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Grand angle sur le Centre de qualification professionnelle des arts traditionnelles : former les jeunes à des métiers en voie de disparition

Le Centre de qualification professionnelle des arts traditionnelles de « Triq El Mersa » est l'un des six centres de formation aux métiers « traditionnels » que compte la région de Rabat. Relevant de la délégation régionale de l'artisanat, ce centre dispe

14 Août 2004 À 16:09

La formation essaie de combiner trois aspects de formation : théorique, pratique et artistique en vue de développer créativité des apprentis.
En dépit de la souplesse du système des études, les responsables du centre assistent, impuissants, au départ de beaucoup d'apprentis avant la fin de leur formation. Pourtant, certaines filières comme la cordonnerie sont très prisées par les entreprises d'ici et d'ailleurs.

Créé pendant les années 40, le Centre de qualification professionnelle des arts traditionnelles dispense une formation professionnelle diplômante en trois filières à savoir la cordonnerie, la maroquinerie et la reliure. Le centre dispose de 4 salles de cours, un atelier pour les travaux de cordonnerie, un autre pour la maroquinerie et la reliure, deux magasins pour le stock des matières premières, une cellule pour la formation par apprentissage, une salle de projection et une bibliothèque. En plus, dans le cadre d'un partenariat avec l'Union européenne, le Centre a été doté de six machines à coudre, d'un banc de finissage, d'une machine à égaliser, d'une machine à piquer, d'une fraise, d'une photocopieuse et d'ordinateurs. Les matières premières sont gratuitement fournies par l'État.

D'une durée de deux ans, la formation dans ce centre s'articule, pour ce qui est de la maroquinerie et de la reliure, autour de deux niveaux, spécialisation et qualification. Pour accéder au premier, les candidats devraient avoir entre 15 et 23 ans et justifier d'un niveau scolaire minimum égal à la 6e année de l'enseignement fondamental. Pour le niveau qualification, seuls les jeunes de plus de 25 ans, titulaires d'un certificat d'étude de la 9e année de l'enseignement fondamental pourraient y accéder. Toutefois, un système de passerelles a été mis en place entre les différents niveaux d'enseignement permettant aux jeunes stagiaires de passer automatiquement au niveau qualification et d'améliorer leurs aptitudes professionnelles. Pour ce qui est de la formation en cordonnerie, elle est dispensée uniquement au niveau qualification. Les candidats devraient également réussir le concours d'accès qui se tient deux fois par an (sessions de juillet et septembre). Et c'est la filière de la cordonnerie qui semble le plus intéresser les jeunes.

Le Centre de qualification professionnelle des arts traditionnelles a élaboré un programme à travers lequel elle essaie d'associer trois aspects de formation : théorique, pratique mais aussi artistique pour « actualiser les savoir-faire et permettre à l'apprenti de développer une certaine créativité ».

D'où des matières comme l'histoire de l'art, la calligraphie, le dessin d'art et le dessin professionnel. Des matières d'ordre général sont également enseignées afin de favoriser une meilleure intégration du jeune artisan dans l'environnement professionnel. Il s'agit notamment de la comptabilité, du code du travail, des mathématiques, de l'informatique, du français et de l'anglais.
À la fin de leur formation, les jeunes sont appelés à passer des stages dans des entreprises d'artisanat suivant leur spécialité.

Malgré les efforts du Centre pour ouvrir ces trois secteurs sur les nouvelles technologies et les nouveaux procédés de fabrication en vue d'une meilleure qualité des produits artisanaux, un intérêt particulier est accordé au travail manuel. Les responsables de la formation font en sorte que l'apprenti ne soit pas dépendant de la machine en lui apprenant qu'avec des outils simples, il peut fabriquer une chaussure.

Le centre compte quelque 70 apprentis, provenant tous de la région de Rabat. Mais Les formateurs se plaignent de la non-assiduité des apprentis. Selon eux, moins de 60 % des élèves sont assidus. Les autres abandonnent vite leur formation.
Les jeunes qui viennent ici sous-estiment le métier de l'artisanat et sont impatients.

Certains parents ont également cette profonde incompréhension du secteur et croient que le Centre est fait pour les délinquants et les gens qui ont raté leur scolarité. Les responsables essaient tout le temps de les convaincre de l'utilité de ces formations en leur expliquant que le Centre pourrait leur offrir de belles perspectives et en les mettant en contact avec des personnes qui y ont été formées et qui ont fini par monter leurs propres affaires et réussir leurs vies
Pour faire face à cette situation d'une part et améliorer le rendement de cette structure d'une autre, les responsables de la maison de l'artisan comptent faire connaître le centre au niveau régional, repenser son programme de formation, ajouter d'autres filières comme la confection d'objets de cuir.

Le Centre souhaite également bénéficier d'une autonomie morale et financière pour pouvoir par exemple commercialiser les produits fabriqués par les apprentis et injecter les recettes dans les domaines l'équipement et la formation.
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