LE MATIN
04 Février 2003
À 20:37
Elle rejoint aussi la volonté ferme des autorités d'exécuter les jugements relatifs à l'évacuation des lieux occupés illégallement. En effet, au moment où l'on croyait que seules les périphéries de Casablanca connaissaient un développement incontrôlable des bidonvilles, le centre-ville aussi a été touché par le phénomène. Beaucoup de familles squattent les terrains vagues, surtout entourés par un mur de clôture et y élisent domicile. Pire, les terrasses de prestigieux immeubles des plus beaux boulevards de la ville sont devenues des bidonvilles aériens.
Sous forme de jardinières
Le temps est aujourd'hui à l'assainissement puisque, après les terrasses des cafés et des restaurants, les habitants de plusieurs quartiers ont dû céder à l'ordre donné par les représentants des autorités locales, relatif à la libération de l'espace public qu'ils occupaient depuis des années sous forme de jardinières ou de clôtures devant l'entrée de chez eux.
Il va sans dire que des opérations de ce genre ne peuvent se faire sans mécontentement. Si les uns brandissent des autorisations délivrées par la commune pour l'exploitation de l'espace occupé pour une durée déterminée et les autres évoquent le droit de garder les choses en l'état vu l'ancienneté, il faut dire que l'on ne reconnaissait plus certains espaces de certains quartiers et boulevards. Cependant, l'opération d'hier à Derb Chorfa a suscité un grand attroupement des habitants pendant toute la journée. Jusqu'à 17 h 30, nous n'avons pu mettre la main sur un responsable qui puisse nous fournir une déclaration à ce sujet. Ils étaient tous sur place pour éviter le pire. Toujours est-il que les habitants, voyant le vieux mur de clôture démoli, ont formé une énorme ceinture empêchant les engins de pénétrer dans le bidonville. Leurs cris s'entendaient du boulevard Sidi Mohammed. On ignore ce que sera le dénouement de cette affaire où s'affrontent deux volontés, celle de l'autorité qui veut mettre fin à l'habitat anarchique et exécuter un jugement en faveur du propriétaire du terrain occupé et celle des habitants qui refusent l'évacuation contre la somme qui leur a été proposée, à savoir 60.000 DH par famille.
A rappeler que le bidonville en question abritait 45 familles dont seulement 16 sont restées sur place. Une femme s'est évanouie et a été transportée par les sapeurs pompiers aux urgences du CHU.