talent, leur militantisme et leur expérience sur le terrain. Ces femmes ne sont autres que Najima Thaythay Rhozali, ancien secrétaire d'Etat chargée de l'alphabétisation et de l'éducation non formelle et députée du RNI, Latifa Jbabdi, Laila Amili et Fatiha Saddas, respectivement députée et membres de l'USFP, Zahra Chagaf, Hakima El Haite, députée et membre du comité central du Mouvement Populaire, Fatima Rabbouz et Ghizlane Mamouri, membres du comité central du PPS, et Asmaa Debbagh Boutarbouch du PJD.
Elles font partie d'un groupe de 44 femmes représentant 9 pays arabes figurant parmi plus d'une centaine d'autres observateurs représentant au total 74 pays.
Ces "ambassadrices du Maroc", ont toutes exprimé, dans des déclarations à la MAP, leur "enthousiasme" de vivre cette expérience, en particulier en ces moments "historiques" que traverse le pays de l'Oncle Sam, moments marqués par une campagne électorale inédite et une crise financière qui n'en finit pas.
Cette visite nous permet de "vivre des moments merveilleux, car le scrutin se déroule à une période marquée par un climat général exceptionnel", souligne Latifa Jbabdi qui dit vivre cette expérience "avec beaucoup d'enthousiasme".
La députée usfpeiste salue cette initiative qui lui a permis de mieux comprendre le système électoral américain et de mieux saisir les mécanismes électoraux et enjeux à travers des séances de formation.
Cette visite, ajoute-t-elle, a également permis de débattre de la participation des femmes dans la vie politique que ce soit a l'échelle américaine ou au niveau du monde arabe en particulier.
Même son de cloche chez Najima Thaythay Rhozali pour qui cette visite permet un "échange d'expériences entre les femmes dirigeantes au niveau arabe", femmes qui selon elle, sont toujours prêtes à investir de plus en plus le domaine politique.
Qualifiant ce séjour de "très riche" en ce sens qu'il a permis de confronter des idées et d'échanger des expériences en matière de consolidation de la démocratie en général et dans le monde arabe en particulier en tenant compte des spécificités et de la nature de chaque pays, Mme Rhozali souligne que "nous femmes marocaines sommes fières de notre expérience démocratique".
Elle s'est réjouie de l'occasion qui leur est offerte pour mieux expliquer le système électoral marocain qui, insiste-t-elle, n'a rien à envier au reste du monde.
Tout en partageant ce point de vue, Fatiha Saddas estime, pour sa part, que ce qui l'a le plus impressionnée, c'est la volonté des Américains d'améliorer la démocratie dans leur pays, notant au passage que les exposés qu'elles ont suivi, ont montré que certains problèmes qui surgissent lors des élections, notamment celui des irrégularités lors des élections, ne sont pas l'apanage des seuls pays en développement.
Fatima Rabbouz aborde, quant à elle, l'élection présidentielle sous un autre angle à savoir les facilités accordées aux électeurs pour pouvoir accomplir leur devoir civique, notamment le vote par courrier, par procuration, par anticipation etc. Ceci "permet de réduire le taux d'abstention", estime-t-elle.
Elle insiste également sur la simplicité des messages et le rôle primordial de la communication. "Ailleurs, les gens cherchent plus à éblouir qu'à communiquer, ce qui n'est pas le cas en Amérique", conclut-elle.
Pour Laila Amili, qui s'était beaucoup investie, par le passé, dans la jeunesse, ce qui l'exaspère le plus, c'est l'abstentionnisme chez les jeunes notamment au Maroc.
Il faut, a-t-elle dit, que les campagnes électorales ciblent davantage les femmes et les jeunes comme c'est le cas ici aux Etats-Unis où, explique-t-elle.
Asmaa Dabbagh constate, quant à elle, que ce qui manque chez certains pays, c'est l'organisation. Tout en constatant que le système électoral américain est loin d'être aussi parfait qu'on ne le pense, elle tient cependant à saluer le sens de l'organisation des Américains avant les élections.
"Ils donnent beaucoup d'ampleur à chaque chose, ne sautent aucune étape et accordent beaucoup d'intérêt à la formation des élus", remarque-t-elle.
De son côté, Hakima el Haite s'est dite impressionnée par le comportement citoyen de l'électeur dans ce pays.