L'hôpital Arrazi se veut également une structure d'accueil pour les adolescents et les toxicomanes
Tout le monde ne sait pas que l'hôpital Arrazi dispense des soins à titre ambulatoire ou qu'il dispense des cures de désintoxication pour les toxicomanes et les alcooliques. Beaucoup gardent toujours à l'esprit cette conception aussi simpliste qu'erronée
Ils s'obstinent à penser que c'est un lieu d'exclusion et d‘internement. Pour les responsables de cet établissement, il s'agit d'un lieu de soins, comme n'importe quel établissement hospitalier dans lequel un sujet qui souffre est accueilli.
Pour combattre ces à priori, l'hôpital Arrazi a entrepris un certain nombre d'actions qui visent notamment à humaniser et à rendre plus agréables l'accueil et le séjour des malades.
En effet, c'est dans l'intention d'humaniser et d'assurer le confort et le bien-être des malades, qu'un service des urgences, un service de désintoxication et un centre médico-psychologique pour adolescents ont été ouverts.
Inauguré en 1999, le service des urgences est venue mettre fin à un "dysfonctionnement grave et chronique” qui nuisait en premier lieu au patient et perturbait la tranquillité de son séjour hospitalier.
Mais pour appréhender l'étendue de cette avancée, il faut savoir qu'avant, le service des urgences et celui des hospitalisations n'étaient pas séparés. De ce fait les patients dont l'état nécessitait une intervention en urgence et ceux qui sont en ambulatoire occupaient le même espace. Le placement de malades en furia et dans un état d'agitation extrême à côté de malades calmes portait préjudice à ces derniers et ne facilitait guère leurs prise en charge. L'ouverture d'un service des urgences à part entière constitue de ce fait "un réel progrès».
Autre exemple qui traduit la nouvelle politique de l'Hôpital, le Centre Nationale de prévention de la Toxicomanie. L'ouverture de ce centre a été prévue dans le plan d'action de lutte contre la drogue élaboré et adopté par la commission d'administration du CHU de Rabat-Salé. Il a n'a ouvert ses portes qu'en 2000.
Les principales missions qui lui ont été assignées consistent à dispenser des soins résidentiels et ambulatoires de désintoxications, offrir un programme de post-cure et de réhabilitation socioprofessionnelle et mettre en place un centre d'information et de documentation en toxicomanie.
Le Centre accueille des toxicomanes surtout aux opiacés, aux cocaïnes et aux psychotropes selon des critères basés essentiellement sur le degré de motivation. Une évaluation initiale vise à mesurer le degré de sévérité de l'abus de drogue ou l'existence d'une co-morbidité psychiatrique selon des normes internationales et grâce à des échelles standardisées. Le toxicomane est ensuite intégré soit dans un programme de désintoxication ambulatoire, soit résidentiel.
Le programme de désintoxication résidentiel dure entre 5 et 10 jours et exige un bilan toxicologique et biologique, un traitement médical de confort contre le sevrage en fonction du produit (drogue) en cause.
Le résidentiel est par la suite orienté après une deuxième évaluation vers un programme de post-cure où il bénéficie d'une thérapie occupationnelle (activité sportive, jardinage..)
Durant l'exercice 2001, on a décompté 73 hospitalisations et quelque 1270 journées d'hospitalisation. Le taux d'occupation moyenne de ne dépassait pas 35,6 %, ce qui veut dire que seul un lit sur trois était occupé. La durée moyenne de séjour était de l'ordre de 20 %, ce qui signifie qu'un malade reste en moyenne 20 jours.
Autre structure relevant de l'Hôpital Arrazi et qui contribue à diversifier ses prestations sanitaires : le Centre Médico-Psychologique de l'Agdal.
Ce centre a ouvert ses portes en 1992. Au départ il était destiné à prévenir et à soigner la dépendance toxicomaniaque chez les jeunes et son action entrait dans le cadre du programme national de lutte contre l'abus des drogues.
Deux ans plus tard, changement de Cap. La vocation du centre est appelée à changer et son champ d'action à s'élargir. Les responsables ont réalisé la diversité de la demande et la multiplicité des souffrances et des malaises psychologiques qui marquent la période de l'adolescence.
" C'est un centre dont la vocation principale est d'aider les adolescents en difficulté psychologique. L'objectif est de les accueillir ou d'accueillir les personnes qui ont un rapport avec eux et qui ont besoin de conseils ou d'orientation : parents, enseignants. C'est un centre de conseil, de consultation et d'animation et non d'hospitalisation”
Il faut dire que l'expérience de l'accueil des adolescents du CMPA est la première au Maroc. De l'avis des responsables, cette expérience est "avant-gardiste”.
La demande se fait de plus en plus importante. En fait, la demande se manifeste de plus en plus car cette demande était latente.
Elle ne pouvait pas s'exprimer dans les structures hospitalières ordinaires et inadéquates à l'écoute des adolescents en crise. De plus, les parents ont du mal à accepter que leur enfant soit en difficulté psychologique et réagissent souvent par le déni. Le trouble psychologique est souvent vécu honteusement dans la société. Mais les choses sont en train d'évoluer.
En dépit de la rareté des moyens, le centre a pu s'imposer en tant qu'établissement de soutien psychologique des adolescents et d'orientation et de conseil de leurs parents.
Durant l'année 2001, le nombre des consultations a dépassé 1440. De même le centre a accueilli dans 2001, 298 nouveaux consultants dont 139 de sexe féminin et 159 de sexe masculin. 64 d'entre eux ont moins de 15 ans, 109 ont de 16 à 20 ans, 65 ont de 21 à 25 ans, 13 ont 26 à 30 ans et 45 ont plus de 70 ans.
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L'hôpital Arrazi, 8806 consultations en urgences en 2003
Faisant partie des dix établissements hospitaliers du CHU de Rabat-Salé, l'hôpital Arrazi dessert une population estimée à près de 5 millions d'habitants. Les consultations réalisées au sein de ses différents services représentent 5 % du total des consultations du centre Hospitaliers Ibn Sina.
Durant l'exercice 2003, le pavillon des consultations d l'hôpital Arrazi a reçu 10 010 cas contre 9010 cas pendant l'exercice précédent. Soit une augmentation de 10 %. Pour les Urgences, 8806 cas ont été admis contre 8619 pendant 2002.
Soit une augmentation de 2,17%. Pour l'ensemble des personnes admises, 46 % des cas sont prises au niveau des urgences. Outre le fait qu'il assure le diagnostic et le traitement des malades mentaux, l'hôpital Arrazi joue un rôle primordial dans la formation médicale et dans la recherche en matière de psychiatrie, sans oublier une de ses principales missions et que peu de gens connaissent : la prévention et la lutte contre la toxicomanie.