Naissance de SAR Lalla Khadija

Pour la valorisation des greniers-grottes

A 8h30 mn nos 4x4 longent la plaine du bassin de Ouarzazate, en allant vers le Nord, précisément vers la bordure sub-méridionale du Haut-Atlas, en traversant des terrasses géologiquement récentes (quaternaires). Ce sont les regs du bassin de Ouazazate fou

19 Février 2002 À 17:51

Le substratum de ces terrasses est matérialisé, au départ aux endroits où il affleure par des marnes roses ou violacées à cause des matériaux provenant par érosion de l'anti-Atlas, et plus on avance vers le Nord, les marnes du bassin deviennent de plus en plus rougeâtres à cause des matériaux provenant du Haut-Atlas.
On longe parfois des lits mineurs des oueds où la sédimentation est limoneuse, c'est là où les cultivateurs exploitent leurs lopins de terres. En se rapprochant de la bordure du Haut-Atlas, le quaternaire récent se manifeste par des éboulis et des blocs de grande taille (calcaire, grès rouge, des dolérites…). Ce sont les cônes de déjection annonçant déjà la bordure de la zone sub-atlasique méridionale, nous confirme notre accompagnateur, l'Houcine Maâouni, géologue de formation. En face de Taliouine niguernane, petit douar niché dans la montagne, on traverse brièvement l'éocène et le sénonien, des couches de calcaire et de marne de l'ère tertiaire pour tomber sur un autre faciès de schiste et de grès formant un socle primaire déformé apparaissant grâce à des failles sud-atlasiques. Une fois à Taliouine niguernan, le faciès change, on trouve les formations secondaires à cachet continental (grès, argile rouge et basalte doléritique) de couleurs verdâtres. Passant sur le plateau du Jbel Tinzouzmine, l'affleurement est un grès de couleur rouge brique enfantant un éclat noir et brillant sous l'action du soleil, une caractéristique du vernis du désert (couleur et brillance) dûe au féro-magnésien qui monte en surface sous l'action de la chaleur pour tapisser le plateau, embelli par des genévriers, de l'armoise et des xérophytes épineuses, plantes adaptées au climat sec.
Un lieu propice
à l'évasion
Dans cet endroit où le silence est roi, une 4X4 de touristes, s'est arrêtée auprès de nous pour déguster la saveur du paysage, et prendre des photos en guise de souvenir dans cet d'évasion.
Après ce mont, on descend vers Tiguert, située dans une dépression pérmotriastique, matérialisé par des grès et argile rouge surmonté à l'ouest par des coulées de basalte de couleurs verdâtres, contenant de belle géodes d'Améthyste (quartz cristallisé).
Une fois au douar après avoir serpenté une piste de deux heures de route, nous fûmes accueilli chaleureusement par les notabilités du douar, nous primes le petit déjeuner avec eux, dans une grande chambre tapissée de tapis Ouazguit connue à l'échelon mondiale par ses couleurs magnifiques et ses motifs superbes, les fenêtres surplombant la vallée donnant une image de mille et une nuit au fond un portrait de S.M. le Roi Hassan II; bavardant autour d'une table contenant le petit déjeuner: thé à la menthe, pain de tafarnoute (spécialité de la région), beurre bovin très blanc, des amandes produites dans la région, avec excellence, comme par l'arboriculture fruitière : amandiers, figuiers, noyers, oliviers… Un air clair et vivifiant dorlote nos esprits et nos corps à travers les fenêtres entrebailliée…
Après ce repos volé au temps, on descend l'oued Tiguert qui longe le douar, par une zone de faiblesse aboutissant à des falaises, matérialisées par une alternance de grès et de fines couches d'argiles.
Grottes portugaises
Dans cet environnement se trouve le fameux grenier-grotte de Tiguert qualifié par la population locale de grottes portugaises. A 100 m du lit de l'oued, ce site est formé par une entrée principale communicant avec deux niveaux, le premier est constitué de quatre cellules réparties dès l'entrée principale sur un arc, ce premier niveau communique avec le deuxième niveau d'en haut qui est constitué de neuf cellules reparties, elles aussi, d'une façon radiaire autour d'une galerie d'environ 5 à 6 m de longueur, 0,70 m à 1m de largeur et ne dépasse guère 1m de hauteur.
Les cellules sont de forme ellipsoîde, leur longueur varie 1,50 m et 2,60 m, entre 1m et 1,50 m de largeur et entre 1,60 m et 1,90 m de hauteur. Dans la plupart de ces cellules, il y a des petites murailles de séparation de 60 cm de hauteur, généralement située dans le tiers de fond dans des échancrures creusées à des fins utiles. On a observé la trace des outils très pointus avec lesquelles on a creusé ces cellules. Cette méthode nous rappelle la procédure déjà utilisée dans les anciennes mines de sels-géme de la région de maghrane. Quelques objets en bois démantelés et ramassés par la population locale et qui ont l'allure des ustensiles de labour et même des anciennes targettes en bois et des légumes sèches (navets) et grains de dattes et d'orges… ont été trouvés sur place. Ceci laisse à dire que ces greniers-grottes inaccessibles dans la région et qui sont utilisés à l'époque du SIBA et au cours de la période de colonisation par les transhumants dans leurs activités à laquelle cette population est très attachée et qui est pratiquée en groupe pour des raisons de sécurité et de coopération. Après cette panoplie de données, l'énigme de ces grottes dans la région demeure. Nous préconisons donc leur démythification ainsi que leur valorisation…
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