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Nécessité de relever le défi du passage au numérique

Mustapha El Khalfi décline à Agadir les grands axes de l'action de son département en matière médiatique

Mustapha El Khalfi lors de l’ouverture d’une rencontre de communication avec des artistes de la région Souss-Massa-Drâa, la première du genre à l’échelle nationale. (Photo : MAP)

26 Novembre 2012 À 09:20

Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a décliné, samedi à Agadir, les grands chantiers et principaux axes de réforme qui sous-tendent l'action de son département, y compris ceux relatifs aux médias régionaux en terme d'accompagnement et d'encadrement pour en faire un levier capable de contribuer au développement dans le sillage de la régionalisation.

Lors d'une journée de communication, une première régionale du genre inaugurée par son département, le ministre a mis l'accent sur les atouts et potentialités d'Agadir et sa région en tant que pépinière d'une presse régionale bien typée, en dépit des contraintes propres à l'exercice du métier.

Il a indiqué que la région dispose de plus de 40 correspondants, d'un réseau de plus d'une vingtaine de sites électroniques, dont quatre au moins sont parmi les plus influents du fait qu'ils sont devenus une «source d'information».

Il a noté que cette évolution des médias électroniques s'accommode mal d'un essoufflement de la presse écrite, pourtant jusqu'à naguère assez dynamique, puisque le nombre des titres publiés sont passés de 30 à moins de 4 journaux réguliers, sans parler de la régression de la presse amazighe, qui a vu ses publications chuter de 10 tribunes à un seul titre paraissant de façon régulière à l'échelle nationale.

Ces données, a-t-il estimé, font ressortir que le corps journalistique fait face à nombre de challenges, dont l'encadrement, la formation et la qualification, les prérequis devant lui permettre de garantir la pluralité, la participation responsable au débat politique et social et la contribution au rayonnement de la région en tant que pôle prometteur de développement, dans le contexte de la régionalisation à l'œuvre au Maroc.

Il a soutenu que le secteur médiatique, toutes tendances et catégories confondues, est appelé, dans le sillage de l'orientation mondiale vers une presse de proximité avec ce qu'elle permet de possibilités à la faveur du développement technologique et de réseaux sociaux, à opérer sa mue selon une approche participative basée sur quatre principes, à savoir la mise à niveau du secteur (un nouveau Code de la presse, un Conseil national de la presse), la reconnaissance juridique de la presse électronique, le renforcement de l'auto-organisation de la profession et l'assimilation des nouveautés technologiques.

Aussi a-t-il relevé que le respect de la déontologie ne peut faire l'économie d'initiatives fortes et prometteuses de l'intérieur même du corps journalistique, dès lors que toute démarche légaliste en la matière ne saurait occulter la dimension économique qui suppose soutien et qualification, d'une part, mais aussi bonne gouvernance et transparence, de l'autre.

Ceci, a-t-il soutenu, sous-entend la mission première de «service public» qui est le propre d'une presse résolument orientée vers la protection et la consécration de la diversité, sans éluder l'impératif d'assurer la formation et la formation continue des professionnels, de leur permettre d'être à la page des nouveautés technologiques ou d'améliorer leurs conditions sociales.

Sur le registre audiovisuel, il a mis l'accent sur la nécessité pour le Maroc de relever le défi du passage au numérique à l'aune de juin 2015 et de répondre aux attentes et aspirations des spectateurs marocains, particulièrement au regard de la densité intense de l'offre médiatique sur les chaines satellitaires (plus de 1.200 chaines sur Nilesat par exemple) et du besoin impératif d'élargir la couverture radiophonique et télévisuelle, notamment dans les zones limitrophes, tant que ça relève de la «souveraineté médiatique du pays».

A cet effet, le ministre a fait état de la détermination de son département à tenir «au printemps prochain» un colloque devant être sanctionné par un cahier de charges ou un contrat-programme, la création d'un Institut supérieur des métiers audiovisuels et du cinéma (dont l'ouverture est prévu en 2013) et l'ouverture, sur un portail électronique pour garantir transparence et émulation, de la concurrence devant les sociétés de production, sachant que le Maroc en compte plus de 160 qui emploient près de 2.000 personnes, avec un chiffre d'affaires d'environ 500 millions de DH.

Par la même occasion, le ministre a effectué une visite aux sièges des stations régionales de la 'SNRT-Agadir' et de la deuxième chaîne '2M', ainsi qu'à la direction régionale de la Communication, où il a pris note, in-situ, des conditions de travail du personnel de ces institutions.

Auparavant, le wali de la région Souss-Massa-Drâa, gouverneur de la préfecture d'Agadir-Ida Outanane, Mohamed El Yazid Zellou, avait annoncé, à l'ouverture de cette journée, la mise en place d'une «cellule de communication en tant qu'interlocuteur principal pour faire connaître les activités officielles», en application du principe du droit d'accès à l'information.

Les travaux de cette journée de communication ont été marqués par une grande affluence des professionnels des médias et de correspondants de diverses tribunes locales, régionales et nationales, outre une palette d'artistes, intellectuels, acteurs institutionnels, associatifs et académiciens et d'étudiants.

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