Bataille pour un conseil de ville : Casablanca, la mairie de toutes les convoitises
Première ville du pays, métropole économique et pôle industriel et financier, Casablanca est particulièrement convoitée par les candidats au scrutin local.
>Certains partis ont misé sur des gros calibres visant le siège du président du conseil de la vi
LE MATIN
28 Août 2003
À 19:48
Il était 19 heures, ce mercredi 27 août, date du lancement de la campagne des communales, lorsque Khalid Alioua, ministre, candidat de l’Union socialiste des forces populaires, descend de sa voiture, pour se diriger vers la grande salle du complexe Touria Sekkat à Casablanca. Dans ce lieu au nom très symbolique, les militants du parti socialiste candidats au scrutin local dans la wilaya, se sont retrouvés pour faire le point sur leur programme de campagne. Un démarrage en force avec ces meetings new-look que le parti de la rose avait initié au lancement de la campagne des dernières législatives.
Sur son passage, le ministre et membre du bureau politique serre des mains, distribue les sourires et les mots aimables. A la tribune, le candidat socialiste retrouvera d’autres membres du parti siégeant au Parlement, journalistes ou autres figures connues. Khalid Alioua initie la rencontre par un discours sur les potentialités de la grande métropole avant de se lancer dans un réquisitoire contre les gestionnaires actuels. L’Agence urbaine de Casablanca, cible privilégiée des socialistes depuis qu’un des leurs a brigué le premier poste au département de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, est particulièrement visée par le candidat du parti de la rose. Celui-ci déplore l’inexistence d’un plan stratégique d’aménagement de la ville avant d’énoncer toutes les solutions que son parti prévoit pour résoudre ses problèmes.
Alioua conquérant, dit enfin, toute la détermination de son parti à remporter les communales dans cette ville en particulier. « Nous avons été exclus pendant longtemps du Conseil de cette ville et il est temps aujourd’hui d’y occuper la place qui échoit à notre parti. Nous n’accepterons pas un autre résultat que la victoire ». L’alternance nécessaire. Telle semble être l’argument de campagne des socialistes à Casablanca. Une ville « locomotive du développement », comme le dit si bien le candidat socialiste.
L’USFP a visiblement toutes les intentions d’investir les sièges dans les conseils d’arrondissements et surtout de décrocher la présidence du conseil de la ville. Ce ne sont pas moins de 385 candidatures que le parti dirigé par Abderrahmane Youssoufi a présentées dans les 16 arrondissements que compte la métropole. Une couverture à 100 %. Signe de l’intérêt que représente Casablanca pour les dirigeants du parti de la rose. Un intérêt que l’USFP partage évidemment avec d’autres partis.
Le parti de l’Istiqlal a ainsi présenté Yasmina Baddou à l’arrondissement d’Anfa et Fihr Fassi Fihri, benjamin du parti et proche du secrétaire général à l’arrondissement de Sidi Belyout. Le parti de Abbas El Fassi entreprend, pour sa part, une action plus discrète mais en profondeur. Yasmina Badou, rodée à l’exercice depuis les dernières législatives où elle a remporté son siège haut la main, revient dans la même circonscription qui l’avait élue. Sa méthode est plus proche des gens. La jeune candidate du plus vieux parti du pays privilégie le porte à porte et ne se lasse jamais d’aller à la rencontre des populations.
D’autres candidat, sont dans la course et ne font pas mystère de leur ambition. Il en est ainsi de l’actuel président du conseil de la communauté urbaine. Saâd Abbasi est l’homme que le RNI a encore choisi, contre vents et marrées, pour porter les couleurs bleues du parti. Abderrahim Lahjouji, président du parti des Forces Citoyennes, candidat malheureux aux législatives, tente sa chance aux communales dans l’arrondissement de Sidi Belyout. L’homme d’affaires, ancien patron de la Confédération générale des entreprises du Maroc semble aujourd’hui sûr de lui : « Nous allons faire les choses différemment. Nous avons une vision tout à fait nouvelle et moderne de la gestion de la ville », nous a-t-il confié.
Loin de cette euphorie générale, le PJD mesure ses ambitions. Le parti dirigé par Abdelkrim Khatib ne couvre ainsi que 50 % des arrondissements dans la grande métropole.
Ses dirigeants ont visiblement choisi, délibérément, de ne pas présenter de candidats dans les circonscriptions de Sidi Moumen et de Moulay Rachid. Des lieux qui ont marqué les mémoires à la suite des derniers événements de Casablanca.
En raison, d’ailleurs, des attaques tragiques, la ville de Casablanca retiendra l’attention des observateurs. Plus qu’ailleurs, les hommes à qui sera confiée la gestion de cette métropole doivent faire preuve d’imagination et de volontarisme pour résoudre tous les problèmes de la cité et relever le pari d’en faire une véritable locomotive du développement.