Urbanisme : l'Agence urbaine doit suivre le développement de la ville
Le problème de l'aménagement territorial de Casablanca hante plusieurs personnes. L'extension rapide de la ville fait peur aux citadins. Quelles sont les perspectives de son développement ? La capitale économique arrivera-t-elle à surmonter les obstacles
LE MATIN
07 Janvier 2003
À 19:59
Créée par le ministère de l'Intérieur en 1984, l'Agence urbaine est chargée de mettre en œuvre le schéma directeur d'Aménagement et d'Urbanisme de la Wilaya du Grand Casablanca. Et ce, afin de bien maîtriser le développement urbanistique de la ville qui se divise en trois grandes zones : une zone industrielle à l'Est, une zone résidentielle à l'ouest et une zone d'extension d'habitat économique au sud est. « Ces trois zones s'articulent autour d'un noyau central, composé du port, de l'ancienne médina et d'un centre d'affaires ». L'agence se divise en quatre départements : planification et études, vérification des conformités, promotion urbanistique et affaires juridiques et foncières. En fait, le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme s'articule autour de plusieurs options fondamentales. Les responsables s'assignent pour objectif primordial de : corriger les tendances naturelles du développement urbain de la ville. Développer un schéma linéaire côtier entre Casablanca et Mohammedia, appuyé sur les infrastructures de transport déjà existantes (autoroute, voie ferrée, route côtière). Répartir les fonctions centrales, en créant des pôles secondaires autour des nouveaux complexes administratifs. Réduire le clivage entre l'habitat et les activités par une meilleure répartition des zones industrielles. Assurer l'efficacité des transports collectifs, en modernisant et développant le parc autobus et en utilisant la voie ferrée existante comme desserte urbaine. Mettre en place les moyens de gestion et de contrôle du développement urbain par l'établissement de documents d'urbanisme et par l'adoption d'une politique foncière appropriée.
«Léger décalage»
En effet, chaque commune possède un plan d'aménagement et de planification définissant les travaux qu'elle peut réaliser. Ces plans ont été homologués en 1989. Les responsables ont défini un certain nombre de projets, notamment le réaménagement de l'avenue des FAR où débouchera, sur le futur théâtre national, l'axe projeté entre la place oued Al Makhazine et Bab Marrakech. Le développement des activités balnéaires et touristiques au prolongement de la corniche au-delà du sanctuaire de Sidi Abderrahmane. L'élargissement de la voie côtière située entre les deux ports et le traitement adapté aux différents secteurs traversés. La création d'un axe urbain structurant allant du complexe administratif d'Aïn Sebâa Hay Mohammadi au littoral ponctué de place aménagée. La création d'un port de plaisance et le renforcement de l'attrait de Mohammedia… Où en est aujourd'hui le schéma directeur d'aménagement de la capitale économique ? Selon l'agence urbaine, ce schéma et les plans d'aménagement ont permis de maîtriser la croissance urbaine et d'atténuer les équilibres spatiaux qui affectaient la ville de Casablanca à la fin des années soixante-dix. « Nous sommes en léger décalage qui ne peut qu'être bénéfique pour la ville. En 1984, on prévoyait qu'en 2000, la métropole compterait quatre millions d'habitants. Or, le recensement de 1994 a montré qu'en 2000, les Casablancais ne seraient que trois millions et demi car il y a un fléchissement de la croissance. Le taux de croissance est passé de 3,2 à 2,2 %. La ville n'a pas craqué comme on le prévoyait », affirme Bouhaya. Aussi, les responsables affirment-ils qu'ils n'ont pas peur que la ville grandisse. Ils espèrent seulement que son développement sera équilibré pour que chaque citoyen puisse trouver les infrastructures suffisantes pour son bien-être. Le problème de l'immigration est aujourd'hui atténué par le développement d'autres villes telles que Bouznika, Settat et Al Jadida. Dans le cadre de la mise en œuvre du schéma directeur, l'agence urbaine a participé à l'élaboration des études sectorielles. On peut citer entre autres : l'aménagement des abords de la mosquée Hassan II, de la Sekkala et la corniche. « Il y a un avant-projet de l'aménagement de la zone de la corniche qui est presque finalisé, en cours d'approbation par les autorités supérieures ». L'agence a également aménagé une zone d'activité de 110 hectares à Ouled Saleh. Les responsables sont on ne peut plus optimistes et tranquillisent les citoyens : « Les problèmes que connaît la ville ne sont pas colossaux. Ils sont maîtrisables à condition qu'on se tient à une rigueur dans la gestion de l'espace urbain. Les lois ne sont pas parfois appliquées. Ce qui engendre un certain nombre de débordements. Les gens ne respectent pas les règles », annonce Bouhaya. Néanmoins, les citadins sont en colère et manifestent souvent leur mécontentement quant à plusieurs problèmes tels que le transport et la circulation. Ils reprochent aux responsables de maquiller la réalité. Le schéma directeur doit toujours être réajusté selon les exigences du développement ; développement conditionné par la mondialisation. Casablanca doit être à la hauteur des aspirations et des défis nationaux et internationaux car elle est le cœur battant du Royaume.