15 Mai 2013 À 11:29
Les pays africains ont «des attentes légitimes» du mandat du nouveau patron de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo qu'ils ont eux-mêmes plébiscité lors du processus ayant abouti à sa nomination, a affirmé Omar Hilale, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'Onu à Genève.
«Azevedo est aujourd'hui un directeur général consensuel. Cependant, force est de rappeler qu'il a été sélectionné, en premier lieu, par les pays en développement. Bien plus, il a été plébiscité par les pays africains, ce qui leur confère des attentes légitimes de son mandat», a déclaré Hilale qui s'exprimait en tant que coordonnateur du groupe africain devant la réunion extraordinaire du Conseil général de l'OMC.
Le groupe africain, a-t-il dit, se félicite que pour la première fois, l'OMC sera dirigée par un diplomate issu d'un pays en développement et plus particulièrement de l'Amérique latine, «ce qui est un motif de grande satisfaction», notamment pour les pays africains.
Pour le diplomate marocain, la grande expérience de Azevedo en tant que représentant du Brésil auprès de l'OMC, son doigté diplomatique, son sens de l'écoute, ses qualités professionnelles et ses compétences avérées en matière de négociation commerciale sont «des atouts qui lui permettront de mener à bien sa mission».
A cet égard, il lui a souhaité plein succès dans l'accomplissement des importantes fonctions qui lui sont confiées «en cette période cruciale dans l'histoire de l'Organisation».
Il a ajouté que la désignation à ce poste de Azevedo conforte l'espoir et la détermination des pays africains de pouvoir, dans un avenir proche, œuvrer à l'avènement d'un Africain à la tête de l'OMC.
Le groupe africain «est heureux de s'associer au consensus ayant abouti à la nomination du candidat brésilien, a dit l'ambassadeur marocain qui a assuré le nouveau patron de l'OMC «du plein appui du groupe Africain et de sa coopération».
Tout se félicitant de «l'excellente manière» avec laquelle s'est déroulé le processus de sélection du nouveau directeur général, Hilale a rendu hommage aux neuf malheureux candidats «qui méritaient tous le poste qu'ils ont légitimement brigué».
Il a cité en particulier les candidats africains, la Kenyane Amina Mohamed et le Ghanéen Alan John Kwadwo Kyerematen «dont le groupe africain regrette grandement l'élimination précoce et injuste».
Hilale a, à cette occasion, décliné les priorités du groupe africain, en affirmant que l'engagement constamment réitéré par Azevêdo, en faveur de la dimension développement dans le cycle de Doha devrait trouver son prolongement dans sa stratégie à la tête de l'organisation. «Car, l'agenda de développement du cycle de Doha devrait demeurer au cœur du mandat de l'OMC», a-t-il fait observer.
Autre priorité du groupe, la réussite de la Conférence ministérielle de Bali, avec un package équilibré et satisfaisant pour tous les Etats membres et ayant la dimension développement comme élément central, «devrait être sa première mission en tant que directeur général», a-t-il ajouté.
«Vous avez le potentiel, l'étoffe, la maitrise et surtout l'avantage d'être opérationnel dès le premier septembre», a-t-il affirmé à l'adresse du nouveau patron de l'OMC.
Selon Hilale, le lancement d'une réflexion sur le défi de l'OMC pour l'après-Bali, réflexion qui devrait être, a-t-il insisté, «caractérisée par la transparence et l'inclusivité, car le devenir de l'OMC, en ces temps d'incertitude économique, intéresse tous ses membres».
La défense et la promotion du système multilatéral des négociations devrait être un des axes de son action afin de rompre la tendance de marginalisation de l'OMC, consécutivement à la prolifération des accords plurilatéraux, a-t-il poursuivi, citant à cet égard le projet de partenariat transatlantique USA-UE et l'accord de partenariat transpacifique.
Il a , d'autre part, mis l'accent sur l'association des Etats membres dans le processus de désignation des directeurs généraux adjoints, indiquant que ces derniers ne sont pas de simples collaborateurs du DG mais de hauts responsables de l'organisation et comptables devant les membres.
A cet effet, il a appelé, au nom du groupe africain, le directeur général désigné à favoriser dans le profil de ses prochains adjoints, la compétence, la maitrise des dossiers, l'expérience dans les négociations multilatérales, le critère du genre et le soutien politique des groupes régionaux, dans le respect d'une répartition géographique équitable.
Le groupe africain, a indiqué Hilale, estime que l'OMC, avec le nouveau directeur général, doit relever le défi de demeurer l'Organisation, qui codifie les règles du commerce mondial, et éviter de devenir l'Organisation du règlement des différends et de l'octroi de l'assistance technique.
«D'où, a-t-il conclu, l'importance de l'élection d'un Directeur général issu d'un pays en voie de développement et l'espoir que sa désignation a suscité», a-t-il conclu.