Spécial Marche verte

Une région au patrimoine ancestral : le Gharb, constellé de sites archéologiques

La vaste et fertile plaine du Gharb, traversée par le fleuve Sebou, dans le nord-ouest du Royaume, a depuis les temps immémoriaux attiré des groupements humains dont la présence et la marque se révèlent à travers des sites archéologiques remontant loin da

15 Juin 2003 À 16:29

Déjà à l'époque romaine, ce fleuve, navigable à merci, donnait accès à des étendues fertiles faisant partie de la Maurétanie Tengitane. Le nom du fleuve «Soubouss» se retrouve bien avant, dans la relation du périple de l'amiral carthaginois Hanon qui l'a traversé au VIe siècle Av-J.-C. Il a de même été décrit par l'auteur latin, Pline, comme «un magnifique fleuve propice à la navigation».
C'est, d'ailleurs, sur les bords de ce fleuve qu'ont été bâties la cité historique de Tamousida, sur la rive gauche, à quelque 10 Km au nord de Kénitra et le site archéologique de Banassa, situé à proximité du mausolée Ali Boujnoune, à environ 14 Km de Machraâ Bel-Ksiri.

Devenue province romaine, cette région verdoyante de l'Afrique du Nord, s'est vue subdivisée, au IVe siècle Av-J.-C, en Maurétanie Tingitane à l'ouest de la Moulouya, en Maurétanie Césarienne de la Moulouya au Rummel et en Maurétanie Sétifienne, partie orientale de l'Afrique du Nord. En Maurétanie Tingitane, les Romains fondèrent des villes, des unités industrielles, des exploitations agricoles, des forteresses, des réseaux routiers et des tours pour assurer la sécurité des voies de commerce et lutter contre les incursions ennemies.
La région comptait plus de 150 ouvrages et fortifications, suivant une ligne intégrant la cité romaine de Volubilis et plusieurs autres sites archéologiques, vestiges du passé romain de la région et de ses liens séculaires avec les civilisations méditerranéennes.

Avec l'avènement de l'Islam au Maroc, la région a vu l'émergence de cités policées et prospères, compte-tenu de ses multiples atouts. Elle se trouve aussi dépositaire d'un riche patrimoine archéologique remontant à l'époque arabo-musulmane et témoignant du rôle fondamental joué par le Maroc sur l'aile occidentale de «Dar Al Islam» et en Andalousie.



Ere florissante

La ville de Basra, fondée en 806 JC par My Idriss Al Azhar (actuellement située dans les limites territoriales de la province de Sidi Kacem) est un témoignage de cette ère florissante. Toute cette partie a été dotée d'infrastructures routières par les Almoravides (du IXe au Xe siècles), complétées, par la suite, par les Almohades (du XIIe au XIIIe siècles), avec l'émergence de cités fort bien aménagées telle la Kasbah «Al Mahdia», construite par le Sultan Almohade Abdel-Moumen qui y fit établir un vaste chantier naval pour faire face aux entreprises adverses en Andalousie.

Les fouilles archéologiques effectuées sur ses sites ont démontré que cette ville était peuplée depuis la préhistoire.
Les différents historiens de l'époque islamique dont Ibn Hawkal, Al Bakri, Al Idrissi, Ibn Dahri, Ibn Khaldoun et Hassan El Wazzan ont relaté dans leurs œuvres les différents aspects du rayonnement culturel et social de cette ville bastion, adossée à la forêt exubérante de la Maâmora.

Cette cité a d'ailleurs fait l'objet, au cours des années quatre-vingt, d'un projet maroco-américain de fouilles archéologiques portant sur des sites islamiques.
Durant les années quatre-vingt-dix, des fouilles ont permis la découverte, dans la région, d'objets historiques et d'outils remontant au début de l'âge de pierre. La Kasbah de Mehdia, premier agrégat urbain découvert dans la région existait déjà du temps du sultan Moulay Idriss, dont la position à l'embouchure du fleuve Sébou la disposait à servir de port d'attache des navires marocains.

Cette Kasbah a été occupée par le Portugal en 1515 et nommée «San Juan de la Maâmoura», puis a pris le nom de «San Miguel De Ultramar» sous l'éphémère occupation espagnole (XVIIe siècle). La ville impériale de Ouazzane, édifiée au 17e siècle par le chérif d'Ouezzane Moulay Abdellah, et qui renferme des sites historiques tels la Grande Mosquée et les vestiges d'une forteresse, constitue, avec la Kasbah de Kénitra, construite par Moulay El Hassan Ier en 1891, des atouts importants dignes d'être valorisés en perspective de leur inscription dans des circuits touristiques porteurs pour le développement d'une région au patrimoine ancestral.
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