20 Mai 2012 À 09:06
El Habib Choubani, ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, a souligné, vendredi à Rome, l'enracinement de la nation marocaine dans l'histoire et l'ancrage, depuis des siècles, dans le Royaume de traditions bien établies en matière de gouvernance et d'organisation décentralisée du territoire.
Ce legs a permis au Maroc de mener des changements profonds dans la stabilité et la continuité, a affirmé le ministre lors d'une conférence organisée par la prestigieuse université romaine «La Sapienza».
L'exception marocaine s'explique dès lors par des facteurs tout autant historiques que politiques ainsi que par la symbiose qui a toujours existé entre les Marocains et leurs Souverains, a indiqué Choubani lors de cette conférence sur le thème «Le Maroc au tournant du printemps démocratique : dualité de la stabilité et du changement».
Fort de traditions ancestrales dans le domaine de la gestion de la chose publique, qui a toujours été basée sur une parfaite concertation entre le peuple et le Roi, garant de l'intégrité et de l'unité du pays, le Maroc, a-t-il rappelé, a fait, au lendemain de l'indépendance, le choix du pluralisme en bannissant le parti unique et en favorisant l'instauration d'un climat politique consacrant la diversité. Il va sans dire que le processus mené n'a pas été sans difficultés et sans que le Maroc n'ait à pâtir d'un fléau comme la corruption ou de problèmes liés à la mauvaise gestion administrative, a indiqué Choubani devant un parterre composé de responsables, de professeurs et d'étudiants de l'université, la plus ancienne d'Europe.
Le ministre a, par la suite, passé en revue les importants développements qu'à connus le Maroc depuis le discours historique de S.M. le Roi en date du 9 mars 2011 qui a tracé la voie devant un processus de réformes, dont l'adoption d'une nouvelle Constitution qui accorde notamment des pouvoirs élargis au gouvernement et au Parlement, la tenue d'élections législatives anticipées et la nomination d'un chef de gouvernement issu du parti arrivé en tête au terme de ce scrutin.
Deux principes fondamentaux, en l'occurrence la bonne gouvernance et la reddition des comptes, guident l'action de la nouvelle coalition gouvernementale qui a vu le jour dans ce sillage et dont les membres sont issus de formations d'obédiences diverses, a-t-il également indiqué.
Evoquant le rôle de la société civile qui a été érigée par la nouvelle Constitution en partenaire majeur, Choubani a mis l'accent sur la place qui est désormais accordée aux citoyens notamment en matière législative et de gestion de la chose locale, précisant que sa visite en Italie vise, entre autres, à s'enquérir des expériences accumulées par ce pays dans ce domaine.
Le nouveau gouvernement agit également dans le sens d'une meilleure intégration maghrébine et de l'ensemble des pays d'Afrique du nord dans la perspective de la création d'un marché commun élargi et intégré, a-t-il dit en soulignant que la réalisation de ce vœu cher est à même de positionner le Maghreb en partenaire de choix respecté et écouté.
Choubani a de même lancé un appel aux intellectuels et chercheurs des deux rives de la Méditerranée à s'investir davantage dans l'instauration d'un dialogue intercivilisationnel basé sur le respect de la différence et l'écoute de l'autre. Chacun de nous est riche par sa culture et par sa civilisation millénaire et peut apporter sa contribution à l'édification d'une société démocratique et conviviale, réfutant tout amalgame et préjugé, a-t-il affirmé.
Auparavant, les directeurs de l'université en charge des relations internationales, Raimondo Cagiano De Azevedo, et des relations avec l'Union des universités méditerranéennes, Isabella Camera D'Afflittola, avaient mis en exergue les liens de coopération existant entre «la Sapienza» et plusieurs universités et écoles supérieures marocaines.
Les orateurs ont insisté sur le rôle fondamental des échanges entre étudiants dans la région Méditerranéenne et sur leur intérêt pour le renforcement du rapprochement et la compréhension mutuelle. A l'issue des interventions, un débat s'est engagé au cours duquel Choubani a répondu à plusieurs questions d'étudiants et de professeurs présents se rapportant notamment au développement économique et urbanistique du Maroc, aux phénomènes de l'habitat insalubre et de l'analphabétisme, au vote des MRE, à la vision des partis dits islamistes sur des thèmes intéressant les droits de l'Homme, la laïcité et le statut de la femme.
Au terme de la conférence, le ministre devait rencontrer le président du Conseil national de l'économie et du travail (CNEL), Antonio Marzano, avant de s'entretenir, dans l'après-midi, avec l'envoyé spécial du ministre italien des Affaires étrangères pour la Méditerranée et le Proche-Orient, Maurizio Massari.
Dimanche, Choubani se déplacera à Brescia (nord) pour prendre part au deuxième congrès national du Forum marocain pour l'intégration en Italie.