Spécial Elections 2007

Finale Tunisie-Maroc : le onze national avait tout à gagner

Le onze national a perdu le match qu'il ne fallait pas ; mais dans tous les cas de figure il aura accompli sa mission de la plus belle des façons. Car vaincre une équipe supportée par 60.000 spectateurs en délire est une entreprise qui destabiliserait l

14 Février 2004 À 21:38

Pour la majeur partie d'entre eux une pression pareille est au dessus de ce que peuvent supporter leur jeunes épaules. Mais il était écrit quelque part que même en revenant dans la rencontre, cette maudite pression avait déjà fait de l'effet. Fouhami, pourtant habitué des compétitions d'envergure, a commis l'irréparable en lâchant le ballon et offrant un ballon en or, et par là même la Coupe d'Afrique à Zyad Jaziri et la Tunisie.

Handicapé par des joueurs amoindris ou qui sortent d'une blessure ou d'une maladie (cas de Talal dont le genou souffrait le martyre tout au long de la rencontre et puis Zaïri sujet à une forte grippe), le onze national a joué une partie héroïque. A cette situation s'ajoute la tactique d'homme à homme, pratiquée par les Tunisiens avec la bénédiction de l'arbitre sénégalais, Falla, que le public marocain respectait et appréciait.

Et pourtant dans une déclaration, un supporter tunisien affirmait à qui veut l'entendre qu'il «était inconcevable que l'on nous désigne un arbitre d'un pays qu'on vient d'éliminer en demi-finale». C'est dire l'appréhension que le public avait de cette désignation ; peut-être pas ceux qui ont pensé à M. Falla.

Si la sélection marocaine avait, parfois, retrouvé le jeu qui était sien et qui avait fait sa force tout au long de cette compétition, il n'en demeure pas moins que tout au long de ce match, les joueurs marocains n'ont jamais donné l'impression d'être à l'aise. Mais perdre, cela fait partie du jeu. Ses larmes en fin de partie nous ont tellement émus mais, ni l'excellent entraîneur Baddou Zaki, ni ses protégés n'ont à rougir de cette défaite. Même les plus perspicaces ne l'attendaient pas, ainsi, que son jeune groupe à ce stade de la compétition.

Car jouer une finale de Coupe d'Afrique des Nations était un rêve que l'on caressait depuis fort longtemps. Surtout lorsque des équipes comme le Cameroun, le Nigeria ou le Sénégal étaient en lice.

Une fois encore, un grand bravo à ces jeunes footballeurs et à leur coach qui nous ont permis de vivre des moments inoubliables et qui ont permis à tout un peuple d'être rassuré sur son football et sur la suite des compétitions internationales, notamment les qualification pour la Coupe du monde 2006.

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Ils ont dit :


Baddou Zaki : « il faut reconnaître que nous avons commis des erreurs qu'il serait superflu de discuter maintenant. Le but inattendu que nous avons encaissé contre le cours du jeu a totalement perturbé nos cartes. Les changements que nous avons opérés ont été en fonction du but marqué et non pour égaliser. L'état de l'équipe, vous le connaissez ! ce que je redoute toujours ce sont les blessures, la méforme, les expulsions. Le mauvais sort s'est acharné sur nous en nous privant d'éléments incontournables. En tous les cas, nous avons terminé sur le podium, résultat que beaucoup d'équipes avant nous n'ont pas réussi.

Roger Lemerre ( entraîneur de Tunisie) : «Bien entendu, je suis très satisfait de mes joueurs. Je voudrais les féliciter tellement ils ont livré un combat très héroïque. Remporter la Coupe d'Afrique des Nations est une consécration que tout entraîneur cherche en venant dans cette compétition. Elle est la récompense d'un dur labeur auquel nous nous sommes tous associés, joueurs, staff technique et responsables du football tunisien».

Fiche technique :
Coupe d'Afrique des nations 2004 :
Finale à Radès (Stade du 7-novembre): Tunisie bat Maroc 2 à 1 (mi-temps: 1-1)
- Temps: beau
- Terrain: excellent
- Spectateurs: 60.000
- Arbitre: M. Falla (SEN)
- Buts Tunisie: Santos (5), Jaziri (52) - Maroc: Mokhtari (38)
- Avertissements Tunisie: Jaziri (60) - Maroc: Roumani (22), Naybet (77), Regragui (90)
- Les équipes: Tunisie: Boumnijel - Trabelsi, Hagui, Jaidi, Clayton - Bouazizi (cap.), Nafti (Mnari, 46), Chedli - Benachour (Ghodhbane, 57), Jaziri (Mhadhebi, 71), Santos.
- Maroc: Fouhami - Ouaddou, Naybet (cap), El Karkouri - Regragui, Kissi, Safri (el Yaagoubi, 63), Mokhtari, Roumani (Zaïri, 74), Y. Hadji (Nabil, 87).

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Le palmarès :

Palmarès de la Coupe d'Afrique des nations de football après la victoire de la Tunisie en finale de la 24e édition, samedi à Radès.
1957: Egypte 1959: Egypte 1962: Ethiopie 1963: Ghana 1965: Ghana 1968: Congo-Kinshasa (actuelle RDC) 1970: Soudan 1972: Congo 1974: Zaïre (actuelle RDC) 1976: Maroc 1978: Ghana 1980: Nigeria 1982: Ghana 1984: Cameroun 1986: Egypte 1988: Cameroun 1990: Algérie 1992: Côte d'Ivoire 1994: Nigeria 1996: Afrique du Sud 1998: Egypte 2000: Cameroun 2002: Cameroun 2004: Tunisie alu/bvo
AFP
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Comment ils ont évolué :

On peut avancer sans craindre de se tromper que le onze national a joué en deça de ses moyens et de son niveau habituel. Car depuis le début de la compétition il a joué en augmentant de volume à chaque match.

Les joueurs tournant à un régime qui monte crescendo n'ont pas abordé la finale avec la confiance requise. Une rencontre débutée avec des moments de flottement de la part de Akarm Romani qui avait tout intérêt à garder sa concentration car il avait devant lui un client loin d'être commode en la personne de Zyad Jaziri.

Mais il ne fut pas le seul à qui l'on doit faire des reproches ! Le milieu du terrain où Safri régnait en maître dans toutes les rencontres était déconcentré sans raison apparente. Le gardien marocain, on le savait toujours moins sûr lorsqu'il y a des batailles dans l'air. Mais de là à lâcher un ballon aussi facile …
En tous les cas lorsque le milieu du terrain n'accomplit pas sa mission comme il se doit, il y a lieu de craindre le pire.

Fouhami : il faut le signaler ses moments d'hésitations nous ont coûté cher. Avec sa grande taille, il devrait régner en maître absolu sur les balles aériennes.

Walid Regragui : a été très actif sur son aile comme à l'accoutumée mais on le sentait crispé jusqu'au moment où le onze national égalisa.
Mais lorsque le second but des tunisiens le surprit, il batailla sans grande conviction.

Akram Romani : fit un début de match très brouillon. Il destabilisa ses coéquipiers par son manque d'assurance. Il y avait toujours Talal derrière pour remédier aux éventuelles bévues.

Abdesalm Ouaddou : fit un grand match. Il était au four et au moulin. Talal blessé, il supporta tout le match en compagnie de Naybet.

El Karkouri : Même handicapé par une blessure à la cuisse pas totalement rétabli, il a fourni un match héroïque. Dommage qu'il n'ait pas terminé cette compétition sur une autre note.

Naybet : comme à son habitude, il a fait un match plein. Au four et au moulin, il n'a pas perdu son assurance devant des Santos, Jaziri et Slim Benachour.

Mokhtari : il a longtemps cherché son pied gauche mais la dureté du jeu, souvent bénie par le laisser-faire de l'arbitre a tout de même marqué le but de l'égalisation.

Safri : pas du tout à l'aise ! Incompréhensible de la part d'un garçon qui a fait preuve d'une maîtrise admirable.

Kissi : comme à son habitude, il a sombré comme le reste de l'équipe, dans un tourbillon de déconcentration dont le public tunisien était le premier auteur.

Hajji : le jeune Youssef était partout ! il courait, inquiétait les défenseurs, partit rapidement à l'attaque, il fut à l'origine de la passe de l'égalisation par Mokhtari

Chemmakh : il a beaucoup couru, le jeune Marouane. Mais souvent pris dans la tenaille, quelque peu irrégulière, des défenseurs tunisiens, fut incapable de s'exprimer.
Les remplaçants n'ont pas apporté quelque chose de positif. Dommage !
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