25 Mars 2022 À 17:43
Le problème des étudiants marocains ayant fui la guerre en Ukraine et la perspective de leur insertion dans les universités et instituts nationaux soulèvent plusieurs questions, dont une portant sur le volet juridique. Ces étudiants ont-ils le droit d'accéder aux facultés et instituts publics, dont l'accès est soumis à un concours, comme les Facultés de médecine ? Maître Abdelkader Tabih nous confirme qu'il y a effectivement un problème à ce niveau d'un point de vue juridique. À son avis, la réponse à cette question est simple: l'accès aux Facultés de médecine étant subordonné à la réussite au concours d’accès, ces étudiants ne sont donc pas en droit de rejoindre ces facultés. Néanmoins, de l'avis de Me Tabih, devant une situation telle que celle que connaît actuellement l'Ukraine, il y a lieu de faire abstraction de la règle juridique, comme il est d'usage dans les cas de force majeure. «C'est pourquoi la gestion de la chose publique est du ressort des hommes politiques et non des juristes», fait remarquer Me Tabih, ajoutant que «face à certaines situations, il faut faire des dérogations et ne pas se borner à appliquer strictement la loi». Il en est de même pour Maître Naoui Saïd qui précise que l'accès aux Facultés de médecine publiques est régi par toute une procédure comprenant une présélection et l'organisation d'un concours à l'issue duquel sont établies une liste des admis et une liste d'attente.
«De ce fait, et sous un angle purement juridique, la perspective de placer les étudiants de retour d'Ukraine dans ces facultés publiques est sans fondement», dit Me Naoui. «Toutefois, et compte tenu de ce qui se passe en Ukraine, le ministre peut décider par décret de permettre à ces étudiants de poursuivre leurs études dans les facultés publiques afin de leur éviter toute rupture de cursus, surtout si l'on sait bien que le retour à la normale dans ce pays n'est pas pour demain», souligne l’avocat. Le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baïtas, a déclaré jeudi, à propos de ces étudiants, que plus de 7.000 d'entre eux se sont inscrits sur la plateforme mise en place par le département de l'Enseignement supérieur dans le but de les identifier et de connaître leurs spécialités et niveaux d'études. «Le gouvernement envisage plusieurs options pour leur permettre de poursuivre leurs études, en consultation avec toutes les parties pouvant contribuer à la résolution de cette situation», a indiqué M. Baïtas. «Aussitôt le recensement effectué et les options déterminées, le gouvernement annoncera les mesures qui seront déployées en faveur de ces étudiants», a-t-il annoncé. Il convient de noter que l'accès aux Facultés publiques de médecine et de pharmacie et aux Facultés de médecine dentaire dépend chaque année d'une circulaire ministérielle par laquelle le ministre de l'Enseignement supérieur précise les conditions de candidature, le nombre de places, les matières faisant l'objet du concours, le coefficient de chacune d'entre elles, etc.