30 Octobre 2012 À 09:51
La ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, Bassima Hakkaoui, a souligné que l'expérience marocaine dans le domaine du renforcement des capacités de la femme et sa participation à la gestion de la vie publique est une expérience «pionnière» qui sert de référence sur la scène internationale, la femme marocaine ayant milité aux côtés de l'homme pour accéder elle-même et faire accéder son pays à un rang évolué cité en exemple».
S'exprimant lors d'une conférence internationale sur «La participation de la femme à la vie publique, politique et à la prise de décision» qui s'est ouverte, lundi à Tunis, en présence notamment du Président tunisien Moncef Marzouki, Bassima Hakkaoui a considéré que «le code de la famille» constitue une importante étape dans le cadre de l'expérience marocaine, ajoutant que ce texte est le fruit d'un «partenariat» entre les différentes composantes de la société marocaine pour aboutir à «un code de la famille progressiste permettant à la femme marocaine de s'accomplir humainement» et de «comprendre la portée de ses droits et de ses devoirs».
Mme Hakkaoui a affirmé que la moudawana, qui a permis la réalisation de nombreux acquis au profit de la femme, est un «motif de fierté pour le Maroc», précisant que le code de la famille a été renforcé par d'autre lois, notamment le code de la nationalité qui accorde le droit à la femme marocaine de transmettre sa nationalité à ses enfants en cas de mariage mixte.
Dans ce contexte, la ministre a souligné que la nouvelle constitution marocaine, qui consacre une approche démocratique participative et partenariale, a insufflé un esprit de dynamisme fort de sorte à permettre à la femme marocaine de renforcer ses capacités, consolider ses acquis. Elle a mis l'accent sur l'importance d'une mise en œuvre saine et judicieuse des contenus de la constitution dans le domaine, notamment ceux relatifs à l'instance sur la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination et au Conseil de la famille et de l'enfance.
Par ailleurs, la ministre a appelé «à faire pleinement confiance à la femme, à faire preuve d' équité à son égard et à lui accorder le temps suffisant pour qu'elle puisse déployer ses potentialités et ses compétences», jugeant que la cause de la femme est «fondamentalement une cause des droits de l'Homme, et non pas une question soulevée pour meubler la scène politique ou faire croire que nous sommes démocrates, que nous sommes équitables à l'égard de la femme».
Bassima Hakkaoui a, enfin, mis en avant la solidité des relations liant les peuples marocain et tunisien, en instant sur la nécessité de développer davantage la coopération entre les deux pays pour contribuer à réaliser le projet maghrébin et mettre à profit de manière optimale les richesses humaines et économiques et les atouts historiques et civilisationnels dont sont dotés les pays maghrébins.
Se déroulant en présence d'experts internationaux, de personnalités féministes, de responsables en provenance de pays arabes et étrangers, la conférence est organisée pendant deux jours à Tunis par le ministère des affaires de la femme et de la famille en collaboration avec le fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), le programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le fonds de développement des Nations unies pour la femme (Unifem), sous le signe «La démocratie, jamais sans les femmes». Elle s'inscrit dans le cadre du renforcement de la participation de la femme à la vie publique et politique et du renforcement de son implication dans les élections en Tunisie et dans la région arabe, d'après les organisateurs.
La rencontre est l'occasion d'échanger les expériences «en vue de mieux cerner les problèmes qui entravent une participation plus efficace de la femme à la vie politique et proposer les mesures pratiques idoines pour renforcer cette participation», selon les organisateurs.