LE MATIN
01 Octobre 2026
À 09:57
Google emboîte le pas à ses rivaux
Anthropic et
OpenAI, qui ont eux aussi commencé, cette année, à réserver leurs
derniers modèles à un nombre limité de
partenaires de confiance, en raison de leur capacité à repérer des
failles informatiques susceptibles d'être exploitées par des
acteurs malveillants.
"On parle beaucoup de notre prochain modèle (!), alors je voulais en donner un aperçu le plus tôt possible", a écrit sur X le patron de Google,
Sundar Pichai, dont le groupe, distancé par ses rivaux sur la puissance des
outils d'IA, avait promis pour juin un nouveau modèle phare jamais sorti.
Le groupe promet d'ouvrir rapidement ce modèle, baptisé
Gemini 4 Argon, aux entreprises et au grand public, en commençant par ses clients payants, sans donner de date.
"
Argon dispose de garde-fous adaptés aux
modèles de pointe et nous le déployons de manière responsable", a assuré M. Pichai. "Nous allons le rendre disponible aussi vite et aussi prudemment que possible. Alors patience."
En avril,
Anthropic avait réservé
Claude Mythos à une cinquantaine d'organisations chargées de sécuriser des logiciels critiques, dont Google. Début septembre,
OpenAI a limité à des entreprises agréées l'accès à
GPT-6 Astra, son premier modèle classé à risque critique en cybersécurité selon ses propres critères.
Depuis le printemps, les performances de ces modèles de pointe, capables selon leurs concepteurs de débusquer seuls des failles informatiques graves, voire de les exploiter, ont secoué les institutions, inquiètes face à de possibles attaques contre des infrastructures critiques (réseaux électriques, banques, administrations) si de tels outils étaient rendus publics avant le colmatage des brèches.
Une série d'incidents depuis l'été a ravivé les craintes sur les dangers de l'IA. En juillet, des centaines d'agents IA d'OpenAI, logiciels capables d'agir de manière autonome, ont pénétré les serveurs de la plateforme Hugging Face. Anthropic, Meta et Google ont fait état d'incidents similaires, qui ont relancé les appels à ralentir le développement de la technologie.
Mardi à la Maison Blanche, les patrons du secteur, dont M. Pichai, ont adopté un code de bonne conduite volontaire, "contraignant sur le plan moral" selon Donald Trump, pour répondre à ces risques.
Washington combat toute régulation nationale ou internationale, afin de maintenir sa compétitivité face à la Chine. Un décret présidentiel de juin a toutefois créé un examen fédéral volontaire des modèles les plus avancés et Google affirme mardi avoir soumis Argon à cette procédure.