Sports

Hakim Ziyech, artiste à Chelsea, un gâchis pour la sélection nationale

En marge de sa participation en Coupe du monde des clubs 2021 avec Chelsea, Hakim Ziyech a annoncé mardi sa «décision finale» de ne plus revenir en sélection nationale du Maroc, pointant du doigt le sélectionneur Vahid Halilhodzic tout en évoquant des «mensonges». Contrairement à sa carrière en club, où il a toujours réussi à s’imposer en vedette, Ziyech n’a jamais véritablement endossé l’habit de leader avec les Lions de l’Atlas.

Hakim Ziyech.

09 Février 2022 À 13:37

Interrogé sur son avenir en équipe nationale, en marge de sa participation en Coupe du monde des clubs FIFA 2021 avec Chelsea aux Émirats arabes unis, Hakim Ziyech a mis fin aux spéculations en annonçant : «Je ne reviendrai pas en sélection nationale». S’exprimant au micro la chaîne émiratie Abou Dhabi Sports, l’international marocain a donc réagi aux derniers propos tenus par Vahid Halilhodzic, jeudi dernier en point de presse à Maâmora. Le sélectionneur national avait assuré qu’il ne comptait pas refaire appel à Ziyech, «même s’il était Messi», et que le joueur voulait «faire exploser le groupe». Mardi, après la déclaration de Ziyech, la Toile s'est enflammée avec des centaines d'articles annonçant la retraite internationale de la star de Chelsea, au Maroc, mais aussi en Belgique, en France et en Grande-Bretagne.r>Hakim Ziyech a évoqué une «décision finale», mais a immédiatement enchaîné en donnant les deux raisons principales qui ont motivé cette décision : le pépin avec Vahid Halilhodzic et «les mensonges qui vont avec». «Bien sûr que je suis frustré, comme tout le monde ! C'est une décision qu'il a prise et je dois la respecter. Après, quand les mensonges ont suivi, pour moi tout était clair. Comme je l'ai répété, je ne reviendrai pas». Tels étaient donc les deux facteurs qui ont poussé l'ailier de Chelsea à prononcer la rupture.

Il faut dire que la relation n’a jamais été exemplaire entre les deux hommes. À chaque fois qu’il devait désigner une star et un «chouchou», Halilhodzic éclipsait toujours le nom de Ziyech en privilégiant Achraf Hakimi. Après, le technicien franco-bosnien avait ouvertement déclaré qu’il écartait un joueur qui a «refusé de s’entraîner» et qui ne respectait pas le «maillot de la sélection». Cette décision avait alors scindé le public marocain en deux parties : ceux qui ont automatiquement soutenu le coach national en validant sa version, puis ceux qui ont pris le parti du joueur en lui accordant le bénéfice du doute. Pour les pro-Vahid, le soutien exprimé au coach était surtout motivé par l'écart entre les performances de Ziyech en club et en sélection.

Nul n’est prophète en son pays !

L’on se rappelle tous le «Wizard d’Amsterdam», le magicien qui avait donné une nouvelle dimension à l’attaque des Lanciers et qui terminait régulièrement parmi les meilleurs créateurs d’occasions en Europe. Il était parmi les fleurons d’une génération exceptionnelle (Frankie de Jong, Mathias De Ligt, David Neres…) qui a réussi à replacer l’Ajax sur les devants de la scène européenne et en demi-finales de la Ligue des champions UEFA. Arrivé à Chelsea, Hakim a éprouvé beaucoup de difficultés. D’abord suite au départ de Frank Lampard (qui avait initié son transfert chez les Blues), ensuite à cause des blessures. L’attaquant marocain a donc eu du mal à s’imposer dans le Onze titulaire de Thomas Tuchel. Durant les derniers mois, toutefois, Ziyech a été replacé sur le couloir droit de l’attaque et a retrouvé toutes ses sensations, devenant une pièce maîtresse du dispositif de l’Allemand Tuchel.

Si son apport en club reflète la maestria d’un créateur d’occasions hors normes et d’un buteur redoutable, son parcours avec les Lions de l’Atlas n’a toujours pas été aussi reluisant. Auteur de 17 buts en 40 matchs avec le Maroc, Hakim Ziyech n’a jamais vraiment réussi à s’imposer comme leader en équipe nationale, bien qu’il ait eu un grand impact sur le jeu durant quelques périodes. Le penalty raté face au Bénin en huitièmes de finale de la CAN 2019 en Égypte lui a valu de vives critiques, de même que ses modestes apparitions lors du Mondial Russie 2018.r>Cela dit, Ziyech avait ensuite assumé un grand rôle après l’arrivée de Vahid Halilhodzic, animant le secteur offensif dans une conjoncture où le nouveau sélectionneur tentait de nouveaux procédés et testait des joueurs méconnus du public marocain. Le conflit entre Hakim Ziyech et Vahid Halilhodzic avait créé deux camps dans les rangs des supporters marocains, mais les deux parties s’accorderont certainement à reconnaître que tout cela n’est que gâchis !

Copyright Groupe le Matin © 2026