Par le biais de petites annonces, des parents cherchent à partager la tâche de conduire les enfants à l'école : l'accompagnateur résout le problème du transport scolaire
Les familles confient de plus en plus leurs enfants à un accompagnateur pour le chemin de l'école. Celui-ci s'engage à prendre en charge les écoliers sous sa responsabilité jusqu'à leur arrivée à destination. Les parents innovent ! Confrontés à un problèm
LE MATIN
13 Novembre 2004
À 21:48
Pour des raisons de sécurité, des parents refusent de laisser leurs enfants aller seuls à l'école, même si ces derniers ont l'âge d'assumer cette responsabilité.
Durant les rentrées et les sorties, les élèves sont souvent accompagnés et surveillés de façon constante.
Lorsque les parents travaillent, le problème se pose sérieusement : déposer les enfants à l'école et les reprendre en milieu de journée ou en fin d'après midi constitue une problématique majeure pour les écoliers qui ne bénéficient pas de transport scolaire.
A Rabat, comme à Casablanca, une pratique de plus en plus courante fait que les familles s'organisent pour s'occuper à tour de rôle de la collecte. Cependant, il n'est pas toujours facile de trouver un accompagnateur à son enfant. Pour solutionner, du moins partiellement, le problème, les familles n'hésitent pas à se regrouper en assurant des rotations. Adnan Lahbabi cherche depuis quelques temps un accompagnateur pour ses enfants qu'il n'a toujours pas trouvé.
Il témoigne : «Mon épouse et moi-même travaillons dans le privé. Il faut déposer les enfants à l'école le matin à 7H30 pour revenir les chercher vers le coup de midi, les re-déposer à 1H30 et les reprendre à 17H00. C'est un vrai casse-tête».
M. Lahbabi ajoute : « On peut faire l'effort le matin en les déposant, à condition qu'une autre famille qui habite juste à côté le fasse l'après-midi. C'est à dire, on fait un regroupement de deux ou trois familles et une rotation. Bien sûr on ne doit pas le faire avec tout le monde. On le fait généralement avec des personnes dont les enfants sont dans le même établissement scolaire et en qui nous avons confiance».
Côté sécurité, le problème ne se pose même pas. M. Adnan explique : « On ne confie pas nos enfants à n'importe qui. On a toutes les garanties du fait que ce sont des gens que nous connaissons parce qu'ils habitent à côté ou parce qu'ils sont de la famille».
L'accompagnateur reste le premier interlocuteur des parents pour tout problème qui pourrait se poser. Il conduit les enfants jusque dans la cour de l'école. Au retour, l'enfant doit être accueilli à la maison par l'un de ses parents. En principe, la sécurité des enfants est assurée soit par les enseignants, soit par les intervenants extérieurs lorsqu'un groupe leur est confié. Toutefois et avant que les enfants ne soient pris en charge par les enseignants, ils restent sous la seule responsabilité des parents. En France par exemple, L'obligation de surveillance est exercée de manière vigilante pendant la totalité du temps scolaire, c'est-à-dire pendant toute la durée au cours de laquelle l'élève est confié à l'institution scolaire.
La surveillance est continue quelle que soit l'activité effectuée et le lieu où elle s'exerce. Ce service de surveillance s'exerce partout où les élèves ont accès, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur des locaux scolaires, dans les cours de récréation, les aires de jeux et autres lieux d'accueil. Leur sécurité est constamment assurée soit par les enseignants, soir par des intervenants extérieurs lorsqu'un groupe d'élèves leur est confié après que les maîtres aient pris toutes les mesures garantissant la sécurité de leurs élèves.
Les sorties individuelles d'élèves pendant le temps scolaire, pour recevoir en d'autres lieux des soins médicaux spécialisés ou des enseignements adaptés, ne peuvent être autorisées par le directeur d'école que sous réserve de la présence d'un accompagnateur, parent ou personne présentée par la famille, selon des dispositions préalablement établies. Dans tous les cas, l'élève est remis par l'enseignant à l'accompagnateur et au retour, ce dernier le raccompagne dans sa classe. Seuls les enfants de l'école maternelle sont remis directement aux parents ou aux personnes nommément désignées par eux et par écrit, et présentées au directeur ou à l'enseignant.
Une fraction importante d'enfants (maternelle et primaire) est emmenée à l'école en voiture particulière. Cette pratique occasionne des congestions chaotiques autour des écoles et génère des dangers majeurs pour les enfants. Farida .A., institutrice dans une école, pose un autre problème qui prend de l'ampleur. Il s'agit de certaines familles plus disponibles que d'autres pour déposer les enfants des voisins à l'école qui profitent de la situation pour demander d'être payées.
Dans les pays développés, l'accompagnateur bénévole bénéficie d'une assurance prise par l'école, couvrant sa responsabilité civile et professionnelle. Dans le cas d'accompagnateurs rémunérés, l'employeur prend les dispositions nécessaires pour couvrir leur responsabilité civile et professionnelle. Au Maroc, ce genre d'activité est encore dans un état embryonnaire. Sa réglementation n'est pas à l'ordre du jour. C'est encore une petite idée pratique que les parents ont trouvé pour régler un de leurs problèmes.