Fête du Trône 2004

«Le Maroc, une démocratie parlementaire»

«Le Maroc est une démocratie parlementaire à part entière grâce à une politique courageuse de réformes», Christian Cambon, sénateur français

Nicole Bricq, Christian Cambon et Abdelilah Benkirane. (Photo : www.senateursump94.fr)

28 Juillet 2012 À 12:41

Le Maroc est devenu «une démocratie parlementaire à part entière» grâce à une politique «courageuse» de réformes menée depuis 1999, sous l'égide de S.M. le Roi Mohammed VI, couronnée par l'adoption de la nouvelle Constitution en juillet 2011 et la formation d'un nouveau gouvernement issu de la majorité, a estimé le sénateur français Christian Cambon.

Dans une interview accordée à la MAP à l'occasion de la célébration de la fête du Trône, le président du groupe d'amitié France-Maroc au Sénat français a salué l'évolution institutionnelle «prometteuse» durant l'année écoulée et qui a permis au final au Maroc de devenir «une démocratie parlementaire à part entière avec un Parlement et un gouvernement aux droits et à la capacité d'action accrus».

Cambon, dont le groupe suit de près cet élan de changement et le soutient, a énuméré différents «temps forts» de ce processus qui a permis la réintégration de l'opposition politique dans le jeu institutionnel, notamment grâce aux travaux de l'Instance équité et réconciliation, l'organisation d'élections législatives «dans la transparence avec une bonne participation des électeurs» (2007 et 2011), ou encore l'adoption par référendum de la nouvelle Constitution, le 1er juillet 2011.

Il retient parmi les avancées de cette évolution institutionnelle, «un ensemble de libertés publiques reconnu» et de nouvelles dispositions constitutionnelles qui viennent répondre aux aspirations populaires «bien avant le printemps arabe». Il cite, entre autres, l'initiative nationale du développement humain (INDH), qui a pour but d'éradiquer la pauvreté et d'autres actions de lutte contre l'exclusion sociale, notamment celles visant à améliorer les droits de la femme, déjà au cœur de la réforme de la Moudawana de 2004. 

Pour le sénateur français (UMP-opposition), les espoirs que les nouvelles dispositions constitutionnelles «ont légitimement suscités ne pourront qu'être confortés par le renforcement des garanties en matière de sûreté, de libertés individuelles et publiques, et des rapports exécutif-législatif rénovés», d'autant plus que le chef du gouvernement est maintenant issu du parti majoritaire aux élections.

Dans ce contexte, les partis politiques ont un rôle important à jouer pour donner à ces réformes institutionnelles tout leur sens, estime Cambon convaincu que pour les mois qui viennent, la réforme de la Chambre des Conseillers et la réforme territoriale devraient être «les prochains chantiers institutionnels». Il a, en outre, assuré que le groupe d'amitié sénatorial France-Maroc continuera «à suivre avec le plus grand intérêt» les actions du gouvernement en cette matière, soulignant que le groupe est «pleinement engagé dans cette politique» de dialogue avec les responsables marocains.

En ce sens, le groupe d'amitié sénatorial a notamment apporté son soutien aux autorités marocaines, lors de sa dernière visite au Maroc en octobre 2010, sanctionnée par son rapport d'information «Maroc, l'ère du changement», relève le président du groupe qui met en avant l'excellence des relations franco-marocaines «à la fois historiques, denses et régulières». 

La France et le Maroc, rappelle-t-il, tiennent depuis 1997 des rencontres gouvernementales périodiques, les dernières ayant eu lieu en juillet 2010, l'occasion «de faire le point sur leur coopération et signer des accords ou des conventions».

Une relation que Cambon présente comme «une constante de la politique extérieure de la France, que l'arrivée au pouvoir d'un nouveau président (François Hollande) et d'un nouveau gouvernement ne remet pas en cause», comme en témoigne, dit-il, la rencontre de S.M. Roi Mohammed VI avec le nouveau locataire de l'Elysée à Paris dès son investiture. 

Enfin, a-t-il relevé, «la France appuie le Maroc dans sa politique d'ancrage à l'Union européenne» dans le cadre du statut avancé, et dans sa démarche pour résoudre la question du Sahara 

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