Affaire de la CNSS: 47,7 milliards de DH détournés
Au terme de six mois d'investigations, conformément à l'article 42 de la Constitution, la commission parlementaire d'enquête sur le scandale financier de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), relevant de la Chambre des Conseillers, vient de r
LE MATIN
06 Juin 2002
À 20:52
Les conclusions de la commission mettent en évidence des pratiques ahurissantes qui ont perduré pendant vingt ans. Le montant des sommes détournées, 47,7 milliards de DH, équivaut à plus d'une fois et demie les dépenses de fonctionnement de l'Etat durant l'exercice fiscal 2001, à presque le sextuple des dépenses d'investissement au titre du même exercice ou encore à 80% de la dette extérieure du Maroc à fin 2001.
Le nombre et la qualité des personnes impliquées montrent que, vingt ans durant, l'Etat et le citoyen marocains ont été l'objet d'une vaste conspiration à travers des tentatives systématiques et répétées de sape d'une institution censée être un outil au service du bien-être et du confort des adhérents.
Des fautes
volontaires
La diversité et la gravité des fautes volontaires ou involontaires et des irrégularités accumulées pendant toute cette période en l'absence de tout contrôle ou réaction des autorités de tutelle (départements de l'emploi, de la santé et des finances) sont les détournements de deniers publics, les malversations, la mauvaise gestion, la gabegie, la falsification ou la destruction de documents, le favoritisme, le dépassement des prérogatives de la Caisse, les recrutements massifs et injustifiés, etc.
Outre les 47,7 milliards ainsi engloutis, le rapport des conseillers estime le manque à gagner pour la CNSS, au cas où ces sommes avaient été déposées à la CDG, à quelque 67,7 milliards de DH. Auquel cas, le montant total du "trou de la sécu» s'élèverait à plus de 115 milliards. Sommes qui, additionnées à celles dilapidées par d'autres organismes publics, auraient largement pu couvrir les frais de financement de plusieurs projets socio-économiques.
Reste à savoir quelle sera la réaction du gouvernement face à ce nouveau scandale.