Planification familiale : la qualité des soins passe par l'information
Les fournisseurs d'informations et de services de santé reproductive occupent une place essentielle dans l'équation qui détermine la qualité des soins. >Ils ont la responsabilité de fournir des informations aux clients pour les aider à prendre une déci
07 Janvier 2003
À 17:22
Cependant, l'aptitude des prestataires à offrir des soins de qualité, leur objectif suprême, est influencée par d'autres facteurs, notamment les coutumes et les traditions locales, la culture médicale et la qualité des infrastructures et du système de soins de santé dans lesquels ils opèrent. Les prestataires c'est-à-dire les professionnels de la santé, comme les médecins, les auxiliaires de santé et les sages-femmes, qui offrent des services de planification familiale et de santé reproductive dans des cliniques, des hôpitaux et des collectivités par le biais de services de vulgarisation et d'activités au niveau des collectivités travaillent dans des environnements tant publics que privés et à divers niveaux de la hiérarchie des soins de santé, et ils peuvent présenter différents degrés de formation et de responsabilité. Les prestataires sont eux-mêmes des clients du système des soins de santé dans le sens où leur travail nécessite les infrastructures, la supervision, les équipements et le cadre physique que le système met à leur disposition. De plus, les prestataires, à l'instar de leurs clients, subissent les influences de leur culture locale et traduisent les croyances et les préjugés locaux liés au statut, au sexe, à l'appartenance ethnique et à d'autres facteurs sociaux.
Un rôle important
Constituant le point de contact principal entre les clients et le système des soins de santé, les prestataires jouent un rôle important dans l'identification et la satisfaction des besoins des clientes en matière de santé. Leur aptitude à répondre aux besoins des clientes dépend de leurs compétences techniques et interpersonnelles, des infrastructures de soins de santé dont ils disposent et des perceptions des clientes à l'égard des soins de haute qualité. Si les services et le comportement des prestataires ne correspondent pas aux attentes des clientes, ces dernières souhaiteront se faire soigner ailleurs ou ne plus se faire soigner du tout. Dans certaines régions, les clientes doivent se contenter de soins de qualité médiocre car aucun autre prestataire n'est disponible. L'initiative MAQ (Maximisation de l'accès et de la qualité) de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a identifié 25 indicateurs de la qualité des soins : 13 d'entre eux sont liés aux performances professionnelles des prestataires, 8 concernent les conditions existant sur le lieu de fourniture des services, 3 sont liés à la participation des clients aux soins et un concerne le personnel clinique. Les informations sur les perspectives des prestataires en matière de qualité des soins sont singulièrement limitées. Certains prestataires reconnaissent que leur environnement professionnel pourrait être amélioré mais sentent que la situation n'est pas maîtrisée. Par exemple, la plupart des 54 infirmières sages-femmes auxiliaires interrogées lors d'une étude menée en Inde étaient incapables de définir la qualité des soins ou de décrire dans quelle mesure les services de planification familiale pourraient être améliorés. Dans la même étude, les agents médicaux se concentraient principalement sur les lacunes des infrastructures cliniques, des équipements, des fournitures médicales et des médicaments. Cependant, une étude réalisée au Kenya a révélé que les prestataires et les clients convenaient de l'importance de certains éléments des soins, tels que les coûts abordables, la commodité de l'emplacement, la positivité des attitudes des prestataires, le respect de la vie privée et la confidentialité, ainsi que la disponibilité des approvisionnements. Dans certains cas, les prestataires peuvent être peu disposés à prendre des mesures de nature à améliorer la qualité des soins étant donné qu'elles risquent d'accroître leur charge de travail. Au Malawi, par exemple, les prestataires craignaient que la promotion des services de planification familiale ne multiplie les responsabilités du personnel.
Décentralisation
Une multitude de facteurs, souvent combinés, peut affecter l'aptitude des prestataires à offrir des services de santé reproductive de qualité. Parmi les facteurs les plus courants, l'on peut citer les changements dans le système des soins de santé, les forces et les lacunes du système ou des installations individuelles, la disponibilité des approvisionnements et des équipements, les contraintes imposées par la réglementation et le niveau de compétences des prestataires. Changements au macro-niveau dans les systèmes de santé. Dans un grand nombre de pays en développement, la réforme du secteur de la santé modifie le mode de financement et de fourniture des services de soins de santé. Bien que la réforme ait pour objectifs de favoriser l'accès aux soins de santé et d'améliorer la qualité globale des soins, certains changements risquent de perturber les services de santé reproductive. Par exemple, la décentralisation des soins de santé peut encourager les autorités à limiter les services de soins de santé reproductive ou à augmenter les tarifs. L'instabilité financière du secteur public des soins de santé peut engendrer un conflit de priorités entre organismes et affecter le moral ou les performances des prestataires. De nombreux programmes sont occupés à réorganiser leurs services en vue de proposer un ensemble intégré de services de santé reproductive et d'informations y afférentes, notamment de la documentation et des services consacrés à la santé maternelle et infantile, aux infections sexuellement transmissibles (IST), au VIH/SIDA et à la planification familiale. Le passage à des services intégrés implique de plus grandes responsabilités pour les prestataires qui doivent être compétents dans plusieurs domaines de la santé. Des changements d'une telle ampleur préoccupent souvent les prestataires de services et les empêchent de contribuer à l'amélioration des soins.