MAP
03 Décembre 2002
À 17:16
Pour M. Ahmed Akhchichen, consultant en communication, les rares initiatives enregistrées dans ce domaine traduisent pour la plupart un esprit de recul et de fermeture ou des violations flagrantes de la loi, notant qu'avec la nomination du gouvernement d'alternance, la réforme du paysage médiatique est passée du statut d'ambition à celui de projet. Ce processus s'est renforcé par la publication en été 2002 du dahir instituant la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) et l'abrogation par décision gouvernementale du monopole dévolu à l'Etat en matière de diffusion, a t-il ajouté.
Cette réforme, conditionnée par les impératifs du champ politique, devrait prendre en compte plusieurs variables ayant trait notamment à la place du citoyen/usager, à l'avenir de la presse écrite et à l'onde de choc de la globalisation, a estimé M. Akhchichen en s'interrogeant sur les arbitrages et les compromis nécessaires pour faire aboutir ce projet. Pour sa part, M. Younes Moujahid, secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine, a mis l'accent sur le rôle des médias dans la transition démocratique que vit le Maroc plaidant pour une vision stratégique des entreprises de presse appelées à jouer pleinement leur rôle dans ce processus. La presse écrite au Maroc est confrontée à un véritable défi en raison de l'amenuisement du lectorat, de la confusion qui caractérise le marché publicitaire ainsi que de certaines interventions illégitimes qui sapent l'esprit de la concurrence loyale, a expliqué M. Moujahid qui a déploré l'absence de démocratie rédactionnelle au Maroc et le caractère archaïque des entreprises de presse.
M. Moujahid a par ailleurs stigmatisé la classe politique quant au chantier de la réforme du paysage médiatique, lui reprochant sa connivence pour perpétuer le statu quo.
M. Alexandros Economou, conseiller juridique au Conseil grec d'audiovisuel, qui a présenté le régime législatif et réglementaire du secteur audiovisuel de la Grèce, a déploré la lenteur d'octroi de licence dans son pays. La situation est douteuse et délicate en matière de radiodiffusion et le nombre de stations et de licences dans ce domaine est entouré d'ambiguïté, a-t-il indiqué.
Ce colloque est organisé par le Centre de documentation, d'information et de formation en droits de l'Homme en collaboration avec le Centre européen de droit public.