Excursions : petites balades au sud d’Agadir
Au Sud d’Agadir, le long de l’océan, s’ouvre la plaine des Chtoukkas. A l’approche des premiers contreforts de l’Anti-Atlas, sur un plateau sec et caillouteux, se trouve Tiznit (91 km). C’est l’occasion de découvr
Tiznit, au milieu de ses jardins, fut longtemps une place administrative, siège d’une garnison fortifiée, non loin du débouché de l’oued Massa en plaine et à l’entrée du passage qui mène vers le Draa par le plateau des Akhssas. L’entrée dans la ville de Tiznit se fait par la porte Bâb Oulad Jarrar.
Six kilomètres de murs couleur ocre délimitent cette cité à l’allure ancienne, berceau des bijoux berbères en argent. Les rues qui longent les remparts mènent au souk des bijoutiers. La promenade sur les remparts, notamment depuis Bab Targua, permet de découvrir une superbe palmeraie et une source naturelle qui fait fonction de lavoir.
Aglou, la fraîcheur maritime
Aglou est l’extension maritime de la ville de Tiznit. Réputée pour sa plage, la localité permet aux habitants de Tiznit de fuir la chaleur accablante du désert pour profiter de la fraicheur maritime.
Mirhleft, réputée pour ses plages
La route de Tiznit à Mirhleft offre le paysage d’une côte atlantique qui longe, jusqu’à Sidi Ifni, un littoral empreint de la chute des derniers contreforts de l’Anti-Atlas dans la mer. Les plages de Mirrleft, très fréquentées par les pêcheurs, forment des sites surmontés de falaises à pic où la nature s’exprime en pleine liberté. À partir du village, on peut admirer les ruines d’un fort édifié en 1935, qui abrite aujourd’hui une petite auberge. Le rivage de Mirleft fait partie de ces lieux uniques, de ces petits coins perdus que les meilleurs surfeurs se conseillent en secret. Des vagues souvent impressionnantes et surtout régulières dans un décor sauvage et grandiose...
Certains surfeurs chevronnés n’hésitent pas à comparer Mirleft à Tarifa, au sud de l’Espagne, un lieu désormais mythique pour tous les adeptes du surf. On a même rencontré des surfeurs qui viennent régulièrement à Mirleft depuis le Golfe Persique... c’est dire les attraits du lieu !
Les plages de Mirleft ne bénéficient pas d’installations balnéaires ni de surveillance. La baignade dans l’océan, toujours risquée, doit donc être réservée à un public averti.
Excursion à Tafraout
À partir d’Agadir, l’excursion qui mène à Tafraout est mémorable. Pour profiter pleinement de ce circuit que l’on fait habituellement dans la journée, deux jours ne sont pas de trop tant les excursions tout au long de la route sont nombreuses et variées. Après avoir laissé le bourg agricole très actif de Biougra et être parvenu à la petite ville d’Aït Baha, la voie borde durant 70 km des paysages grandioses, avec la présence régulière de ces immenses dalles rocheuses en granit rose, et des vallées en contrebas ou le regard se perd. Les habitations berbères, érigées avec des pierres prélevées sur place, se fondent dans le paysage.
La route est parsemée « d’agadir », « igoudar » au pluriel. Les tribus berbères les utilisaient pour mettre à l’abri des convoitises leurs précieuses récoltes. À Tioulit, un de ces greniers collectifs est perché sur un rocher. Le spectacle atteint son paroxysme lorsque les amandiers, qui ornent la vallée des Ammeln, sont en fleurs (janvier-février).
L’arrivée à Tafraout se fait par la vertigineuse descente du col de Tizi Mlil (1662 m), où le regard s’offre des vues splendides sur la vallée des Ammeln et la chaîne du Lekst (2360 m). Tafraout est bâtie au milieu d’immenses éboulis de rochers aux formes diverses, et dans le crépuscule naissant, le granit rose et l’ocre des maisons s’embrasent avec les derniers rayons de soleil.
Rochers bleus et canyon verdoyant
Les rochers peints se situent à 3 km au sud de Tafraout, en direction de Tiznit, au niveau d’une fourche routière. En prenant à droite une piste qui s’enfonce au milieu de blocs de granit, on parvient rapidement à d’énormes rochers peints en 1984 par un plasticien belge, Jean Verame. La vallée des Aït Mansour : en prenant à gauche au niveau d’une fourche à 3 km de Tafraout sur la route de Tiznit, on suit la route durant 25 km.
On débouche alors sur une piste praticable, qui s’enfonce dans un long canyon de 17 km, dont le fond est verdoyant, alimenté par une source. Des grappes de maisons sont accrochées aux flans du canyon, faites pour la plupart en pierres et boue séchée, certaines ayant plusieurs étages.
Deux itinéraires au choix pour revenir
Par Tiznit. On rejoint Tiznit, capitale des bijoux berbères en argent, par le col du Kerdous (1100 m), où apparaît l’hôtel du même nom, véritable nid d’aigle, dominant un immense panorama.
Par Igherm, via Aït Abdallah, ou la route vient d’être refaite. C’est un circuit initiatique au gré de petits villages pittoresques, et de paysages montagneux arides et déchiquetés.
Au Nord d’Agadir, dans les contreforts de la partie occidentale du Haut Atlas, la région d’Imouzzer des Ida Ou Tanane, en plein pays berbère, est une des régions les plus pittoresques du Souss.
La grande boucle Agadir-Imouzzer-Bigoudine-Agadir, totalise 210 km. Mais dès 35 km au sortir d’Agadir, le dépaysement est déjà total : montagnes, canyons, cascades, palmeraies et villages perdus dans la montagne. Prendre la route d’Immouzzer, c’est prendre la route d’une nature généreuse et sauvage.
Canyons, palmeraie et cascades
En quittant Agadir par la route d’Essaouira, on prend à droite dans le village de Aourire, et on se laisse guider par la route goudronnée à neuf. Au départ, la route s’engage entre des monts calcaires jaunes, qui se zèbrent plus loin d’arêtes de roches brunes, témoignages des formidables séismes qui ont soulevé ces couches géologiques.
Après le col d’Issi, on plonge vers la grande palmeraie de Tamzerghout, où se côtoient palmiers, bananiers, oliviers et orangers. Dans cette descente, des boutiques de fossiles exposant les fameuses ammonites d’Imouzzer des Ida-Outanane.
Avant de reprendre de nouveau de l’altitude, la voie s’engage dans un défilé d’une dizaine de kilomètres, où de part et d’autre s’ouvrent des failles qui débouchent sur des oasis, des canyons, des villages, des sources et des piscines naturelles, appelées « marmites des géants ». On parvient enfin au village d’Imouzzer, doté d’un superbe point de vue, et les fameuses cascades que les habitants ont baptisé « le voile de la mariée ». La route continue jusqu’à Bigoudine, un petit village et site pittoresques. Elle rejoint enfin la voie nationale qui mène jusqu’à Agadir.
A la découverte des fossiles
À moins 70 millions d’années, la mer recouvrait cette région. Les couches géologiques se sont redressées au fil des temps, pour former cette chaîne montagneuse, emportant à plus de 2000 m d’altitude les dépôts de la sédimentation marine.
Il est courant de ramasser lors de randonnées, des fossiles d’huîtres, moules et autres coquillages, datant du crétacé. Les fameuses ammonites d’Imouzzer sont des coquillages qui peuvent atteindre 60 cm de diamètre. Elles ont peuplé toutes les mers du monde, voilà plus de 100 millions d’années.
Arganiers, caroubiers, euphorbes
L’arganier, arbre endémique de la région, est omniprésent. Il est accompagné de caroubiers, d’oliviers sauvages, dont les fruits sont très appréciés par les chèvres nomades.
Les euphorbes qui recouvrent les dalles rocheuses produisent un latex blanc qui est à l’étude pour servir de base à un recyclage des déchets ménagers en compost, destiné à l’agriculture. La région est par ailleurs réputée pour sa production de miel de thym, le plus parfumé. Les agriculteurs le produisent encore de façon traditionnelle.
Taroudant, la petite ville impériale
La route de Taroudant, située à 70 km d’Agadir, longe l’oued Souss dont le cours irrégulier irrigue la fertile plaine du même nom. Vergers d’agrumes, serres de tomate, luzernières s’égrènent le long de la route nationale. À 44 km d’Agadir, on traverse la bourgade d’Ouled Teima, véritable centre agricole de la région. En arrivant à Taroudant, on traverse les anciennes oliveraies qui entourent la cité antique et qui étaient irriguées par des résurgences aujourd’hui taries.
Taroudant, l’ancienne capitale des Saâdiens, offre le spectacle d’une petite ville impériale. Enveloppée dans de massives murailles ocres en terre, elle rappelle immanquablement Marrakech.
Elle fut longtemps la capitale du Souss, avant qu’Agadir ne se développe. La situation géographique de Taroudant est idéale : bordée au nord et au sud par les chaînes du Haut Atlas et de l’Anti Atlas, elle offre aux regards des visiteurs un arrière plan majestueux, avec en hiver des sommets enneigés.
La majeure partie des murailles encerclant la ville est relativement récente, puisqu’elle fut restaurée au cours du XVIIIe siècle, l’érosion du temps attaquant la fragile constitution de ces remparts. Cependant, une portion de ces murailles remonte au XIVe siècle, sous la dynastie Mérinide, qui avait entrepris la reconstruction d’une des plus anciennes cités du Souss.
Les ruelles sont étroites et sinueuses, mais à la différence de Marrakech, on ne risque pas de s’y perdre.
La porte principale, Bab El Qasba, mène à un grand bâtiment ancien, Dar El Baroud, qui serait, selon la légende, hanté par les esprits des maçons assassinés afin de garder jalousement secrets les plans de la demeure d’un caïd de la ville.
Le centre ville offre deux places, où l’on pourra trouver hôtels, cafés et restaurants bon marché. À partir de ces places, d’innombrables ruelles vous mèneront vers le souk, le marché hebdomadaire, d’anciens pressoirs à olive et des coopératives d’artisanat.
À pied, à bicyclette ou en calèche, le tour des murailles vous permettra de découvrir la cité, sur un tracé d’environ 4 km. Taroudant nourrit une longue tradition d’artisanat. Vous pourrez visiter de nombreuses tanneries ou achetez des bijoux berbères en argent.
Palmeraies, nature et randonnées à partir de Taroudant
Palmeraie de Tiout. Située à une dizaine de km de Taroudant, dans les contreforts de l’Anti Atlas, la palmeraie de Tiout ouvre sur un large panorama sur toute la plaine du Souss et la chaîne du haut Atlas que l’on peut contempler du haut d’une kasbah en ruine. Amagour.
Situé à 35 km, le site d’Amagour présente les vestiges d’un ancien volcan, matérialisé sous la forme d’une large dépression dans la roche, dont le fond est rempli par l’eau verte d’un petit lac de cratère.
Le Tizi-N-Test, à 90 km, fait partie des trois principaux cols du Haut Atlas. Les points de vue sont nombreux et absolument superbes. Les derniers 25 km avant le sommet du col sont particulièrement sinueux et vertigineux.
Randonnées. Verdoyante, la région du Haut-Atlas à partir de Taroudant est propice aux randonnées. La présence d’un guide est fortement conseillée car on se retrouve vite hors des sentiers battus dans cette contrée encore peu explorée.