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Papandreou négocie avec l'opposition

Les Grecs ont manifesté mercredi contre un plan d'austérité en préparation, alors que le Premier ministre était engagé dans un vif marchandage avec l'opposition de droite pour tenter d'obtenir un consensus sur un plan destiné à éviter un défaut de paiement du pays.

Manifestation contre l'austérité sur la place Syntagma, au centre d'Athènes,. (Photo : AFP)

16 Juin 2011 À 06:01

Alors que le Premier ministre socialiste Georges Papandreou tentait d'arracher le soutien d'une partie de l'opposition aux mesures d'austérité controversées, des incidents ont opposé la police et des groupes de jeunes sur la place Syntagma, devant le Parlement grec, où des salves de gaz lacrymogène ont éparpillé la foule, sans la faire partir.

Au total, une trentaine de personnes ont été blessées mercredi à Athènes et hospitalisées, dont beaucoup pour des problèmes respiratoires, selon l'agence de presse ANA (semi-officielle).

Cette manifestation atypique regroupait des syndicats traditionnels et des milliers de membres du groupe de résistance populaire des «Indignés» qui campent depuis le 25 mai au coeur d'Athènes, juste devant le Parlement.
Les protestataires ne sont pas parvenus à réaliser leur objectif qui était de former une chaîne humaine pour encercler symboliquement le parlement, où un plan budgétaire contenant hausses d'impôts et privatisations massives devait être débattu, pour un vote attendu fin juin.

La police bloquait les rues avoisinantes et les accès au bâtiment, permettant seulement l'entrée des députés.

Le vote de ce plan est une des conditions imposées à la Grèce pour obtenir le versement de la cinquième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé en 2010 par l'UE et le FMI --dont 53 milliards au total ont déjà été versés-- et une probable deuxième aide financière. Le pays se trouve au bord d'un défaut de paiement, selon les agences de notation financière.

Mercredi l'agence Standard and Poor's a d'ailleurs abaissé de trois crans supplémentaires la note de quatre grandes banques grecques, à «CCC», après avoir fait de même pour la note de la dette du pays dimanche soir.

A Athènes mercredi, la foule s'était massée dès le matin devant le parlement, protégé par un impressionnant dispositif policier, en marge d'une grève générale qui a ralenti le fonctionnement des administrations, transports et commerces.

La police a décompté plus de 20.000 personnes, les médias et observateurs avançaient au moins le double. La foule est restée inférieure à celles des grandes manifestations syndicales du printemps dernier.

En dépit de l'appel des animateurs de ce rassemblement à en maintenir le caractère pacifique, des escarmouches ont opposé des petits groupes à la police, qui a riposté avec des gaz lacrymogènes, avant que la foule ne se reforme à nouveau.

Quelques affrontements ont également opposé des militants d'extrême gauche et d'extreme droite, selon des témoins.

Mais sur la place, des manifestants issus des Indignés sont intervenus pour tenter d'empêcher des jeunes encagoulés de lancer pierres et divers projectiles vers la police.

Le Premier ministre Georges Papandréou a répondu à la mobilisation en soulignant qu'il allait «assumer ses responsabilités» et «continuer d'avancer et prendre les mesures nécessaires pour sortir le pays de la crise».

Il s'est ensuite entretenu au téléphone avec son rival de droite, Antonis Samaras. Selon la télé publique Net, les deux hommes ont entamé un intense marchandage autour d'une ouverture du gouvernement au delà des rangs socialistes.

Papandréou s'est contenté de dire qu'il poursuivait la recherche d'un consensus avec l'opposition, réclamé par les bailleurs de fonds du pays, qui peinent de leur côté à s'entendre sur la façon de sauver la Grèce.

Les créanciers se déchirent sur l'effort à demander aux banques privées, certains craignant qu'une participation de leur part ne soit assimilée à un défaut de paiement, qui pourrait entraîner l'effondrement de l'ensemble de la zone euro.

L'agence Moody's a d'ailleurs indiqué mercredi qu'elle «envisageait» d'abaisser la note de trois banques françaises, du fait de leur exposition à la Grèce.

Se heurtant jusque là au refus de l'opposition de droite de l'épauler, Papandréou doit aussi faire face à une fronde jusque dans les rangs de sa majorité.

La défection mardi du député Georges Lianis, dénonçant «l'échec» de la politique suivie, réduit à 155 sièges sur 300 sa majorité au parlement. Un autre député socialiste a récemment indiqué qu'il voterait contre le plan.

A Bruxelles, la Commission européenne s'est déclarée attentive à l'aspect social des mesures d'austérité imposées à la Grèce.
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