Rétrospective de l'année 2003 : l'athlétisme et le tennis encore et toujours
L'athlétisme et le tennis ont constitué en 2003 des motifs de fierté et de félicité pour les Marocains. Grâce à deux athlètes et autant de tennismen, le sport national a pu préserver sa place dans le gotha mondial.
MAP
27 Décembre 2003
À 16:25
L'athlétisme, porte flambeau du sport national, est resté égal à lui-même. Les foulées magistrales de Hicham El Guerrouj et l'exploit inédit de Jaouad Gharib ont permis de maintenir le cap. Pourtant, le début de la saison sera des plus laborieux avec une maigre pitance et une unique médaille de bronze aux mondiaux en salle en mars. En effet, comme 18 ans auparavant à Indianapolis (USA) avec le bronze de Faouzi Lahbi au 800m, la sélection marocaine retournera de Birmingham (Angleterre) avec une 3ème place au podium du 1.500m signée Abdelkader Hachlaf.
Deux semaines plus tard, l'athlétisme national s'est quelque peu repris aux 31èmes mondiaux de cross country de Lausanne (Suisse). La récolte sera meilleure avec quatre médailles de consolation (bronze), dont une pour les juniors filles auteurs d'une première dans les annales de leur participation aux différents mondiaux.
Une moisson encourageante qui a permis aux Marocains de gagner le pari du podium par équipes sans toutefois parvenir en individuel à renouer avec le sacre. Puis, en août, ce fut les mondiaux de Saint-Denis, en plein air.
Le Maroc occupa une honorable neuvième place (2 or, 1 argent) grâce à El Guerrouj et Gharib, un inconnu sur le marathon qui avait débarqué à Paris sans fanfare mais en est reparti avec les lauriers, avec à la clef le record des championnats (2h 8min 31).
Le meilleur miler au monde, Hicham El Guerrouj, a confirmé sa mainmise sur le 1.500m en réalisant la passe de quatre sur sa distance de prédilection. Il a même failli gagner son challenge audacieux (1500/5000m).
Hélas, il a raté d'un cheveu la consécration sur la seconde épreuve.
Cette médaille d'argent a son pesant en or puisqu'elle a permis à la sélection d'égaler la moisson d'Edmonton (2001) en dépit des absences forcées pour blessures (Nezha Bidouane, Hasna Benhassi et Abdelkader Mouaziz) et de la suspension pour dopage du recordman du monde du 3.000m steeple Brahim Boulami.
Amina Aït Hammou a calé au pied du podium mais a montré qu'elle est compétitive et c'est dans l'adversité qu'elle doit chercher ce «petit quelque chose» pour franchir ce palier supplémentaire et entrer de plein pied dans le gotha mondial. Des lendemains meilleurs semblent attendre l'athlétisme. L'extension de l'Institut national d'athlétisme pour porter sa capacité d'accueil, dans une première phase, de 115 à 220 pensionnaires pourrait assurer la continuité.
Le tennis est l'autre discipline qui a brillé de mille feux. Deux hommes, Younès El Aynaoui et Hicham Arazi, ont réussi à propulser de nouveau la sélection parmi les seize meilleures nations de la petite balle jaune.
Au plan individuel, El Aynaoui, le gentleman des courts, a prouvé qu'il a encore les crocs en livrant un match d'anthologie avec une cinquième manche perdue par 21-19 lors de l'Open d'Australie face à Andy Roddick qui achèvera la saison à la première loge mondiale.
Younès améliore son classement mondial pour clore 2003 en 13ème position (296 points) terminant pour la première fois de sa carrière dans le Top-20.
Il n'a remporté aucun titre cette année mais a sorti de belles prestations pour jouer une finale au grand prix Hassan II, des demi-finales à Long Island (USA), au master series de Madrid et à Doha, mais également des quarts à Halle, Miami TMS, US Open et à l'Australian Open.
Arazi, en pente douce cette année, a fait de la coupe Davis une sorte de rampe de lancement pour faire oublier les déceptions du démarrage de la saison, à cause de blessures répétitives et d'un manque de concentration chronique. Professionnel, depuis 1993, le gaucher fera une belle remontée pour se hisser de la 76ème (2002) à la 48ème place en fin de saison. Les qualifications pour le groupe mondial de coupe Davis seront le champ de bataille où les deux mousquetaires excelleront avec des matches homériques face aux Italiens et surtout aux Anglais. Au premier tour de ce groupe, en février 2004, ils seront appelés à défendre le rang du tennis national en accueillant les Argentins. Dans les autres disciplines individuelles, le Judo s'en sort bien avec l'émergence d'une nouvelle génération de judokas qui trépignent à l'approche des Jeux Olympiques.
L'espoir du tatami national Safouane Attaf s'impose au fil des tournois en signant au passage quelques titres majeurs dont celui de champion africain juniors au Burkina Faso et arabe en Egypte, Ahamdi (or des tournois de Casablanca et de Bondy en France), Laknifli (or à Bondy) et Ibtissam Zaoui, championne africaine et arabe. Les points olympiques glanés dans les différents tournois étant insuffisants pour arracher le billet d'Athènes, les représentants marocains aux J.O ne seront plus ou moins connus qu'en mai lors de l'ultime phase qualificative continentale à Tunis.
Toujours dans le registre des sports de combat, les taekwondiens n'ont pu non plus réserver leur ticket de voyage pour la Grèce et seul Abdelkader Zrouri, 5ème au tournoi de Paris, est en position d'attente en cas de désistement de l'un de ses devanciers.
Mais, il jouera son va-tout, tout comme les trois autres taekwondiens (Mouna Benabderassoul, Mounia Bourguig et Fayçal Ben Taleb), lors des éliminatoires africaines prévues en Egypte, janvier prochain.
La boxe, une discipline qui a donné des médailles au sport national, n'a pas émergé cette année et le staff technique envisage de relancer la machine et de se rattraper lors des éliminatoires qualificatives pour Athènes à Casablanca dès janvier (15-22) pour garantir le passage d'un grand nombre de pugilistes. A Sydney, cinq boxeurs seulement étaient de la fête.
Les Olympiades tant prisés pour les sportifs se profilent à l'horizon et les huit mois nous séparant de cette échéance, une période relativement courte, doivent être mis à profit pour mieux préparer les représentants nationaux.