Fête du Trône 2004

Les petits agriculteurs confrontés à des contraintes

Les petits agriculteurs de la région de Marrakech - Tensift-Al Haouz sont confrontés à une situation délicate caractérisée par une régression des superficies agricoles, sous l'effet notamment d'une raréfaction de plus en plus pesante des ressources hydrauliques, ce qui leur impose un effort d'adaptation pour ne pas compromettre leurs aspirations à un avenir meilleur.

Promouvoir une politique favorisant le forage et l'équipement de puits communaux dans les zones disposant d'importantes réserves en eau.

04 Décembre 2008 À 15:00

Si au niveau de cette région, l'eau et la terre ont toujours constitué deux éléments vitaux pour les populations rurales qui ont pris l'habitude de cultiver leurs terres et de récolter leurs fruits, cette donne n'a pas tardé a être remise en cause en raison, notamment de plusieurs facteurs peu amènes, dont les bouleversements liés au climat de la région.

Nombre de petits agriculteurs, dont les parcelles de terrain ne dépassent guère 1 ha, estiment, dans ce sens, qu'elles sont les principales victimes de cette situation, d'autant plus qu'ils se sentent les parents pauvres des politiques sectorielles entreprises en la matière, notamment concernant le soutien qu'ils sont censés attendre dans les moments critiques.

Au niveau de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz, l'on pointe du doigt la croissance démographique enregistrée en milieu rural, comme principale cause derrière la regression des petites cultures, lesquelles sont devenues incapables de garantir aux populations locales l'autosuffisance.

A titre d'exemple, certains petits agriculteurs de la région de Tassaout (province d'El Kelâa des Sraghna) considèrent que la situation dans laquelle se trouvent actuellement les petites cultures est la résultante du morcellement des terres, autrefois immenses, entre proches et membres de la famille dans le cadre de l'héritage. Une situation qui a pour effet direct une fragmentation de la terre en petits lots (moyen de subsistance et de travail de plusieurs familles), qui ne se prêtent même plus à la pratique de la culture vivrière.

A cela s'ajoute l'attachement affectif des petits agriculteurs à la terre des ancêtres, quelle que soit sa superficie et ce, en dépit des conditions de travail difficiles et de la succession de longues années de sécheresse.

Cette donne constitue un véritable handicap devant toute initiative de réforme basée sur le remembrement des parcelles agricoles et leur exploitation dans le cadre de coopératives et d'associations professionnelles, afin de permettre à leurs propriétaires de bénéficier des subventions consacrées par l'Etat à la promotion et à la généralisation de l'action associative.

Un autre problème pèse lourdement sur ce genre de cultures à savoir la raréfaction de l'eau et la baisse des niveaux des nappes phréatiques notamment dans les zones irriguées, ce qui s'est répercuté directement sur le rendement des terres avec, de surcroît, la disparition de nombre plantations notamment arboricoles ou la régression de leur fertilité.

Pour ces petits agriculteurs, en dépit de l'existence de plusieurs barrages dans la région, les infrastructures hydrauliques ne profitent pas pleinement à leurs cultures, en raison de l'anarchie qui règne au niveau des cycles d'irrigation, souvent discontinus.

«L'adoption d'une nouvelle méthode d'irrigation de ces terres, basée sur des techniques modernes plus efficientes en termes d'économie de l'eau, s'avère indispensable «, estime, pour sa part, un jeune agriculteur de la région.

Et d'ajouter que l'Etat est appelé, soit à promouvoir une politique favorisant le forage et l'équipement de puits communaux dans les zones disposant d'importantes réserves en eau, soit à réviser le système des cycles d'irrigation, afin que les eaux issues des barrages puissent profiter équitablement à tout le monde.

Un autre agriculteur quinquagénaire voit dans la revalorisation des terres agricoles, via leur remembrement, leur aménagement et leur exploitation rationnelle, une solution aux problèmes existants en matière de gestion de l'irrigation, déplorant la situation critique dans laquelle se trouvent actuellement nombre de canaux traditionnels d'irrigation, ainsi que les difficultés inhérentes à l'éparpillement des terres agricoles.

Un autre agriculteur parmi les jeunes diplômés a mis l'accent, de son coté, sur le rôle prépondérant que peuvent jouer les médias dans la sensibilisation des agriculteurs, notant que le «Plan Maroc vert», lancé dans le Royaume, se veut une initiative louable qui peut apporter des solutions concrètes à nombre de problèmes.

Il a tenu à rappeler, dans ce contexte, que les différentes politiques agricoles menées par le Royaume, abstraction faite de leurs impacts et de leur pertinence, n'accordaient pas une grande importance à la question de la communication avec les jeunes agriculteurs et ne prenaient pas, non plus, en considération certaines contingences comme l'analphabétisme des destinataires.
Copyright Groupe le Matin © 2026