Un réseau de centres informatiques : le futur de l'informatique
Le Centre européen de recherche nucléaire (CERN, basé à Genève) a lancé la première phase de ce qui pourrait bien s'avérer le futur de l'informatique, à savoir la mise en place d'un réseau de centres informatiques répartis à travers la planète et reliés e
MAP
26 Novembre 2003
À 18:02
Les scientifiques du centre de recherche sur la physique nucléaire ont en effet réalisé que le Large Hadron Collider (LHC), allait générer une somme de données équivalent à 20 millions de CDs (Compacts discs).
En fait, d'ici à 2007, date de l'entrée en service du LHC, il ne s'agit pas seulement de résoudre le problème du stockage des données émanant du collisionneur : L'analyse de ces données s'avère en effet tout aussi problématique, puisqu'il faut pas moins de l'équivalent en puissance de 70.000 ordinateurs de nos jours, et des plus rapides. Aussi, et au lieu d'investir dans l'achat d'ordinateurs, le CERN a opté pour une solution différente, à savoir le "Grid", un réseau de centres informatiques répartis sur le globe et reliés entre eux, créant ainsi des ressources virtuelles. Grâce à un tel réseau, un scientifique pourra par exemple avoir à disposition la puissance d'un super-ordinateur se trouvant dans un autre pays comme s'il était dans la pièce d'à côté.
"L'idée était de répartir les ressources pratiquement n'importe où. Et d'y avoir accès depuis son bureau", expliquera à la presse Ian Bird, chef de projet pour le développement du "Grid". On sait que le CERN est célèbre dans le monde des nouvelles technologies pour être le berceau du World Wide Web, qui rendit Internet utilisable par le plus grand nombre. Et le "Grid" pourrait bien faire franchir à ce concept une étape supplémentaire.
"L'idée de base du Web était de partager les informations. Il a rendu accessibles des documents ou des bases de données, alors que le +Grid+ ouvre l'accès à des ressources informatiques", explique Ian Bird. Le chercheur compare encore le "Grid" du CERN au réseau électrique : les utilisateurs se soucient peu de savoir d'où vient le courant mais plutôt s'il y en a.
La première phase du projet implique de gérer une série de prototypes de services dont la taille et la complexité vont s'accroître petit à petit. Le nouveau système détermine quelles sont les ressources nécessaires pour accomplir une tâche donnée, mobilise un espace informatique quelque part dans le monde et renvoie le résultat au chercheur.
Au départ, le "Grid" va mettre en réseau des centres informatiques dans 16 pays. Les analyses de données vont débuter en 2004, afin de voir si le système parvient à appréhender une charge de travail aussi complexe. L'Union européenne (UE) finance les réseaux prévus qui seront utiles à la science et à l'industrie, et des compagnies privées ont déjà affiché leur intérêt pour cette nouvelle technologie. Il est vrai que l'on ne sait pas encore exactement à quelles applications le "Grid" pourrait mener à l'avenir, comme ce fut le cas quand le Web a fait son apparition. Toutefois, il apparaît d'ores et déjà certain que ce projet devrait offrir aux utilisateurs des ressources informatiques inédites qui ouvrent d'importantes perspectives.