Association musulmane de bienfaisance : un refuge pour les viellards et les enfants sans familles
L'association musulmane de bienfaisance, présidée par Lhaj Abdellatif Ajana, sise au quartier Sidi Saïd a été créée en 1937 et, affiliée depuis 1957 à l'entraide nationale, elle coiffe aujourd'hui trois établissements sociaux à savoir la maison des enfant
LE MATIN
12 Novembre 2004
À 15:32
Votre association supervise 3 établissements. De quoi s'agit-il en fait ?
La maison des enfants et celle des jeunes filles situées à Sidi Saïd comportent respectivement 10 et 2 dortoirs et un réfectoire chacune. L'asile des vieillards a 5 pavillons avec plusieurs dortoirs et son annexe possède 3 dortoirs.
Et l'effectif actuel des pensionnaires ?
A l'asile des vieillards et son annexe, nous accueillons 170 personnes âgées de 40 à 80 ans, dont 59 sont handicapées mentaux ; A Sidi Saïd nous avons 36 jeunes filles âgées de 8 à 22 ans et scolarisées du primaire au baccalauréat et 200 pensionnaires-dont 40 adultes non scolarisés hébergés à Dar Talib à proximité - scolarisés du primaire à l'université. Les pensionnaires sont d'horizons divers. Ils viennent de Rabat, Moulay Driss, El Hajeb, Jerri, Sidi Kacem et de Meknès. Ils sont souvent orphelins ou sans famille ou encore de parents très pauvres.
Pouvez-vous nous présenter les ressources humaines ?
Le personnel est au nombre de 68 au total réparti comme suit : 17 détachés de l'entraide nationale, 2 des collectivités locales, 2 de la santé publique et 43 personnes sont des salariés de l'association.
Quel bilan faites-vous de votre action ?
Réponse : L'intervention de la Fondation Mohamed V pour la solidarité au niveau de l'association musulmane de bienfaisance a été capitale puisqu'elle a redonné vie et sens à l'établissement. Des travaux divers ont été effectués au niveau des différents pavillons et des équipements vitaux lui ont été fournis.
Qu'en est-il des projets pour l'avenir ?
Nous avons un projet en cours de réalisation, celui du réaménagement de l'asile des vieillards. Des travaux de carrelage peinture, électricité, plomberie, menuiserie et ferronnerie sont sur le point d'être achevés grâce à la contribution généreuse des bienfaiteurs.
Rencontrez-vous des problèmes ? De quels genres et quelles solutions préconisez-vous ?
Plusieurs questions préoccupent le comité. Il y a tout d'abord les 40 adultes non scolarisés, les familles hébergées à l'annexe de l'asile, les 43 salariés de l'association et les pensionnaires venant d'autres régions. Tout cela pose des problèmes d'ordre matériel et organisationnel. Nous avons réussi récemment à isoler les 40 adultes non scolarisés. Un réfectoire leur sera affecté. Les familles de l'annexe seront transférées au centre. Pour ce qui est du problème matériel, il faudrait trouver des ressources pérennes par la réalisation d'un projet immobilier avec un partenaire à la place de la villa, propriété de l'association.
On pourrait également prévoir des projets immobiliers sur les terrains situés à proximité de l'établissement de Sidi Saïd et de l'asile (3 ha) si on arrive à acquérir ces terrains qui sont domaniaux. Ces projets pourront résoudre définitivement les problèmes matériels chroniques. On ne peut pas solliciter l'aide des gens indéfiniment.
Qu'attendez-vous de l'association des œuvres sociales de la préfecture ?
Qu'elle se penche sérieusement sur la maigreur du budget de l'association et aider l'A.M.B à jeter les bases de ressources pérennes. De la sorte, on améliorera les conditions d'hébergement, de scolarisation et de couverture sanitaire des pensionnaires. On pourra en d'autres termes venir en aide efficacement et durablement aux enfants orphelins ou issus de familles démunies.