Le Jordanien Ahmad Massa'deh a été nommé formellement lundi secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée (UPM), soit le premier patron de ce forum créé en 2008 par la France et l'Egypte, a annoncé mardi à Paris le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.
Le Jordanien Ahmad Masa'deh, pressenti premier secrétaire général de l'UPM. (Photo : sdapem.wordpress.com)
AFP
27 Janvier 2010
À 08:45
«La désignation du secrétaire général constitue une avancée décisive dans la construction institutionnelle de l'Union et permet d'augurer favorablement la publication prochaine des statuts du secrétariat afin que le secrétaire général puisse entamer rapidement son mandat», souligne le ministre dans un communiqué.
«Il s'agit maintenant pour l'Union pour la Méditerranée de rattraper le retard dû, pour l'essentiel, aux répercussions sur l'organisation des événements politiques au Proche-Orient de l'année dernière», ajoute Bernard Kouchner.
Son objectif est de «créer un espace de paix, de solidarité et de prospérité à travers des projets de coopération et de développement tout autour du bassin méditerranéen», rappelle-t-il.
La désignation à l'UPM d'Ahmad Massa'deh, jusqu'ici ambassadeur de Jordanie auprès de l'Union européenne et de l'Otan à Bruxelles, avait été endossée le 12 janvier. Il restait aux ministres des Affaires étrangères des pays de l'UPM à l'entériner lors d'un processus qui s'est achevé lundi.
Le secrétaire général sera basé à Barcelone avec six adjoints, dont un Palestinien, un Israélien, un Turc et un représentant de la Ligue arabe. Sa nomination permettra de préparer le second sommet de l'UPM, en juin à Barcelone, dans le cadre de la présidence espagnole de l'UE. Il est prévu alors une passation de pouvoirs entre la France et l'Egypte, co-présidents de l'UPM depuis sa création, et l'Espagne et le Maroc qui la co-dirigeront pendant deux ans.
L'UPM avait été mise en veilleuse début 2009 en raison des tensions provoquées par l'offensive israélienne contre le Hamas à Gaza. Sa relance s'est ensuite heurtée au refus de pays arabes d'accepter la participation du chef de la diplomatie israélienne, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, à ses travaux, et à l'absence d'un secrétaire général.
L'UPM a été créée le 13 juillet 2008 sur une idée du Président français, Nicolas Sarkozy, qui avait dû revoir son projet initial consistant en une Union des seuls pays riverains de la Méditerranée, en englobant finalement tous les pays de l'UE suite aux protestations de l'Allemagne notamment.
Elle compte 43 membres dont, outre les pays de l'UE, la Turquie, Israël et les pays arabes riverains de la Méditerranée.
L'UPM ambitionne, en développant des projets concrets dans divers domaines (environnement, transports, énergie, culture, éducation...), de donner un nouveau souffle à la coopération euro-méditerranéenne lancée en 1995 à Barcelone et restée lettre morte.