Fête du Trône 2004

Phoenix, Mozart de la pop française à l'étranger

Le groupe Phoenix jouit d'un statut à part sur la scène musicale française : fleuron de la pop hexagonale, il est encore plus coté à l'étranger que dans son propre pays, une tendance qui pourrait s'infléchir avec la sortie de son nouvel album, "Wolfgang Amadeus Phoenix".

Phoenix, le groupe de rock français préféré des Américains. (Photo : mitchul.unblog.fr)

29 Mai 2009 À 11:02

Début avril, le quatuor est devenu le premier groupe français à jouer dans l'émission télévisée culte américaine "Saturday Night Live". Selon le Bureau Export, organisme qui aide au développement des artistes français à l'étranger, Phoenix partage même avec U2, Paul McCartney ou Coldplay l'honneur d'avoir pu y interpréter trois morceaux au lieu de deux.

"Ce qui nous plaît, c'est le grand écart : après le Saturday Night Live, on a joué à la Cartonnerie de Reims!", sourit Thomas Mars, le chanteur du groupe également composé de Christian Mazzalai, Deck D'Arcy et Branco.

"Wolfgang Amadeus Phoenix", le quatrième album studio de Phoenix, est sorti lundi dans le monde entier et a déjà reçu d'excellentes critiques du magazine anglais NME ou de la revue américaine Rolling Stone. Le groupe a entamé une tournée qui passait jeudi par le Festival espagnol Primavera avant de se poursuivre en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et en Australie.

"Quand on joue à l'étranger, on se sent hyper français. Bien qu'ils soient en anglais, nos textes parlent de nos vies à Paris et donc de choses très françaises, avec un point de vue différent des Anglo-Saxons", estime Thomas Mars qui, à la ville, est le compagnon de la réalisatrice américaine Sofia Coppola.

Fondé à la fin des années 90, Phoenix est originaire de Versailles, dans la banlieue huppée de Paris, comme une autre formation française réputée à l'étranger, Air. Avant cela, Branco faisait partie du groupe Darlin' avec Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, qui ont ensuite formé le duo Daft Punk, autre poids lourd de la musique française à l'export.

L'une des chansons du quatuor, "Everything is Everything" (2004), était incluse dans la bande originale de la série télévisée américaine "Six Feet Under". Un autre de ses morceaux figurait dans celle de "Lost in Translation" de Sofia Coppola et le groupe a fait une apparition dans son film suivant, "Marie-Antoinette".

Depuis ses débuts, Phoenix a l'image du groupe français qui réussit à l'étranger. La donne a cependant commencé à changer avec son précédent album, "It's Never Been Like That" (2006) et la tournée qui avait suivi.

"Pendant notre dernière tournée en France, on a senti que cette image s'estompait par rapport à nos tout premiers concerts, où on se sentait un peu comme des lions en cage que les gens regardaient", estime Thomas Mars. "Je ne sais pas si c'est nous qui avons changé ou le public, sans doute un peu des deux".

"Wolfgang Amadeus Phoenix" pourrait encore renforcer la notoriété du groupe, dans comme hors de l'Hexagone. Album le plus abouti de Phoenix, il fait le lien entre ses précédents disques en mêlant énergie pop et textures plus synthétiques.

Outre cet album, dont le titre amusant évoque à Thomas Mars "un enfant lâché dans un musée qui fait la moustache à la Joconde", Phoenix a réalisé l'un des volumes de la série de compilations "Kitsuné Tabloid". Ce disque réunit dix-huit morceaux qui ont influencé le groupe, signés d'artistes aussi divers que Kiss, Chris Bell, Dusty Springfield ou Lou Reed.
Copyright Groupe le Matin © 2026