La restauration du paysage forestier de l’Afrique du nord
L’université Al Akhawayn d’Ifrane a été au rendez-vous avec l’inauguration des travaux d’un atelier scientifique international sur le thème de : « La restauration des paysages forestiers de l’Afrique du Nord ». Initié par le
LE MATIN
30 Mai 2003
À 17:05
Cet atelier a réuni une pléiade d’hommes de sciences, d’experts et d’hommes de terrain spécialistes représentant des universités, des instituts de recherche, des ONG, des institutions gouvernementales et du secteur privé de différents axes et milieux et ce, en vu de mettre en commun et d’échanger leurs expériences et d’identifier des opportunités pour initier la restauration des paysages forestiers dans les pays du Maroc, d’Algérie et de Tunisie tout en assurant la promotion de la coopération entre ces derniers et les autres pays méditerranéens voisins tels le Portugal, l’Espagne, la France et l’Italie, directement ou indirectement concernés par les différents écorégions. Cet atelier dont les travaux se poursuivront jusqu’à aujourd’hui vise à promouvoir la sensibilisation à la restauration des paysages forestiers et assurer une compréhension commune de cette nouvelle approche de restauration, échanger les expériences des différents groupes et à développer, d’un commun accord avec les participants, une vision et un plan d’action pour initier la restauration des paysages forestiers en tant que partie intégrante des initiatives de conservation écorégionale mises en œuvre par le WWF et ses partenaires dans la région. Concernant les résultats attendus des travaux de cet atelier, les initiateurs s’attendent à une meilleure compréhension renforcée de la RPF et d’autres initiatives liées à cette RPF, limiter des régions / paysages prioritaires déterminés d’un commun accord, former des groupes de travail restreints mis en place pour développer des programmes de RPF et/ou des propositions de projets pour financement et enfin, la mise en place d’un plan de travail définissant les étapes suivantes. La cérémonie d’ouverture officielle de cet atelier scientifique a été marquée par l’observation d’une minute de silence à la mémoire des victimes des derniers attentats terroristes de Casablanca et ceux du tremblement de terre enregistré dernièrement en Algérie suivie des allocutions de bienvenue de l’université Al Akhawayn d’Ifrane et des représentants des organisme et organisations co-organisateurs de cet atelier sur la restauration des paysages forestier de l’Afrique du Nord. Dans son allocution d’ouverture, M. Mohamed Annouche secrétaire général du département des Eaux et Forêts a tenu à préciser que l’objectif de cette manifestation scientifique est de sensibiliser les responsables et les intervenants à différents niveaux sur la problématique de réhabilitation des écosystèmes forestiers soumis à des contraintes naturelles, notamment les sécheresses et à une exploitation excessive mettant en danger leur équilibre et sur les enjeux majeurs que représentent leur préservation pour les communautés locales, nationales et régionales. Pour l’intervenant, l’intérêt porté au développement des écosystèmes forestiers s’inscrit dans le cadre de la dynamique induite par la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement lors du sommet de Rio en 1992 adoptant plusieurs conventions internationales dont essentiellement celles qui se rapportent à la diversité biologique, aux changements climatiques et à la lutte contre la désertification constituant des instruments qui mettent l’accent sur la nécessité de mettre en place des mécanisme de coordination en vue de tirer meilleur profit des expériences des différents pays dans le cadre d’une solidarité régionale et internationale. Dans cette optique précisa-t-il, les pays de l’Afrique du Nord doivent coordonner leurs efforts pour la concrétisation des dispositions de ces conventions avec l’appui des organisations internationales dans ces domaines. Par la même occasion, M. Mohamed Annouche a tenu à signaler qu’en réponse aux engagements pris dans le cadre desdites conventions internationales, le Maroc a mis au point des outils de gestion durable de ses ressources naturelles synthétisés et mis en cohérence dans le cadre du programme forestier national (PFN) à savoir : le plan directeur des aires protégées, le plan national d’aménagement des bassins versants, le plan directeur des reboisements, l’inventaire forestier national et le programme d’action national de lutte contre la désertification. Sans trop insister sur le rôle des paysages forestiers dans la protection de la biodiversité et des habitats naturels, la conservation des sols et la régulation des eaux, Mohamed Annouche a mis en exergue les grands efforts déployés par le Royaume du Maroc en matière de gestion des ressource en eau dans le cadre de sa politique des barrages entreprise depuis près de cinq décennies comme choix stratégique qui impose une gestion durable des montagnes et des bassins versants principaux pourvoyeurs des ressources en eau dans notre pays. De même, le secrétaire général du département des eaux et foret a tenu à relever les différents projets mis en place avec le concours de la coopération internationale en vue de restaurer les écosystèmes naturels et de sauvegarder la biodiversité et les habitats naturels sur plus de deux millions d’ha. En matière de lutte contre la désertification, Mohamed Annouche a annoncé que la mise en œuvre d’un programme d’action national de lutte contre ce phénomène est en cours avec l’appui de certains pays amis. Pour disposer d’un cadre juridique et institutionnel indispensable à la concrétisation des objectifs stratégiques du Royaume, des projets de lois relatives à la conservation de la biodiversité et au développement durable des zones de montagne et des aires protégées sont en cours d’élaboration et permettront à notre pays de renforcer ses outils juridiques et réglementaires nécessaires à la mise en œuvre des conventions internationales ayant trait à la conservation et au développement des ressources naturelles.