Le combat actuel contre l'immigration illégale ne doit pas se faire au détriment de la mobilité normale des personnes, a affirmé le ministre délégué chargé de la Communauté marocaine résidant à l'étranger, Mohamed Ameur.
Des immigrants s'assoient sur le banc de port après avoir été intercepté par les garde-côtes, au large des côtes de l'île de Lampedusa. (Photo : AFP)
MAP
15 Janvier 2009
À 07:17
«Le combat actuel contre l'immigration illégale ne doit pas se faire au détriment de la mobilité normale des personnes, qui reflète la profondeur et la richesse des échanges humains, économiques et culturels ayant toujours constitué un bonheur dans l'histoire de la Mare Nostrum», a-t-il dit à l'ouverture, mardi à Fès, d'un forum international sur le thème «Migration et mondialisation».
Le ministre a souligné que la mise en place de solutions radicales aux problèmes économiques, sociaux et culturels ayant trait à l'immigration implique nécessairement de dépasser l'approche strictement sécuritaire et de favoriser une «politique humaniste» visant à dénoncer toute forme de discrimination et de haine à l'égard des étrangers et renforcer la coopération entre les pays émetteurs et ceux d'accueil.
Soulignant que le gouvernement marocain est déterminé, conformément aux Hautes Instructions de S.M. le Roi Mohammed VI, à consacrer une politique nationale intégrée dans la gestion des questions de la communauté marocaine à l'étranger, M. Ameur a relevé que cette approche devra être mise en place dans le cadre d'une coordination institutionnelle rigoureuse et une gestion commune, dans l'objectif d'accompagner les changements accélérés auxquels font face les Marocains à l'étranger et de relever les défis imposés par la conjoncture internationale.
Il a rappelé, à cet effet, les grandes lignes du plan national de son département pour la période 2008-12, visant la promotion de la situation de la communauté marocaine à l'étranger à travers l'actualisation et la conclusion de conventions consacrant le respect des libertés et la mise en place de mesures juridiques et législatives facilitant les procédures administratives permettant aux MRE de s'impliquer davantage dans le processus de développement.
Outre ces mesures, le ministère œuvre pour permettre aux générations montantes de garder des liens avec leur pays d'origine, par le biais de la création de centres culturels mixtes dans les pays d'accueil et la promotion de la question religieuse, ainsi que le renforcement de la protection sociale, a-t-il poursuivi.
Le succès de cette mission est tributaire, a-t-il dit, de l'implication de la société civile, l'adoption d'une politique de proximité et de concertation à travers la mise sur pied de réseaux et le renforcement de la coopération entre les associations marocaines et leurs homologues étrangères.
Le ministre s'est, par ailleurs, félicité du rôle efficient joué par le Maroc pour réunir les conditions nécessaires au succès du dialogue mondial sur l'immigration à travers l'adoption de politiques pilotes et initiatives audacieuses, relevant l'importance de cette concertation dans la réalisation du développement dans toutes ses dimensions tant aux pays émetteurs qu'à ceux d'accueil.
Il a souligné, dans ce cadre, la contribution conséquente du Royaume au sein des organisations et instances internationales ou dans plusieurs manifestations tels le Forum de dialogue euroméditerranéen (5+5), la conférence des ministres de l'Intérieur des pays de la Méditerranée occidentale (CIMO) et le sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD).
L'Objectif du Maroc, a ajouté M. Ameur, consiste à consacrer le principe de la responsabilité commune en vue de trouver des solutions structurelles à travers la réalisation du développement durable, l'encouragement de l'immigration légale, le respect des droits et de la dignité des immigrés, ainsi que l'adoption d'une approche globale.
Toutes les stratégies adoptées par le Maroc, qui «a toujours été une terre de tolérance, de dialogue et d'ouverture sur l'autre», visent à enclencher une nouvelle dynamique au développement englobant tous les Marocains à l'intérieur et l'extérieur du Pays, s'est il-réjoui, mettant l'accent sur le chantier de l'Initiative nationale pour le développement humain qui vise la lutte contre l'exclusion sociale, la création d'activités génératrices de revenus et la mise à niveau des différentes zones pour lutter contre les flux des immigrés illégaux.
Les thèmes inscrits à l'ordre du jour de ce forum, organisée par la fondation Esprit de Fès et le centre Sud-Nord pour le dialogue interculturel et les études sur la migration, touchent à «la migration et co-développement», «migration, jeunesse et réforme sociale», «la fuite des cerveaux», «migration, genre et droits humains» et «plans d'action et stratégies».