Attentat à Bagdad : libération d'un négociateur de Falloujah
Quatorze personnes ont été tuées en 24 heures en Irak, dont six dans un attentat à la voiture piégée à Bagdad, alors que la libération d'un négociateur de Falloujah laisse espérer une reprise des tractations pour une solution pacifique dans le bastion sun
AFP
18 Octobre 2004
À 14:59
L'attentat dans le sud de Bagdad tard dimanche visait un convoi de la police, a indiqué lundi le ministère de l'Intérieur, précisant qu'il a fait six tués, dont trois policiers, et 26 blessés dont 11 policiers.
Selon le porte-parole du ministère, le colonel Adnane Abdelrahmane, l'attentat a été commis avec une voiture contenant 500 à 600 kg d'explosifs.
L'un des blessés civils a indiqué que le convoi se composait de six ou sept voitures de la police. "Nous étions attablés dans un café quand l'explosion a eu lieu, détruisant les deux derniers véhicules du convoi", a-t-il raconté.
C'est l'une des rares fois où un attentat est commis dans Bagdad en pleine nuit, la ville étant normalement désertée dès le début de la soirée.
Il s'agit aussi du premier attentat dans la capitale depuis le début du mois de jeûne musulman du ramadan vendredi. Les fidèles qui s'abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil ont l'habitude de veiller tard et de se réunir dans les lieux publics comme les cafés.
Quelques heures plus tard, deux bombes artisanales ont explosé à Bagdad, tuant deux civils. Le premier a péri dans l'explosion d'une bombe au passage d'un convoi de l'armée américaine dans l'ouest de la capitale, selon la police.
Près de l'Université de Bagdad, dans le sud de la capitale, un étudiant au volant d'une voiture a été tué par l'explosion d'une bombe, qui a fait également deux blessés, selon une source hospitalière.
Dans le nord, cinq Irakiens ont été tués et 15 autres blessés par l'explosion d'une voiture piégée dimanche à Mossoul, selon l'armée américaine, tandis que le corps décapité d'un interprète irakien qui travaillait pour l'armée américaine a été retrouvé lundi au sud de la ville, selon la police.
Enfin, sept policiers ainsi qu'une femme et son enfant de trois ans ont été blessés dans des accrochages entre policiers et rebelles à Baaqouba, ont indiqué la police et l'hôpital de cette ville située au nord-est de Bagdad.
Dans le même temps, la ville rebelle sunnite de Falloujah, à l'ouest de Bagdad, restait sous pression militaire américaine.
La libération lundi à l'aube par l'armée américaine de l'un des négociateurs de la ville, au terme de trois jours de détention, a cependant ravivé l'optimisme quant à une issue pacifique à cette situation.
"Il a été bien traité, il est en bonne santé et se trouve parmi les siens", a indiqué le commissaire de police Adnane Ali Hussein, qui s'est présenté comme le cousin de cheikh Khaled Hammoud.
Un autre membre de la délégation de la ville, cheikh Abdel Hamid Jaddou, a affirmé de son côté que la libération était "un pas dans la bonne direction".
"Si les bombardements (américains) s'arrêtent, ce sera un autre pas positif et les canaux de la négociation pourront être rouverts", a-t-il dit à l'AFP.
Samedi, cheikh Jaddou avait affirmé que les négociateurs étaient prêts à reprendre les tractations avec le gouvernement, à condition que l'armée américaine mette un terme aux raids aériens et libère cheikh Hammoud.
La délégation de Falloujah avait annoncé jeudi la suspension des contacts pour protester contre les propos du Premier ministre Iyad Allaoui, qui avait menacé la veille la ville d'une offensive d'envergure si ses habitants ne livraient pas l'islamiste Abou Moussab al-Zarqaoui et ses hommes.