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Le Centre social «Dar Al Kheïr» de Tit Mellil: un nid de générosité

«Dar Al Kheïr», c'est le nom donné à la nouvelle institution qui a vu le jour le 3 avril 1999, après que les pensionnaires du centre social d'El Hank y furent transférés.
>Le complexe de Tit Mellil qui s'étend sur 12 hectares fait partie du patrimoine d

11 Juin 2002 À 16:55

En quoi consiste ce complexe? Quels sont ses possibilités, sa vocation et son impact sur la société ? C'est l'objet de cette enquête que nous avons menée sur le terrain et qui nous a permis de visiter ce centre et de constater de visu les conditions dans lesquelles vivent les pensionnaires.
Situé à un peu plus de 20 km du centre de Casablanca, le centre social «Dar Al Kheïr» est implanté dans la commune rurale de Tit Mellil, dans un environnement naturel qui prédispose au repos.
Dans le voisinage du centre, un hôpital psychiatrique : une aubaine pour les responsables de «Dar Al Kheïr» qui ont recours aux services de psychiatre pour soigner leurs pensionnaires, malades psychiques.
Au centre, la vie de famille

Nous avons pris le départ, depuis la wilaya, en compagnie de M. Mohamed Chalf, directeur du centre social de Tit Mellil.
Tout au long de cet itinéraire, Mohamed Chalf nous explique l'historique de «Dar Al Kheïr» qui a pris naissance à Dar Lhamra (Oasis), pour s'installer à El Hank avant Tit Mellil. Naturellement, les problèmes inhérents à cette opération de regroupement des SDF (Sans domicile fixe), de lutte contre la mendicité et le vagabondage, ne vont pas sans soulever de questions auxquelles les responsables tentent de répondre.
Au centre, nous fûmes accueilli par le staff du centre, au grand complet : le directeur adjoint du centre, Driss Fadel, le Dr Cherkaoui qui dirige l'hôpital de «Dar Al Kheïr», le Dr Nabila Ammor qui veille sur les côtés médical et social des pensionnaires, les quatre infirmiers, détachés du ministère de la Santé, les quatre agents des forces auxiliaires relevant de la préfecture de Sidi Bernoussi-Zenata, une secrétaire dactylo (préfecture d'Anfa), deux chauffeurs (CUC), deux agents affectés par l'entraide nationale. Ce sont au total, 52 personnes affectées à ce centre social dont 27 ouvriers sont payés par l'association «Dar Al Kheïr» que préside Mohamed Bennis qui était autrefois 1er adjoint du wali du Grand-Casablanca, connu pour ses multiples activités dans le milieu social.
Pour précisions, le Dr Mohamed Cherkaoui est détaché par la communauté urbaine alors que le Dr Nabila Ammor est conventionnée par l'association «Dar Al Kheïr».
Tout au long de notre visite, nous avons ressenti que tout ce personnel formait une seule famille, celle de la solidarité et du dévouement à la cause de ceux que le destin n'a pas favorisés.
Et nous entamons notre visite des lieux.
Services de soins

Après avoir vu les bâtiments abritant l'administration du centre qui accueille actuellement 237 pensionnaires, alors qu'il dispose d'une capacité allant de 400 à 500 personnes, nous avons accédé à l'hôpital de «Dar Al Kheïr».
Là, les premiers soins et traitements réguliers sont assurés par les docteurs Cherkaoui et Ammor.
Evidemment, et comme nous l'a expliqué le Dr Cherkaoui, chaque pensionnaire a un dossier médical le concernant.
Les malades dont l'état nécessite un «traitement à domicile» sont pris en charge par les médecins du centre qui leur fournissent gratuitement les médicaments, en plus des consultations et du suivi du traitement.
Les autres pensionnaires malades et dont les soins nécessitent le transfert dans les grandes unités hospitalières de la capitale économique, sont également pris en charge, pour leur transport et pour leur admission dans les formations spécialisées.
Outre le suivi des malades du centre, le Dr Cherkaoui veille sur la qualité de l'alimentation des pensionnaires.
Un traiteur au centre

Comment sont nourris ceux qui sont pris en charge par «Dar Al Kheïr»?
Bien que le Centre dispose d'une grande cuisine équipée, avec chambre froide, réfrigérateur et congélateur et pour éviter tout problème d'économat, les responsables ont préféré recourir aux services d'un traiteur privé.
Après le lancement du marché, le traiteur est tenu par un cahier de charges, s'engageant à nourrir correctement tous les pensionnaires du centre. Petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dîner, la restauration d'une personne revient à moins de 30 DH par jour.
Visite à la crèche

Nous avons visité ensuite une crèche qui accueille 18 enfants dont les mamans ont, soit des problèmes familiaux, donc sans ressources, soit des malades psychiques.
Outre ces bambins de la crèche, d'autres enfants suivent leurs cours dans une école primaire, non loin du centre où ils vivent, avec leurs parents.
La crèche, relevant de l'association «Dar Al Kheïr», enseigne aux bambins l'alphabet, le dessin et le chant.
Deux éducatrices forment l'encadrement de la crèche.
Comme nous l'expliquent le directeur du centre Mohamed Chalf et son adjoint Driss Fadil, les pensionnaires ont la possibilité de s'adonner à des activités de loisirs : télévision, activité sportive, et divers jeux pour meubler leur temps.
Pourquoi ne pas créer une cellule ou atelier pour la formation professionnelle, par exemple?
Le directeur du centre s'explique : «le séjour des pensionnaires ici, n'est que passager. Bien sûr, nous hébergeons ceux qui sont démunis sans domicile fixe ou abandonnés par leurs familles pour diverses raisons. «Notre objectif est qu'un jour, ces pensionnaires réintègrent leur milieu familial ou social sans difficulté.
Nous faisons tout ce que nous pouvons, avec nos propres moyens, pour assurer leur réintégration».
Certes, la tâche n'est point facile, mais, la bonne volonté existe.
Le personnel d'encadrement est conscient de sa mission humanitaire : venir en aide aux démunis, à ceux que le sort n'a pas favorisés.
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