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BP veut rassurer sur sa santé financière

Tous les Etats de la côte américaine du golfe du Mexique sont désormais touchés par la marée noire après la découverte de boulettes de goudron au Texas, au moment où BP et le gouvernement britannique cherchent frénétiquement à renforcer l'entreprise.

Une nappe de pétrole, provenant de la fuite de la plate-forme de BP, Deepwater Horizon, sur la plage de Gulf Shores, en Alabama. (Photo : AFP)

07 Juillet 2010 À 06:07

De petites boulettes de goudron ont été ramassées sur les plages de Galveston au Texas au cours du week-end. Des analyses ont établi lundi qu'elles provenaient bien de la marée noire mais les autorités ne pouvaient pas encore déterminer si elles venaient de la fuite elle-même ou d'un bateau-pompeur.

Depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril, des traces sporadiques de la marée noire ont été constatées le long des 791 kms de côtes qui bordent les cinq Etats du golfe du Mexique : la Louisiane, le Mississippi, l'Alabama, la Floride et maintenant le Texas.

Les boulettes découvertes à Galveston et sur la presqu'île de Bolivar sont de petite taille: elles mesurent de un à trois centimètres de diamètre et couvrent «moins de 1%» de la superficie des plages, ont indiqué les autorités, qui devaient tenir une conférence de presse mardi après-midi.

Près de La Nouvelle-Orléans (Louisiane), à l'embouchure du lac Pontchartrain, des nappes de brut ont été constatées et des barrières flottantes ont rapidement été déroulées pour protéger l'estuaire.

BP, qui a indiqué avoir déjà dépensé 3,12 milliards de dollars pour la gestion de la catastrophe, a assuré mardi que le groupe avait les épaules suffisamment solides pour endosser les coûts de la marée noire sans l'aide de nouveaux actionnaires. «Nous n'émettons pas de nouvelles actions», a affirmé un porte-parole de BP interrogé par l'AFP à Londres, réfutant des informations dans la presse ce week-end selon lesquelles le groupe britannique cherche un partenaire stratégique. «Nous sommes ouverts à une augmentation de la participation de nos actionnaires existants», a indiqué BP.

Toutefois le gouvernement britannique réfléchit à un plan d'urgence au cas où le groupe pétrolier -le plus important groupe britannique avant la perte de la moitié de sa valeur depuis le mois d'avril- s'effondrerait ou serait la proie d'un rachat. Selon le quotidien ‘The Times', l'une des possibilités envisagées serait que le gouvernement intervienne pour protéger BP.

Mardi, le directeur général de BP, Tony Hayward, en visite en Azerbaïjan, a assuré que la compagnie pétrolière restait engagée dans ses projets énergétiques dans ce pays, alors que les spéculations allaient bon train sur le fait que BP cherchait à se défaire de certains de ses actifs.

La presse britannique évoquait aussi une recherche de partenaires stratégiques auprès de fonds souverains. BP serait ainsi en discussion pour une hausse de la participation du Kuwait Investment Office, affirme le Guardian.

BP a aussi demandé à ses partenaires exploitants du puits, les japonais Anadarko Petroleum Corporation et Mitsui Oil Exploration qui possèdent 25% et 10% du puits, de participer pour près de 400 millions de dollars au coût des dégâts de la fuite, selon le New York Times.

Sur le terrain, un navire taïwanais géant baptisé «A Whale» (Baleine) qui doit récolter le pétrole, était encore en test mardi alors qu'une mer houleuse et de mauvaises conditions météo ont retardé sa mise en opération.

Le navire, qui a la taille de quatre terrains de football, peut pomper jusqu'à 500.000 barils par jour de mélange de brut et d'eau de mer.
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